Saxagliptine : données cardiovasculaires globalement rassurantes dans SAVOR

3 septembre 2013

Dans cet article

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qui est tout à fait inattendu et qui est tout à fait clair. Ce point fait l'objet d'analyses complémentaires », a commenté le Pr Steg.

Les résultats préliminaires des analyses complémentaires suggèrent que le risque est plus important chez les patients qui ont un risque plus élevé d'insuffisance cardiaque à l'entrée dans l'étude et/ou chez les patients qui ont des taux de BNP élevés.

Le Pr Bhatt précise que chez ces patients, il n'y avait pas de signal d'excès de mortalité toutes causes, de mortalité cardiovasculaire ou des critères de jugement primaire et secondaires.

A noter : l'essai de plus petite taille EXAMINE, qui a enrôlé 5300 patients à haut risque cardiovasculaire, n'a pas retrouvé d'augmentation des hospitalisations pour insuffisance cardiaque avec l'alogliptine (critère non spécifié au départ, à l'inverse de SAVOR-TIMI).

Pas d'excès de pancréatites ou de cancers du pancréas

Les taux de cancers du pancréas, de pancréatites aiguës ou chroniques étaient similaires dans les deux groupes. Pour les pancréatites aiguës, ils étaient de 0,3% dans le groupe saxagliptine et de 0,2% dans le groupe placebo. Pour la pancréatite chronique : <0,1% et de 0,1%, respectivement, dans les deux groupes.

« C'est une nouvelle rassurante avec la limite que l'étude n'a que deux ans de suivi », a commenté le Pr Steg.

Ces données infirment celles de l'étude publiée dans Diabetes cette année associant les incrétines à un risque accru de pancréatites et de métaplasie des cellules ductales [ 4 ].

Rappelons que dans un communiqué datant d'août dernier, l'EMA n'a pas non plus retrouvé d'excès d'événements pancréatiques avec les incrétines.

Gliptines : un intérêt dans la vraie vie ?

Est-ce que l'absence de bénéfice ischémique, voire le signal d'insuffisance cardiaque, doivent nous conduire à ne pas utiliser les gliptines ou la saxagliptine ?

« Certainement pas car nous avons besoin d'antidiabétiques oraux au-delà de ceux qui existent déjà. Les diabétiques ont souvent besoin de polythérapies pour contrôler leur diabète. Mais, il faut passer à cette moulinette des grands essais de sécurité tous les antidiabétiques. Je ne suis pas sûr que si on passait les sulfonylurées à cette moulinette, nous n'aurions pas des surprises...», répond Gabriel Steg. 

Pour le Pr Bhatt : « Cette question est légitime du point de vue cardiovasculaire mais, auparavant, la littérature a montré que la diminution de l'HbA1c apporte un bénéfice microvasculaire important. Si l'HbA1c peut être réduite sans risque, nous devrions voir des bénéfices sur des critères durs comme la cécité, l'insuffisance rénale ou l'amputation. Aucune des deux études n'avait la puissance pour analyser ces critères mais dans SAVOR, la microalbuminurie a été améliorée.»

L'étude a été financée par AstraZeneca et Bristol-Myers Squibb.

Le Pr Bhatt a reçu des bourses d' Amarin, AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb, Eisai, Ethicon, Medtronic, Sanofi Aventis, The Medicines Company. Recherches non rémunérées pour FlowCo, PLx Pharma, Takeda.

Le Pr Steg déclare avoir reçu des bourses de recherche de l'Université de Medecine de New-York, de Sanofi et Servier, des honoraires de consultant de Amarin, Astellas, AstraZeneca, Bayer, Boehringer-Ingelheim, Bristol-Myers Squibb, Daiichi/sankyo, GlaxoSmithKline, Lilly, Medtronic, Merck-Sharpe-Dohme, Novartis, Otsuka, Pfizer, Roche, Sanofi, Servier, The Medicines Company, et Vivus.

Les déclarations d'intérêts des auteurs sont listées sur le site du NEJM.

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