Les internes en oncologie sont fans d’applis médicales

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

6 août 2014

Paris, France – En France, près de 80% des internes cancérologues spécialisés en radiothérapie utilisent leur smartphone pour leur pratique clinique quotidienne et plus d’un tiers d’entre eux ont plus de 5 applications médicales téléchargées sur leur appareil, selon les résultats d’une enquête publiée dans l’ International Journal of Radiation Oncology Biology Physics [1].

« Les réseaux sociaux et les technologies mobiles transforment la façon d’apprendre et de pratiquer des jeunes médecins. L’impact réel de ces technologies devaient donc être évaluées », indiquent les auteurs, le Dr Jean-Emmanuel Bibault et coll.

Pour ce faire, un questionnaire réalisé par la Société Française des jeunes Radiothérapeutes Oncologues (SFjRO) et la Société Française des Radiothérapeutes Oncologues (SFRO) a été mise en ligne entre le 24 avril 2013 et le 1er juin 2013. L’ensemble des internes inscrits aux cours d’été en radio-oncologie ont été invités à y répondre. En tout, 131 internes sur 141 ont participé (93,6%). Parmi eux, 93% détenaient un smartphone et 32,8% possédaient une tablette.

Plus de 90% des internes ont au moins une application médicale téléchargée

Il en résulte que près de 80% des internes possédant un smartphone s’en servaient quotidiennement dans leur travail pour diverses tâches comme le dosage de médicaments, des renseignements sur les interactions médicamenteuses, le calcul des doses de radiations, des recherches bibliographiques, pour prendre des photos à visée diagnostic, pour le suivi des patients ou pour demander un deuxième avis.

En outre, plus d’un tiers (33,5%) avaient plus de 5 applications médicales installées sur leur appareil. Seuls 9% des internes qui possédaient un smartphone n’avaient pas installé d’application médicale.

Forte présence sur Facebook

Concernant les réseaux sociaux, 17% étaient inscrits sur un réseau social dédié aux médecins. Vingt pour cent d’entre eux pour y discuter de cas cliniques, pour obtenir un second avis ou pour trouver de l’aide.

Seulement 10% des internes avaient un compte Twitter, utilisé, pour la moitié d’entre eux pour se tenir informés des nouvelles études.

En revanche, 83% avaient un compte Facebook. Sur Facebook, 89 % utilisaient leur vrai nom contre 11% qui avaient opté pour l’anonymat.

Seuls 11% des abonnés avaient été contactés par l’un de leurs patients. Et, parmi eux, 64% n’avaient pas répondu ou ignoré le message, 14 n’avaient pas répondu et changé leur nom mais, 21% avaient répondu au message via Facebook.

Les auteurs rappellent qu’en décembre 2011, le Conseil National de l’Ordre des Médecins a édité des recommandations générales pour ébaucher la façon dont les médecins devraient utiliser internet et les réseaux sociaux [2]. Bien que ces recommandations encouragent les médecins à plus d’interactions en ligne, elles préconisent clairement de refuser toute demande d’un patient réalisée via un réseau social parce que « la relation virtuelle pourrait altérer la relation médecin-patient. »

Veiller à utiliser des applications certifiées

Fait plutôt alarmant, seulement 60,3% avaient vérifié la validité des applications qu’ils utilisaient.

« Se fier au smartphones pour faire des tâches simples comme un dosage de médicament ou un calcul de dose de radiation est facile et pratique, mais pose aussi le risque d’oublier comment faire ces calculs soi-même. Cela expose aussi au risque majeur d’utiliser des applications qui ne donnent pas les bons résultats ou qui ne fonctionnent pas comme attendu [3] », notent les auteurs.

L’enquête pointe donc du doigt les risques associés à l’utilisation des applications mobiles et soulève la question de la régulation de leur utilisation à l’hôpital.

« Des réglementations locales devraient décrire quelles applications peuvent être utilisées, dans quel contexte et pour quelles tâches […] Certains centres sont déjà allés plus loin et ont créé leurs propres applications, incluant des recommandations de pratique clinique et des calculateurs pour les internes [4] », indiquent le Dr Bibault et coll.

REFERENCES :

1.Bibault JE et coll. Clinical investigation. Mobile Technology and Social Media in the Clinical Practice of Young Radiation Oncologists: Results of a Comprehensive NationwideCross-sectional Study. Int J Radiation Oncol Biol Phys, Vol. -, No.-, pp. 1e7, 2014

2.Conseil National de l’ordre des Médecins. Livre blanc d’ontologie médicale sur le web. Conseil National de l’Ordre des Médecins 2011,Paris, France. Retrieved from: http://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/livre_blancdeontoweb2012.pdf.

3.Anon. Most smartphone apps for melanoma detection are inaccurate. Health Devices 2013;42:135.

4.Gustave Roussy. Manuel pratique d’oncologie et de soins de support de Gustave Roussy à l’usage des internes. Apple App Store. Version1.01. L’ile des Médias, 2013. Retrieved from: http://itunes.apple.com.

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