Diabète 2 : le dulaglutide supérieur à la sitagliptine dans AWARD-5

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

5 mai 2014

Atlanta, Etats-Unis -- Chez les patients diabétiques de type 2 non contrôlés par la metformine, les injections hebdomadaires de dulaglutide, un agoniste du récepteur du GLP-1 fabriqué par Eli Lilly, induisent un meilleur contrôle glycémique à un an que les comprimés oraux de l’inhibiteur de DPP-4 sitagliptine (Januvia®, Merck), selon un essai de phase 3 publié dans la revue Diabetes Care du 17 avril [1].

Il s’avère, en outre, que la tolérance à un an du nouvel agoniste du GLP-1 est acceptable, d’après les auteurs de l’étude, le Dr Guillermo E. Umpierrez (Emory University School of Medicine, Atlanta, Etats-Unis) et coll.

Des patients non contrôlés malgré la metformine

Dans l’essai AWARD-5, 1098 diabétiques de type 2 avec des taux d’hémoglobine glyquée HbA1C de 7% à 9,5%, non contrôlés par la metformine, ont d’abord participé à une période de pré-inclusion puis ils ont poursuivi leur traitement par metformine et ils ont reçu, en sus, soit 0,75 mg de dulaglutide (302 patients), soit 1,5 mg de dulaglutide (302 patients) soit 100 mg/j de sitagliptine (315 patients) soit un placebo (177 patients).

A l’entrée dans l’étude, les patients, 50 % d’hommes et 50% de femmes, avaient en moyenne 54 ans, une HbA1c de 8,1% et étaient diabétiques depuis 7 ans.

Le critère principal d’évaluation était le changement d’HbA1c à 52 semaines.

A un an, l’HbA1c a diminué de 1,1% avec 1,5 mg de dulaglutide, de 0,87% avec 0,75 mg de dulaglutide et de 0,39% avec la sitagliptine (p<0,001 pour les deux doses de GLP1 versus gliptine).

Globalement, 58% et 49% des patients qui recevaient respectivement des doses élevées et basse de dulaglutide ont atteint des objectifs de 7% d’HbA1C comparé à 33% dans le groupe des patients qui recevaient de la sitagliptine (p<0,001 pour les deux doses de dulaglutide versus sitagliptine).

En outre, les patients qui recevaient 1,5 mg de dulaglutide ont perdu 3 kilogrammes supplémentaires par rapport à ceux qui avaient reçu de la sitagliptine.

Des effets secondaires similaires aux autres agonistes du GLP-1

Les deux doses de dulaglutide ont été associées à une augmentation des effets gastro-intestinaux, principalement des nausées, des vomissements et des diarrhées. Mais, le profil de sécurité était considéré comme acceptable avec un faible risque d’hypoglycémies. Aucun signal concernant un sur-risque de pancréatites ou de cancer n’a été rapporté.

« Le dulaglutide a des effets secondaires similaires aux autres médicaments de sa classe : des nausées et des vomissements qui disparaissent habituellement en 4 à 6 semaines. Mais, contrairement à d’autres agonistes injectables du GLP-1, il est déjà en suspension et ne nécessite pas d’être reconstitué », a commenté le Dr Guillermo E. Umpierrez (Emory University School of Medicine, Atlanta, Etats-Unis), l’auteur principal de l’étude, pour Medscape.com.

« En raison des résultats de l’essai AWARD, le dulaglutide devrait être considéré comme un traitement de première ou de deuxième ligne dans la prise en charge du diabète de type 2 », ajoute-t-il.

Dans un commentaire pour Medscape.com, le Dr George Grunberger (Wayne State University School of Medicine, Detroit), vice-président de l’ American Association of Clinical Endocrinologists (AACE) note que l’amélioration de l’HbA1c et la perte de poids sont similaires à ce qui est observé avec les autres agonistes du GLP-1.

Il souligne qu’il est « séduisant » que les patients traités par dulaglutide améliorent leur glycémie à jeun en seulement deux semaines. « En fait, vous parlez de seulement 2 injections qui vont prédire ce qui va se passer avec l’HbA1c 26 semaines plus tard. Si, sur le long terme et chez un grand nombre de patients, le dulaglutide confirme son bénéfice, il pourrait venir juste après la metformine [pour les personnes qui ont une HbA1c d’environ 7,5%] et en parallèle de la metformine chez les patients qui ont une HbA1c de plus de 7,5%.

Cinq agonistes du GLP-1 aux schémas d’administrations différents

La molécule est en cours d’évaluation par la Food and Drug Administration (FDA) et l’Agence Européenne du Médicament (EMA ).

S’il obtenait une autorisation de mise sur le marché, le dulaglutide serait le cinquième agoniste de GLP-1 disponible en Europe après le lixisénatide (Lyxumia®, Sanofi) en une injection quotidienne, le liraglutide (Victoza®, Novo Nordisk) en une prise par jour, considéré comme le « gold standard », l'exenatide (Byetta®, Eli Lilly) désormais disponible en une injection hebdomadaire sous le nom de (Bydureon®, AstraZeneca) et l’albiglutide (Eperzan®/ Tanzeum®,GlaxoSmithKline ) qui a reçu un avis favorable en février.

Le Dr Umpierrez a reçu des bourses de recherche illimitées provenant de Sanofi et Merck et des bourses de l’American Diabetes Association, du Clinical Translational Science Award Program, du National Institutes of Health, et du National Center for Research Resources.

Le Dr Grunberger reçoit et a reçu des financements pour ses recherches d’ Amylin, Novo-Nordisk, et Eli Lilly et est au bureau des orateurs de Novo-Nordisk, Sanofi, Lilly, Bristol-Myers Squibb, Boehringer Ingelheim, Janssen, Merck, et Takeda.

 

REFERENCES :

1. Nauck M, Weinstock RS, Umpierrez GE, et al. Efficacy and safety of dulaglutide versus sitagliptin after 52 weeks in type 2 diabetes in a randomized controlled trial (AWARD-5). Diabetes Care. Published online April17, 2014. DOI: 10.2337/dc13-2761

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