Dépense de santé 2013 : Lucentis, Humira, Crestor en tête des remboursements

Jacques Cofard

2 mai 2014

Paris, France -- En 2013, les remboursements de médicaments en ville baissent pour la deuxième année consécutive, pour s’établir à 22,6 milliards d’euros contre 22,7 milliards en 2012, soit un léger tassement de 0,4% [1]. Les médicaments de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) continuent à constituer le gros des dépenses, Lucentis® en tête.

L’an dernier, la baisse avait été plus importante, de l’ordre de 0,8% [2]. A cette baisse toute relative, l’Assurance maladie apporte plusieurs explications. La Sécurité sociale met en avant des baisses tarifaires de médicaments significatives, qui ont réduit les dépenses de 3,8%, soit 853 millions. La substitution générique pour sa part a permis d’engendrer des économies de l’ordre de 2,2%, soit 1,6 milliard d’euros.

Mais ces économies sont contrebalancées par de nouvelles dépenses. Ainsi, les volumes de prescription sont en hausse de +1,2% en 2013, en raison, a priori, du « contexte épidémiologique défavorable de l’hiver 2013 (épidémie de grippe, de gastroentérite,…) ».

Autre nouvelle dépense : la tendance à prescrire des médicaments de plus en plus onéreux (effet structure) qui contribue à hauteur de 3,1% à l’accroissement des dépenses.

Enfin, l’augmentation du poids des médicaments pris en charge à 100% participe à hauteur de 1,2% à l’augmentation des dépenses.

Fortes dépenses pour les médicaments de spécialités

Les médicaments de spécialité (traitement du VIH, du cancer, de la sclérose en plaques, etc.) participent à la croissance des dépenses de l’ordre de 324 millions d’euros par rapport à 2012. Parmi ces médicaments, les produits de la DMLA « continuent à être l’une des principales classes de médicaments qui affichent une croissance importante de leurs dépenses (+12,9% soit 51 M€ de plus par rapport à 2012)». Le Lucentis®, au cœur d’une récente polémique, reste le médicament le plus remboursés en 2013 , tout comme en 2012 : il concentre 428,6 millions d’euros des sommes remboursées, soit une augmentation de +10,2% en un an. Eylea® (aflibercept), qui vient d’être autorisé dans l’indication DMLA, en vente depuis novembre 2013, a représenté 12 millions d’euros de remboursement en seulement deux mois.

Comme l’an dernier, le deuxième médicament le plus remboursé est l’adalimumab, Humira® (382,8 millions d’euros, en hausse de 10,6%), puis vient la rosuvastatine, Crestor® (342,8 millions d’euros, +1,4%), et le Doliprane® (315 millions d’euros, +14,1%). La croissance des volumes de vente du Doliprane® serait due au contexte épidémique hivernal de l’année 2013.

3 classes thérapeutiques en tête des dépenses

Par classe thérapeutique, les traitements du cancer sont ceux qui augmentent le plus en 2013, en hausse de 8,1%, soit 135 millions d’euros (due à l’arrivée de nouveaux médicaments), suivie par les médicaments antirhumatismaux (+11,2%) qui augmentent de 79 millions d’euros. En troisième position les médicaments antidiabétiques sont en hausse de 6%, soit 78 millions d’euros. Victoza® (liraglutide GLP1) et Lantus® (insuline glargine) enregistrent les plus fortes hausses.

Les remboursements des antiagrégants, antithrombotiques connaissent eux-aussi une progression (+8,7% soit 75 M€), tout comme les traitements de la sclérose en plaques (+19,4% soit 66 millions d’euros).

Baisse des dépenses d’IPP, antihypertenseurs, hypolipémiants

A contrario, les dépenses d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), sont en recul de 24,2% soit 176 millions d’euros par rapport à 2012, due à une baisse de prix et à la poursuite de la générication.

La deuxième plus forte baisse provient de la classe des traitements de l’hypertension artérielle, en baisse de 6,8%, soit 152 millions d’euros.

Les hypolipémiants sont également en baisse de 8,6% en 2013, due également aux baisses de prix et à l’augmentation des prescriptions génériques.

La France, toujours en tête des consommateurs en Europe

Quoi qu’il en soit, la consommation de médicaments en France reste la plus élevée en Europe, en termes de dépense par habitant, devant l’Italie, l’Espagne, la Finlande, l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

En termes de volume, la France arrive en 2ème position, derrière la Grande-Bretagne. Néanmoins, l’écart a tendance à se réduire avec les autres pays européens, sur les classes thérapeutiques les plus courantes : écart de 3% avec l’Espagne, de 9% avec l’Italie, de 11% avec l’Allemagne et de 13% avec les Pays-Bas.

En dépense, l’écart par rapport à 2009 se réduit de 24% avec l’Allemagne et de 20% avec le Royaume-Uni.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....