Tout savoir sur la gastroentérite - Partie 2

17 juillet 2012

Dans cet article

Suivi

Suite des soins à l'hôpital

  • Continuer la rééquilibration hydro-électrolytique en cas de réponse insuffisante

  • Traitement de la septicémie chez un patient en phase toxique

  • Rechercher une autre étiologie si le diagnostic n'est pas sûr


Suite des soins en externe
  • Réhydratation orale avec des solutions équilibrées en sodium et glucose

  • Assurer une réalimentation orale précoce et équilibrée

  • Assurer une prévention et un contrôle de l'infection en identifiant une source commune de contamination et les contacts proches ayant pu être exposés

  • Prescrire antibiotiques, ralentisseurs et antiémétiques uniquement si indiqués et de façon dirigée

  • Se laver les fesses après chaque selle diarrhéique pour éviter les effets des enzymes des selles sur la peau

  • Donner des instructions au patient en cas de récidive de selles sanglantes, d'aggravation des douleurs abdominales, de vomissements importants et le prévenir du risque de déshydratation

  • Donner au patient l'instruction de reconsulter en cas de diarrhée persistant plus de10 jours


Médicaments pour les patients hospitalisés et en externe
  • Antibiotiques

  • Antiémétiques

  • Ralentisseurs du transit


Transférer
  • Transférer un patient instable n'est pas opportun selon la loi EMTALA  (« Emergency Medical Treatment and Active Labor Act ») à moins que les bénéfices ne dépassent nettement les risques.

  • Le transfert n'est ni nécessaire ni recommandé à moins que le patient ne nécessite une hospitalisation et ne présente des complications qui seraient mieux prises en charge ailleurs.


Réduction des risques/Prévention
  • Concernant l'allaitement maternel, les éléments suivants doivent être pris en compte :

    • Réduction de l'incidence du rotavirus sans que ce diagnostic ne puisse être écarté

    • Lait maternisé supplémenté en bactéries non pathogènes tel que Bifidobacterium bifidum

  • Prendre des précautions pour éviter la contamination des membres de la famille, surtout par le lavage des mains avant de manger et après chaque selle ou changement de couche.

  • Éviter les fruits de mer servis dans un environnement non contrôlé, dans les zones de marées rouges ou dans les zones ayant subi récemment un tremblement de terre, avec risques de vibrions et de virus Norwalk. Les personnes ayant un antécédent de maladie hépatique quelconque ne devraient pas consommer de fruits de mer.

  • Laver tous les produits avant consommation et particulièrement les produits importés.

  • Éviter les contaminations inter-aliments au cours de la préparation (par ex. planche à découper).

  • Éviter les oeufs et les poulets crus ou mal cuits.

  • Près de 40 % des voyageurs dans les zones à haut risque (Asie du Sud et Sud-Est, Afrique et Amérique latine) contractent une diarrhée. Les précautions alimentaires, outre celles déjà mentionnées, qui réduiront le risque, sont les suivantes :

    • Manger des aliments chauds, cuits et boire des boissons chaudes, bouillies (ex. café, thé).

    • Consommer des aliments acides, comme le citron.

    • Consommer des aliments secs comme du pain et des noix.

    • Boire des eaux bicarbonatées.

    • Éviter l'eau, les glaces, les fruits crus sans peau ou écorce, les légumes crus, le lait non pasteurisé et les produits laitiers, et les aliments achetés dans la rue.

    • Éviter les aliments frais servis à température ambiante, les légumes verts et les fruits dont la peau est abîmée ;

    • Prendre ces précautions également dans l'avion qui quitte ces zones à haut risque.

    • Les voyageurs nécessitant une prophylaxie peuvent prendre 2 comprimés de Pepto-Bismol® (non commercialisé en France) à chaque repas et au coucher, sans dépasser la dose de 8 comprimés par jour.

    • Bien qu'un traitement antibiotique prophylactique ne soit habituellement pas recommandé chez les voyageurs jeunes et en bonne santé, lorsqu'un traitement prophylactique est recommandé une dose unique de TMP/SMZ ou une fluoroquinolone peut être administrée.

    • Dans certaines conditions, un traitement antibiotique prophylactique est recommandé : patients atteints de SIDA, de maladie inflammatoire de l'intestin ou de cancer, en cas de traitement par l'insuline, ou d'achlorhydrie et les patients recevant un traitement par oméprazole ou un traitement prolongé par antihistaminiques H2. Un traitement par anti H2 sporadique ou intermittent n'est pas une indication à un traitement prophylactique.

    • Éviter de boire de l'eau de sources inconnues, tels que lacs et rivières.

  • Norovirus

    • Il n'y a pas beaucoup de façons d'éliminer radicalement le norovirus. Les solutions alcooliques pour le lavage des mains utilisées dans les bateaux de croisière et recommandés en pratique hospitalière, nécessitant un minimum de 15-30 secondes de temps de contact pour être efficace, ne devraient pas être considérées comme un substitut au lavage de mains agressif et séchage mécanique. De plus, désinfecter le bout des doigts et sous les ongles avec un gel alcoolique est difficile ; ceci peut aussi expliquer leur relative inefficacité par rapport au lavage de mains à l'eau et au savon. Le norovirus est un virus non encapsulé ce qui rend les produits alcooliques moins efficaces et nécessite des concentrations d'alcool supérieures. La plupart des produits commercialisés contiennent 62-70 % d'alcool avec des résultats variables, en moyenne une réduction entre 2 et 4 log. Les méthodes d'évaluation et les produits sont différents selon les études.

    • Les gels à base d'alcool sont relativement inefficaces dans la désinfection et/ou l'élimination de norovirus des mains. L'augmentation récente des infections à norovirus en soins aigus hospitaliers est peut être liée à la disponibilité croissante des solutions alcooliques qui induit une réduction de la fréquence du lavage des mains avec de l'eau et du savon et le séchage avec une serviette en papier.

    • Lors d'une épidémie à bord d'un bateau de croisière la plupart des surfaces pouvant être désinfectées sans danger sont traitées avec de l'eau de Javel à une concentration de 1000 ppm, fraîchement reconstituée (de plus fortes concentrations ne sont pas fraîchement reconstituées et peuvent avoir une efficacité différente). Un temps de contact d'une minute est nécessaire et une réduction supérieure à 4 log est attendue. Cependant, cette concentration n'est pas approuvée pour les surfaces destinées aux aliments et ne peut pas être utilisée sur des surfaces en tissu ainsi que sur beaucoup d'autres surfaces.

    • Un nettoyage à une température supérieure à 70 ° est recommandé pour les tapis et certains tissus d'ameublement.

    • Le chlorure de benzéthonium est un ammonium quaternaire de synthèse, détergent, antiseptique et anti-infectieux utilisé comme agent antimicrobien topique et dans des lingettes imbibées. Alors que plusieurs de ces composés ont une activité limitée sur les virus non encapsulés, de nouveaux produits semblent plus efficaces. Cependant, les études recommandent un temps de contact supérieur à 10 minutes.

    • Le peroxyde d'hydrogène accéléré et stabilisé est un autre produit désinfectant virucide. Il nécessite un temps de contact de 5 minutes. Il peut être cher et des lingettes ne sont pas actuellement disponibles.

    • Les produits à base de phénol ont été utilisés avec un certain succès dans le passé mais les risques de toxicité et d'irritation muqueuse lorsque qu'ils sont dispersés, ont conduit de nombreuses lignes de croisière à ne plus les utiliser pour limiter le risque de norovirus.

    • L'huile de thym qui a des propriétés bactéricide et virucide est une alternative pour le lavage des mains.

    • De nombreux produits nouveaux sont disponibles et des évaluations objectives par des tiers sont essentielles dans les processus de décision.


Complications


  • Déshydratation

  • Malabsorption

  • Intolérance transitoire au lactose

  • Diarrhée chronique

  • Infections systémiques (méningite, arthrite, pneumonie) particulièrement dans les infections à salmonelles.

  • Septicémie (Salmonella, Yersinia, Campylobacter)

  • Syndrome hémolytique-urémique (plus fréquent chez les enfants, particulièrement avec E coli O157:H7)

  • Mégacôlon toxique

  • Arthrites réactionnelles (Salmonella, Shigella, Yersinia, Campylobacter, Giardia)

  • Diarrhée persistante

  • Purpura thrombotique thrombocytopénique ou PTT (E coli O157:H7)

  • Syndrome de Guillain-Barré (Campylobacter)


Pronostic


La plupart des gastroentérites guérissent spontanément et sont d'excellent pronostic.



Éducation du patient


Les patients doivent être éduqués sur l'importance de la réhydratation orale et d'une alimentation précoce appropriée.



Tous les patients, et plus particulièrement les parents des nourrissons et des jeunes enfants, doivent être très bien informés sur les signes et symptômes de déshydratation.



Les patients ayant une toxi-infection alimentaire doivent être éduqués sur les procédures de réduction des risques.



Les patients immunodéprimés et ceux ayant une maladie de foie doivent être prévenus du risque de consommer des fruits de mer crus et particulièrement des huîtres.



Les voyageurs vers les pays en voie de développement doivent être informés des mesures d'évitement à adopter, du traitement approprié et des maladies endémiques en cours.


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