Hépatite C : nouvelles recommandations américaines

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

3 mars 2014

Dans cet article

Paris, France -- Pour tenir compte de l’arrivée des nouveaux antiviraux à action directe qui devraient permettre de guérir la majorité des personnes infectées par le virus de l’hépatite C, l'American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD), l’Infectious Diseases Society of America (IDSA) et l’Internationale Antiviral Society-USA (IAS-USA) ont émis de nouvelles recommandations.

Ces recommandations, présentées lors d’une téléconférence début février et, développées par un panel de 27 spécialistes et un représentant d’association de patients sont d’ores et déjà disponibles sur un nouveau site internet dédié : www.HCVguidelines.org, et seront régulièrement mises à jour [1,2,3].

Contrairement aux recommandations européennes de l’European Association for the Study of Liver (EASL), actualisées fin décembre, dans les nouvelles recommandations américaines, et dans  presque tous les cas de figure, le groupe de travail ne propose pas le traitement de référence qui consiste à associer interféron pégylé et ribavirine seule pendant 48 semaines pour les génotypes 1 ou 4 ou pour 24 semaines pour les génotypes 2 et 3, pour obtenir une réponse virologique soutenue.
Il ne recommande pas non plus les schémas thérapeutiques contenant des antiprotéases de première génération comme le bocéprévir (Victrelis®) ou télaprévir (Incivo®) qui améliorent les taux de guérison par rapport à l'association interféron / ribavirine seule, mais qui présentent des effets secondaires additionnels et qui peuvent être sources d'interactions médicamenteuses.
En revanche, il fait la part belle aux nouveaux antiviraux à action directe, plus efficaces et mieux tolérés (voir encadré en fin de texte).
« La mise à disposition de recommandations fréquemment actualisées rendra un grand service aux praticiens et aux patients, qui vont bénéficier de traitements modernes capables de guérir de l’hépatite C dans 95% des cas », a souligné le co-Président IAS-USA du panel, le Pr Michael Saag (Université de l’Alabama, Birmingham, Etats-Unis), lors de la téléconférence.

L'arrivée des nouveaux antiviraux d'action directe

En fin d’année, l’Agence Européenne du Médicament (EMA) et la Food and Drug Administration (FDA) ont accordé une autorisation de mise sur le marché au sofosbuvir (Sovaldi®, Gilead) dans le traitement de l’hépatite C chronique. En France, il est utilisé dans le cadre d’une ATU de cohorte pour les patients ayant une maladie sévère. Le simeprevir (Olysio®, Janssen), autorisé aux Etats-Unis, est en attente d’une autorisation de mise sur le marché en Europe. En France, il est aussi autorisé dans le cadre d’une ATU mais limitée aux seuls patients en liste d’attente pour une greffe de foie et à ceux qui présentaient une réinfection après une greffe hépatique. Plus d’une quinzaine de molécules arrivent à la phase finale de leur développement.


Des recommandations parfois « hors AMM »

Les membres du groupe de travail précisent que certaines recommandations sont « hors AMM ».

« Il est important de garder à l’esprit que la FDA ne donne son feu vert que pour les médicaments qui ont subi des évaluations rigoureuses. Nous ne pouvons pas lancer des essais de phase 3 pour toutes les associations possibles de médicaments et dans toutes les populations de patients. Le site permet aux experts de prendre connaissance des nouvelles données et de les utiliser lorsqu’elles ont un bon niveau de preuves, ce qui peut ne pas figurer dans ce qui est approuvé par la FDA », a expliqué le PrSaag.

Qui devrait débuter le traitement et quand ? La question reste en suspens

Le site www.HCVguidelines.org et donc, les nouvelles recommandations, n’abordent pas l'une des questions les plus épineuses de la prise en charge de l'hépatite C : qui devrait commencer le traitement, et quand ? « C’est la prochaine question qui va nous intéresser », explique le Pr Thomas.

Compte tenu du profil de sécurité et d’efficacité de l’interféron, traditionnellement, il n’est recommandé que pour les personnes atteintes de l'hépatite C qui ont une maladie hépatique évolutive.

Avec l'avènement des antiviraux à action directe plus efficaces et mieux tolérés, de nombreux experts estiment que plus de patients pourraient bénéficier d’un traitement. Mais, « étant donné les progrès rapides dans le domaine, il est souvent difficile de savoir s’il faut débuter un traitement avec les médicaments disponibles ou d'attendre dans l’espoir d’offrir une meilleure option », notent les experts.

Au cours des dernières années, beaucoup ont attendu le traitement sans interféron. Il est désormais disponibles pour les personnes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas utiliser l'interféron, mais de nouvelles options, potentiellement meilleures, sont à l'étude comme la co-formulation sofosbuvir / ledipasvir (Gilead Sciences), ou le daclatasvir de Bristol-Myers Squibb (un candidat pour association avec le sofosbuvir), et l’association 3 D d’AbbVie.

Les recommandations ne sont pas conçues pour s'intéresser à la question du coût, et nous ne l'avons pas pleinement prise en compte a déclaré le Pr Donald Jensen (Dunkerque).

L’épineuse question du coût

Autre question non abordée, celle du coût. « Les recommandations ne sont pas conçues pour s’intéresser à la question du coût, et nous ne l’avons pas pleinement prise en compte  », a déclaré le Pr Donald Jensen (Université de Chicago, Etats-Unis).

Pourtant, dans les pays développés, le prix de vente d’un traitement complet par le sofosbuvir

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....