L'ipilimumab est autorisé en première ligne dans le mélanome

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

19 novembre 2013

Paris, France — La Commission Européenne autorise l'anticorps monoclonal ipilimumab (Yervoy®, Bristol-Myers Squibb) en première ligne du traitement du mélanome à un stade avancé (non opérable ou métastatique) [1][,2].

La décision, très attendue, intervient deux ans après son autorisation chez les patients ayant déjà reçu un traitement.

La posologie est la même qu'en deuxième ligne : 4 doses de 3 mg/kg administrées en intraveineuse pendant 90 minutes toutes les trois semaines.

Mécanisme d'action

En cas de mélanome, le récepteur lymphocytaire CTLA-4 est inhibé par les cellules cancéreuses, ce qui empêche les lymphocytes T de détruire les cellules tumorales au niveau ganglionnaire. L'ipilimumab fonctionne en débloquant ce mécanisme inhibiteur.


Certains patients survivent jusqu'à 10 ans


L'extension d'indication s'appuie sur les données des essais de phase 2 et 3 et sur deux études observationnelles.

Grâce à l'ipilimumab, certains patients atteints de mélanome avancé et dont le pronostic global était considéré jusque-là comme catastrophique (6 à 10 mois selon l'intensité de la maladie) sont encore en vie dix ans plus tard, d'après une analyse poolée de 4846 patients récemment présentée au congrès de l'European Cancer Congress (ESMO-ECCO-ESTRO) [3].

« Nos travaux ont montré qu'il y a un plateau de survie qui débute la troisième année et qui s'étend jusqu'à environ la dixième année » a déclaré le Dr Stephen Hodi (Dana-Farber Cancer Institute, Boston, Etats-Unis), lors de la présentation des résultats.

Cependant, le taux de réponse est faible, entre 10% et 15% et l'ipilimumab a été associé à des réactions immmunitaires sévères voire fatales, comme des entérocolites, des hépatites, des dermatites (nécrolyses épidermiques toxiques) et des endocrinopathies.

En pratique, le traitement doit être initié et surveillé par des médecins expérimentés dans le traitement du cancer et l'apparition des effets secondaires immuns doit être prise en charge rapidement par ces spécialistes.

Le Dr Hodi a travaillé comme consultant bénévole pour Bristol-Myers Squibb, compagnie qui a financé l'étude présentée à l'ESMO-ECCO-ESTRO. Deux des co-auteurs sont employés de Bristol-Myers Squibb.

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