Physiopathologie du cancer de l’ovaire

18 juin 2014

Dans cet article

Physiopathologie

Plusieurs théories permettent d’expliquer la physiopathologie du cancer de l’ovaire, notamment celle partant du concept qu’il se développe aux dépens d’une dédifférenciation des cellules recouvrant les ovaires. Pendant l’ovulation, ces cellules peuvent être incorporées à l’intérieur des ovaires, où elles vont alors proliférer. Le cancer de l’ovaire se répand typiquement dans les espaces péritonéaux et les omentum.

Le carcinome de l’ovaire peut disséminer par voie locale, lymphatique, ou par implantation péritonéale, diffusion hématogène, et aussi traverser le diaphragme. La dissémination intra péritonéale est la plus commune et est reconnue comme caractéristique du cancer de l’ovaire. Les cellules malignes peuvent s’implanter n’importe où dans la cavité péritonéale, mais le plus souvent  dans des sites au contact de la circulation du liquide péritonéal. Ces mécanismes de diffusion représentent le rationnel justifiant la stadification, la chirurgie de réduction et l’administration de chimiothérapie intra péritonéale. En contradiction, la dissémination hématogène est cliniquement inhabituelle dans le processus pathologique précoce, bien qu’il ne soit pas rare dans les maladies avancées.

Cancer épithélial de l’ovaire

Les tumeurs épithéliales représentent l’histologie la plus fréquente (90%). Les autres histologies sont :

  • • Les tumeurs stromales du cordon

  • • Les tumeurs à cellules germinales

  • • Le carcinome primitif péritonéal

  • • Les métastases ovariennes

Le cancer épithélial de l’ovaire est connu pour provenir de l’épithélium recouvrant les ovaires, qui dérive de l’épithélium coelomique lors de l’embryogenèse. Cet épithélium coelomique est aussi responsable de la formation des canaux de Müller, d’où se développent les trompes de Fallope, l’utérus, le col et la partie supérieure du vagin.

Les 5 principaux sous-types, énumérés ci-dessous, similaires au carcinome, naissent de la paroi épithéliale du col utérin, de l’utérus et des trompes de Fallope :

  • • Sous-type séreux (des trompes de Fallope)

  • • Sous-type endométrioïde (endomètre)

  • • Sous-type à cellules claires (provenant du mésonéphros)

  • • Sous-type nommé tumeur de Brenner

De nombreuses variations sont observées au sein du modèle de dissémination et de la distribution de la maladie au travers des différents sous-types.

Les tumeurs épithéliales prennent la forme de lésions partiellement kystiques avec une composante solide. La surface peut être lisse et homogène, ou bien couverte de projections papillaires (voir image ci-dessous),  et le contenu kystique contient du liquide pouvant être brun opaque ou hémorragique.

Légende : Ovaire augmenté de volume, présentant un carcinome séreux papillaire à sa surface .

Le cancer épithélial de l’ovaire dissémine le plus souvent initialement à travers la cavité péritonéale (voir images ci-dessous). La maladie métastatique est souvent retrouvée à la surface du péritoine, particulièrement sur la surface inférieure du diaphragme, les gouttières para coliques, la vessie, et le cul-de-sac de Douglas. D’autres sites fréquents sont la paroi hépatique, le mésentère et la séreuse du côlon et de l’intestin grêle, dans l’omentum, l’utérus, et les ganglions para aortiques et pelviens.

Légende : Laparotomie réalisée chez une patiente pour subocclusion de l’intestin grêle. Une boucle de l’intestin grêle (en bas de l’image) est adhérente à un carcinome primitif épithélial peu différencié de l’ovaire (à gauche de l’image), qui a envahi la paroi du pelvis, le péritoine vésical, la séreuse utérine et la trompe de Fallope.

Légende : Métastases d’un carcinome épithélial de l’ovaire envahissant l’omentum.

À l’extérieur de la cavité péritonéale, le cancer épithélial de l’ovaire peut disséminer dans la cavité pleurale, les poumons, et les adénopathies inguinales. La présence d’un épanchement pleural n’indique pas forcément  une maladie envahissant le thorax, et le diagnostic de malignité ne peut être confirmé que par une cytologie. Les tumeurs mucineuses ont tendance à former de grosses masses, alors que les tumeurs papillaires séreuses ont une distribution plus diffuse et sont plus souvent bilatérales. Les sous-types endométrioïde et à cellules claires présentent le plus souvent une invasion locale, une maladie rétro péritonéale, et des métastases hépatiques.

Li et al. ont suggéré une origine tubaire pour les cancers séreux de l’ovaire, plutôt que provenant d’une métaplasie Müllérienne de la surface de l’épithélium ovarien.[1]

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....