RGO réfractaire : les résultats encourageants d'un pacemaker

Aude Lecrubier, Jim Kling

Auteurs et déclarations

18 novembre 2013

San Diego, Etats-Unis- Il est maintenant bien établi que jusqu'à 40 % des patients avec symptômes de reflux gastro-oesophagien ne sont pas satisfaits de leur traitement par inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Plusieurs équipes mondiales travaillent donc depuis plusieurs années au développement d'alternatives thérapeutiques comme l'anneau magnétique ou ici la stimulation électrique du sphincter inférieur de l'oesophage.

Un petit essai multicentrique semble montrer, en effet, que stimuler le sphincter inférieur de l'œsophage à l'aide d'électrodes reliées à un pacemaker serait efficace et bien toléré [1].

En pratique, le pacemaker EndoStim est implanté par laparoscopie au niveau de l'abdomen et les électrodes reliées sont positionnées et « ancrées » au niveau du sphincter inférieur de l'œsophage. Le pacemaker envoie des impulsions électriques de faible énergie pour aider le sphincter inférieur de l'œsophage dysfonctionnel à se contracter. Elles aident le muscle à fonctionner le plus normalement possible en s'ouvrant au moment de la déglutition et en restant fermé à d'autres moments pour prévenir le reflux acide. Les impulsions sont adaptées aux besoins du patient.

Les données ont été présentées au congrès annuel de l'American College of Gastroenterology (ACG) mi-octobre.

« Cette technologie est l'une de celles que nous envisageons pour répondre aux besoins de ceux qui ne sont pas suffisamment soulagés par les IPP, et elle n'a pas les effets secondaires et la complexité des procédures chirurgicales », a commenté le Dr Edy Soffer ( Keck School of Medicine , Los Angeles, Etats-Unis), auteur de l'étude.

Un rapport bénéfice-risque positif


Les critères d'inclusion dans l'étude étaient une réponse partielle aux IPP, des scores de qualité de vie associée à la santé supérieurs à 20 sans IPP et une amélioration d'au moins 5 points avec les IPP.

A ce jour, 25 patients ont été implantés par le dispositif. L'un des patients a eu l'intestin grêle perforé par un trocart pendant l'implantation mais il a été réparé avec succès et le dispositif a été retiré. En tout, 20 puis 17 patients ont pu être évalués, respectivement, à 3 mois et à 6 mois.

L'ensemble de ces patients ont constaté une amélioration de leurs symptômes et de leur PHmétrie et les IPP ont pu être éliminés pour la majorité de ceux évalués à 6 mois.

Sur les 50 effets secondaires rapportés chez 17 patients, seuls deux étaient sévères : la perforation avec le trocart et une tachycardie par réentrée nodale auriculoventriculaire qui n'était pas associée à l'appareil ou à la procédure.

Concernant les 48 événements restants, 26 étaient possiblement ou probablement en rapport avec le dispositif ou la procédure et un était clairement associé à la procédure. Les chercheurs ont observé deux dysphagies légères ou transitoires mais les cas se sont résolus dans les 4 semaines sans nécessiter d'intervention. Aucun effet secondaire lié à la stimulation n'a été rapporté.

« Près des deux tiers des patients ont été évalués à 6 mois et les données confirment ce que nous avons vus dans les études auparavant : il y a une amélioration significative et soutenue à six mois », commente le Dr Soffer.

Cependant, il reconnaît qu'il s'agit d'une étude en ouvert, avec un possible effet placebo mais, il précise que l'exposition acide oesophagienne est une mesure objective et qu'elle a été améliorée significativement.

Un avis partagé par le Dr Marcelo Vela (Baylor College of Medicine, Houston, Etats-Unis) : « Je pense que la mesure objective d'exposition acide oesophagienne avant et après la procédure est une réelle force de l'étude ». Il ajoute que ces données sont encourageantes, mais qu'elles sont très préliminaires : « Il s'agit d'un essai multicentrique, donc plus robuste que les essais précédents, mais, nous avons besoin d'une étude contrôlée, randomisée, pour confirmer ces données. »

Les expériences passées, en particulier avec les traitements endoscopiques du RGO, incitent à la prudence.

Ce sujet a fait l'objet d'une publication dans Medscape.com

L'étude a été financée par Endostim, le fabricant du dispositif. Le Dr Soffer est actionnaire de la compagnie. Le Dr Vela n'a pas rapporté de liens d'intérêts en rapport avec le sujet. Photo : Endostim.

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