Mairie de Paris : les propositions santé d’Anne Hidalgo et NKM

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

17 mars 2014

Paris, France -- A la veille des élections municipales, Medscape.fr s’est entretenu avec Rémi Féraud, co-directeur de campagne d’Anne Hidalgo (candidate PS) et avec Vincent Roger, porte-parole de Nathalie Kosiusko-Morizet (candidate UMP)qui ont détaillé les principales propositions de campagne en terme d’accès aux soins, d’installation des jeunes médecins et de délai d’attente dans les services d’urgences gérés par l’AP-HP.

Medscape.fr : Il va bientôt manquer 800 médecins généralistes à Paris. L’accès aux soins devient déjà problématique dans certains arrondissements parisiens. Quelles mesures pourraient être mises en place pour faciliter un recours des parisiens aux médecins libéraux ?

Anne Hidalgo

Rémi Féraud (A. Hidalgo) : Nous sommes très préoccupés par l’évolution de la démographie médicale et par le risque de désertification notamment dans les quartiers populaires de Paris. Ce risque concerne aussi bien les généralistes que certains spécialistes : pédiatres, gynécologues, dermatologues…
Notre volonté c’est de créer des maisons médicales en priorité dans les quartiers populaires (est parisien et 13ème arrondissement éventuellement). Nous n’avons pas fixé par avance de nombre de création afin de travailler en concertation avec l’Agence Régionale de Santé sur cette question. La ville devra mettre à disposition des locaux dédiés.
Nous fixerons comme condition d’installation des médecins libéraux un conventionnement en secteur 1 et une permanence des soins. Nous nous orientons plus actuellement vers un fonctionnement de ces centres pluridisciplinaires avec des professionnels de santé libéraux mais en cas de besoin, un recours au salariat pourrait être imaginé.

Nathalie Kosiusko-Morizet

Vincent Roger (N. Kosiusko-Morizet) : Aujourd’hui, on sait que 79 % des 830 médecins libéraux qui partent en retraite dans les 5 ans ne disposent pas d’un successeur.
Face à ce problème démographique, nous proposons de créer une cellule d’ingénierie au sein de la mairie de Paris qui aurait pour but d’encourager et d’accompagner les médecins qui souhaitent créer des projets autour de maisons de santé polyvalentes pluridisciplinaires en secteur 1 libéral à horaires d’ouverture élargis. Notre ambition est d’en créer une par arrondissement au cours de la mandature pour améliorer l’offre de soins dans Paris qui devient déjà un désert médical dans les 18, 19 et 20ème arrondissements. A terme, les 13ème et 15ème arrondissements pourraient être concernés. Ces maisons de santé pourraient permettre de désengorger les urgences en particulier en fin de journée.

Medscape.fr : Le prix du foncier parisien est un frein à l’installation des jeunes médecins. Imaginez- vous des mesures pour favoriser l’accueil de nouveaux praticiens ?

R.F. (A Hidalgo) : Face à l’enjeu de la désertification médicale, il est possible qu’outre les maisons médicales pluridisciplinaires, certains locaux qui appartiennent aux bailleurs de la Ville de Paris puissent être mis à la disposition de jeunes médecins qui souhaitent s’installer dans de quartiers en déficit médical.

V.R. (NKM): Pour faciliter l’installation des jeunes médecins, nous envisageons dans le cadre des programmes immobiliers avec des bailleurs sociaux de réserver à chaque grand programme immobilier, un local dédié aux professionnels de santé. Pour répondre à la question de la paupérisation d’une partie de la population parisienne, il faut bien entendu que ces médecins soient conventionnés en secteur 1.

Medscape.fr : Comment la Ville de Paris qui siège au collège des représentants des collectivités locales au sein du conseil de surveillance de l’AP-HP pourrait agir pour améliorer le temps d’attente dans les hôpitaux parisiens, une préoccupation de plus en plus prégnante des habitants ?

R.F. (A Hidalgo) : Les maisons médicales qui participeront à l’organisation de la permanence des soins permettront de faire diminuer le temps d’attente puisqu’un nombre important de patients se présentent aux urgences en l’absence de consultations possibles avec un médecin libéral.
Anne Hidalgo souhaite que la ville de Paris soutienne, y compris financièrement, l’AP-HP dans l’amélioration des urgences en investissant dans la rénovation des locaux. Mais la ville ne peut pas interférer avec le fonctionnement des hôpitaux.
La ville de Paris pourrait par exemple s’investir dans le projet du « Nouveau Lariboisière » dans lequel le service des urgences devrait être agrandi. Mieux l’attente sera organisée, moins elle sera longue, moins les risques de violence auprès des personnels de santé seront importants.

V.R. (NKM): Les urgences doivent être désengorgées en amont en améliorant l’offre de soins. Il conviendra aussi de faire un audit complet des capacités d’accueil des services d'urgences à Paris puisque la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu a impacté le fonctionnement des autres hôpitaux parisiens. La problématique de la capacité d’absorption des urgences se pose actuellement. Nathalie Kosiusko-Morizet s’est engagée à prendre elle-même la présidence du conseil de surveillance de l’AH-HP si elle est élue maire de Paris. Nous pensons que c’est au maire de Paris à s’impliquer dans la gestion de l’AP-HP et non à l’adjoint au maire à la santé.
Nous souhaitons changer le lien entre l’AP-HP et la marie de Paris en instaurant une approche plus pragmatique et moins politique.

Interview réalisé par le Dr Isabelle Catala.

 

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