Nouvelle classe de somnifère : refus de la FDA

4 juillet 2013

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Silver Spring, Etats-Unis/22 mai 2013—Un comité d'experts indépendants recommande à la Food and Drug Administration (FDA) d'autoriser la mise sur le marché du Suvorexant®, le premier représentant d'une nouvelle classe de somnifères : les antagonistes des récepteurs aux orexines [ 1 ].

La FDA n'est pas tenue de suivre les recommandations de ces groupes consultatifs mais elle les entérine le plus souvent.

Les membres du comité jugent le médicament sûr et efficace, même si un certain nombre s'inquiète des effets secondaires, notamment de la somnolence diurne aux doses élevées et de la survenue de quelques cas d'idées suicidaires.

Une grande partie des membres du comité a rappelé que les traitements actuels de l'insomnie ne sont pas efficaces chez tous les patients. Nombre de benzodiazépines à courte durée d'action et d'autres hypnotiques comme le zaleplon (non commercialisé en France), le zolpidem (Stilnox® et générique) et la zopiclone (Imovane® et génériques) ne maintiennent pas le sommeil dans la durée et certains des médicaments anciens ne sont pas exempts de risques, de chute notamment.

« De nouvelles options sont nécessaires pour traiter l'insomnie », a indiqué le Dr Justin A. Zivin (Université de Californie, San Diego, Etats-Unis).

Un nouveau mécanisme d'action

Le Suvorexant® fonctionne différemment des somnifères aujourd'hui disponibles. Alors que ces derniers induisent le sommeil, le nouvel agent inhibe les orexines, des neuromédiateurs présents dans le cerveau qui aident à rester éveiller. L'antagoniste sélectif des récepteurs OX1R et OX2R, bloque la liaison des orexines A et B à ces récepteurs. Sa demi-vie est de 12 heures, plus longue que celle des autres somnifères.

La grande majorité des votes en faveur des doses d'initiation de 15 et 20 mg

A 12 voix contre 4 (1 abstention), le comité a décidé que les doses de 20 à 40 mg de Suvorexant® pour les personnes jeunes et de 15 et 30 mg pour les personnes âgées sont efficaces pour initier le sommeil, et à 16 voix contre 0 (1 abstention), ils ont estimé que ces doses sont efficaces pour le maintien du sommeil.

A 13 voix contre 3 (1 abstention), le comité a estimé que les doses d'initiation de 15 mg et 20 mg sont bien tolérées. En revanche, ils ont été 7 contre 8 (2 abstentions) à ne pas considérer les plus forte doses (30 et 40 mg) comme suffisamment sures principalement en raison de la somnolence diurne associée.

Les données présentées

L'avis des experts repose sur un essai de phase 2B réalisé en double aveugle pour évaluer les doses de 10, 20, 40 et 80 mg ou d'un placebo chez des patients jeunes (moins de 65 ans), dont 243 ont reçu le Suvorexant®. Mais aussi, sur 3 essais de phase 3 (un de sécurité au long cours et 2 d'efficacité) qui ont inclus 1784 patients recevant du Suvorexant® aux doses de 15 mg et 30 mg chez les patients de plus de 65 ans et de 20 et 40 mg chez les plus jeunes.

L'ensemble de ces études a montré que le Suvorexant® aide les personnes atteintes d'insomnie à s'endormir plus rapidement et à moins se réveiller pendant leur sommeil.

En outre, des données ont montré que la satisfaction des patients était deux fois supérieure chez les patients traités par rapport à ceux qui recevaient un placebo.

Concernant la sécurité, le Dr W illiam . Joseph Herring, directeur général de la recherche clinique chez Merck, a précisé  que les effets secondaires étaient peu fréquents et similaires entre le médicament et le placebo et qu'il n'y avait pas de différences en fonction de l'âge ou du sexe.

Le problème de la somnolence diurne

Cependant, des membres du comité ont exprimé des inquiétudes quant aux possibles effets secondaires du Suvorexant®, notamment au sujet de la somnolence diurne, en particulier au volant.

Selon le Dr Russell G. Katz (Directeur du département des produits en neurologie, Centre de recherche et d'évaluation des médicaments de la FDA), la somnolence diurne est corrélée à la dose, augmente avec le temps et touche principalement les sujets jeunes.

Une étude chez les sujets jeunes a montré que les doses de 20 mg et de 40 mg étaient associées à une conduite automobile altérée (sortie de voie). L'effet persistait après huit jours de posologie à 40 mg/j. Cinq participants ont dû arrêter le test en raison d'une somnolence excessive.

Quelques cas d'idées suicidaires

Autre sujet de préoccupation : parmi les patients qui recevaient un placebo, 0,1% avaient des idées suicidaires comparés à

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