Sport de compétition : pour ou contre l’ECG systématique de dépistage ?

Adélaïde Robert-Géraudel

Auteurs et déclarations

24 avril 2014

Dans cet article

à bon nombre d’ECG anormaux notamment des faux positifs.

Cependant, le Pr Carré souligne que, d’après des données non publiées de Kervio et al., seuls 5% des ECG sont classés comme anormaux avec l’introduction des nouveaux critères de Seattle, contre 15% avec la classification ESC 2011. Et seuls 4% nécessiteraient des examens complémentaires.

Les ECG peuvent en outre donner lieu à une évaluation difficile du risque réel individuel, et l’impact psychologique du résultat est à considérer. A ce titre, le Pr Carré souligne « qu’en cas d’anomalie, il est important de réaliser très vite les examens complémentaires pour rassurer rapidement le sportif en cas de faux positif, et limiter l’impact psychologique ».

En cas d'anomalie, il est important de réaliser très vite les examens complémentaires pour rassurer rapidement le sportif en cas de faux positif, et limiter l'impact psychologique – Pr Carré

Enfin, le rapport coût/efficacité de l’ECG est également à évaluer.

Il existe en France 5 millions d’athlètes âgés de 12 à 35 ans pour lesquels un ECG est recommandé tous les trois ans. Cet examen, en principe non remboursé par la Sécurité sociale, représenterait une charge de 160 millions d’euros. Parmi ces ECG, 4-5% seraient anormaux et requerraient des examens complémentaires pris en charge cette fois par la Sécurité sociale pour un coût d’environ 3 millions d’euros.

La visite médicale sans ECG présente un rapport coût-efficacité par année de vie sauvée de 88 000 dollars, contre 44.000 dollars avec ECG. « Pour comparer, le défibrillateur cardiaque implantable c’est 50 à 70 000 dollars », indique le Pr Carré.

Ainsi pour lui, plusieurs possibilités : continuer les visites médicales sans ECG « mais en informant le public que l’on a 88% de chance de se tromper ». Supprimer la visite médicale et laisser mourir quelques athlètes pour dépister ensuite les membres de leur famille… Ou proposer une visite médicale avec ECG, éventuellement uniquement aux hommes, puisque très peu de femmes ont une mort subite en faisant du sport (une seule femme pour huit hommes).

Contre : « un ECG bien inutile compte tenu du risque réel » Pr P Mabo
Pour le Pr Mabo, l’important est de resituer le débat dans la vraie vie. « On est très sensibilisé à la question par les médias. Ce sont les médias qui font la loi. Le pouvoir de l’image [ex : le footballeur qui s’effondre en plein match en direct] est un vrai problème », estime-t-il.

Mais en réalité le poids des morts subites est peu marquant. « Bien sûr, si l’on est cardiologue, on s’intéresse à la mort subite, mais on se focalise sur un problème accessoire car le risque de décès par mort subite est infime. Et moins de 10% des morts subites surviennent chez les athlètes et les jeunes ! ».

Si l'on est cardiologue, on s'intéresse à la mort subite, mais on se focalise sur un problème accessoire car le risque de décès par mort subite est infime. Et moins de 10% des morts subites surviennent chez les athlètes et les jeunes ! – Pr Philippe Mabo (CHU de Rennes)

Quels sont les vrais risques à l’origine des décès chez les jeunes ? Les traumatismes d’abord, suivi des homicides, des suicides, des cancers, et loin derrière les morts subites, d’après une étude menée sur la population américaine âgée de moins de 21 ans.

Pr Philippe Mabo

Aux Etats-Unis, le risque annuel de décès d’origine cardiaque chez les moins de 19 ans est de 8/100 000 soit 3000 à 5000 morts subites, dont seules 150 sont liées à la pratique d’un sport.

Quels sont les vrais risques de décès pour les sportifs ? La noyade, d’abord, suivie de la chute (à ski ou à vélo). La moitié des décès auraient pour origine un accident et seulement un quart un problème cardiaque [2].

« Le risque de suicide est

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