Etudes en Roumanie : le retour des « exilés» du numerus clausus

Christine Murris

Auteurs et déclarations

8 mai 2014

Paris, France – L’université de Cluj en Roumanie a ouvert une filière de formation des médecins en langue française en 2000. Les jeunes Français y sont désormais très majoritaires. Les premières promotions reviennent aujourd’hui affronter l’examen classant national français (ECN), au terme de leur sixième année. Ils étaient une quinzaine en 2013 et seront bien plus nombreux cette année.

Un espace européen de la santé

La filière – voire le filon... – est de mieux en mieux connu : pour contourner le féroce numerus clausus français, qui programme l’échec de plus de 85% des étudiants en fin de première année d’études de médecine, il y a désormais ... l’Europe toute entière. C’est la loi : au terme de leurs études, les jeunes diplômés en Roumanie, en Hongrie ou encore en Belgique, pour citer les pays les plus fréquentés par les Français, peuvent exercer dans n’importe quel pays de l’Union des 28 grâce à la libre circulation des personnes et à l’équivalence des diplômes. Ils ne s’en privent pas ; un espace européen de la santé est en train de naître.

La Roumanie a bien fait les choses : en 2000, son université de Cluj, qui dispose d’une faculté de médecine depuis 1919, ouvrait une section francophone aux côtés de ses départements de langues roumaine et anglaise. Iasi, une autre ville de province, a fait de même et Bucarest s’apprête à poursuivre dans la même voie.

Les étudiants français représentent 80 à 90 % des nouvelles promotions

Au début des années 2000, l’université de Cluj accueillait essentiellement des étudiants roumains aux côtés d’apprentis médecins venus des différents pays du Maghreb. Les Français n’étaient alors qu’une dizaine sur une promotion d’une centaine d’étudiants ; ils représentent aujourd’hui 80 à 90% des nouvelles promotions.

Pourquoi cet engouement ? C’est tout simple, il s’agit d’échapper au numerus clausus français. Malgré la volonté récente de le « desserrer » quelque peu, le pourcentage de réussite ne varie guère, compte tenu de l’augmentation du nombre des candidats. En 2014, la deuxième année des études de médecine offrira en France quelque 7500 places et elles seront convoitées par plus de 55 000 candidats !

Mais les études poursuivies en Roumanie valent-elles celles que proposent les universités françaises à ceux qui ont réussi à passer entre les mailles serrées du concours de fin de première année ? Depuis quelques années, la discussion fait rage.

Des études d’aussi bonne qualité

Pour les premiers intéressés, la réponse ne fait aucun doute : « Les études suivies en Roumanie sont d’aussi bonne qualité que celles que proposent les universités en France », explique Dimitri Moulu, président de la Corporation Médecine de Cluj, une association qui représente les jeunes carabins français. « Les disciplines sont rigoureusement les mêmes, nous faisons des stages l’été dans toute l’Europe, le plus souvent dans nos pays d’origine, et nos professeurs sont très compétents. La seule différence que l’on peut noter, c’est que la Roumanie fait plus de place au compagnonnage. Nous sommes accueillis en milieu hospitalier dès les premières années ».

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