Cancer du sein : l'Ac conjugué T-DM1 reste actif à des stades très avancés

Dr Catherine Desmoulins

Auteurs et déclarations

19 novembre 2013

Amsterdam, Pays-Bas - Les premiers résultats de l'étude de phase III, TH3RESA avec l'anticorps conjugué T-DM1 Kadcyla®, (Roche/Genentech) sont porteurs d'espoirs pour les femmes souffrant d'un cancer du sein HER-2 métastasé et lourdement prétraité [1]. Car le traitement T-DM1 combinant l'anticorps trastuzumab à l'emtansine double pratiquement la survie sans progression comparativement à un traitement de référence laissé au libre choix du médecin.

Il faudra néanmoins attendre encore un peu pour savoir si T-DM1 améliore également la survie globale (probablement en 2015).

« Avec ses résultats, on voit que cet anticorps conjugué augmente la survie sans progression même sur des cancers métastatiques ayant échappés à plusieurs régimes de traitement » a commenté le Dr Hans Wildiers (Hôpital de Louvain, Belgique) pour Medscape France, à l'issue de sa présentation à l'European Cancer Congress 2013.

Efficacité de l'anticorps conjugué déjà démontrée en seconde ligne


T- DM1 avait déjà fait la preuve de son efficacité en seconde ligne dans l'étude EMILIA, chez des femmes atteintes de cancer du sein HER2 + , prétraitées par trastuzumab (Herceptin®) et taxanes. Dans cet essai, les femmes étaient randomisées pour recevoir T-DM1 ou la combinaison lapatinib + capécitabine. L'étude a montré une amélioration de la survie sans progression et de la survie globale, ce qui a conduit à l'arrêt prématuré de l'essai et à l'indication de T-DM1 à toutes les femmes en seconde ligne.

Les résultats de l'essai de phase II EMILIA ont conduit à l'autorisation de mise sur le marché du T-DM1 et l'Agence européenne du médicament (EMA) devrait bientôt se prononcer pour la mise sur le marché de cet anticorps conjugué.

Survie sans progression presque doublée


Les premiers résultats de TH3ERESA portent sur 602 femmes en 3ème et 4ème ligne de traitement d'un cancer du sein HER2+, toutes ayant déjà été traitées par les deux anti-HER-2 : trastuzumab (Herceptin®, Genentech) et lapatinib (Tykerb®, SmithKline Beecham). La majorité des femmes (75%) étaient porteuses de métastases d'organes, en plus des métastases osseuses et cutanées et avaient déjà reçu 4 régimes de chimiothérapie.

Le traitement par T-DM1 consiste en une injection de 3,6 mg/kg toutes les 3 semaines.

La médiane de survie sans progression était de 3,3 mois dans le groupe comparateur (le plus souvent chimiothérapie + trastuzumab) et de 6,2 mois sous T-DM1.

« La survie est significative statistiquement et cliniquement » a commenté le Dr Wildiers, principal investigateur. « Avec TH3RESA, nous avons la preuve que le T-DM1 est actif à tous les stades du cancer du sein puisque dans l'essai pivot EMILIA, l'anticorps était donné en seconde ligne, après un premier régime associant un taxane et le trastuzumab. Le T-DM1 pourrait donc être indiqué en seconde, troisième ou quatrième ligne du cancer du sein HER2+. »

Moindre toxicité


La bonne surprise est que ce traitement a moins d'effets secondaires que les chimiothérapies conventionnelles puisque l'emtansine est acheminé grâce à l'anticorps trastuzumab sur le site de la tumeur. Le gain de tolérance comparativement à une chimiothérapie systémique, manifesté dans l'étude EMILIA, se confirme dans THERESA. On dénombre 32% d'effets indésirables sévères sous T-DM1 contre 44% dans le groupe contrôle. Il y a notamment moins de diarrhée et de neutropénie mais un peu plus de thrombocytopénies (4,4% vs 1,8%) et d'hémorragies (2,2% vs 0,5%).

Le Dr Wildiers a déclaré être dans le comité de pilotage de Roche et plusieurs coauteurs sont des employés de Genenth.

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