Environ 20% des patients diabétiques en ALD renoncent aux soins

Jacques Cofard

Auteurs et déclarations

13 novembre 2013

Paris, France - Dans une récente étude, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) met en évidence des failles dans le dispositif Affection longue durée (ALD) appliqué aux patients diabétiques, puisque leur reste à charge moyen s'élève à 12%, entrainant des renoncements aux soins.

Diabétiques de type 2 et faibles revenus


A l'occasion de la Journée mondiale du diabète ce 14 novembre, le BEH consacre sa dernière livraison à cette affection [1]]. Une étude porte sur le reste à charge (RAC) des patients diabétiques en France en 2007 [2].

L'analyse a porté sur un échantillon de 3467 personnes présentant un diabète de type 2, et de 263 présentant un diabète de type 1. Près de 100% des patients diabétique de type 1 et près de 85% des diabétiques de type 2 bénéficiaient d'un statut d'ALD.

Sur l'ensemble des diabétiques, 88% avaient une couverture complémentaire (87% pour les malades de type 1 et 88% pour ceux de type 2 ; Non Rapporté : 2%).

Pour ce qui est de leur situation économique, 54% d'entre eux ont estimé rencontrer des difficultés. Près de 40% des patients diabétiques de type 2 vivaient dans des ménages dont le revenu était inférieur à 1200 euros, contre 29% des patients de type 1.

660 euros de reste à charge moyen


Le reste à charge (Rac) moyen, avant remboursement par une complémentaire s'élève en moyenne à 660 euros, « représentant 12% des dépenses présentées au remboursement chez les diabétiques de type 2, et 6,3% chez celles de type 1 ». Dans les deux types de diabète, note l'étude, les Rac étaient principalement observés pour trois postes de consommation : les médicaments, les dispositifs médicaux et les soins dentaires. Les auteurs ont également mis en évidence d'autres types de Rac : consultations podologiques, diététicienne, achat de chaussures adaptées…

Résultats, 23% des patients diabétiques de type 1 et 17 % des patients diabétiques de type 2 ont déclaré avoir renoncé aux soins, à cause du prix. Cette proportion n'est pas très différente de celle observée en population générale.. Selon l'Enquête santé et protection sociale (ESpS) de 2010, 16,2% de la population métropolitaine âgée de 18 à 64 ans déclarait avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des 12 derniers mois.

ALD : un progrès malgré des insuffisances


Malgré le dispositif ALD, la couverture maladie des patients diabétiques reste bien imparfaite, concluent les auteurs. Au-delà de cette couverture maladie déficiente, constate le Pr André Grimaldi dans l'éditorial de ce BEH,  « l'équilibre glycémique reste insuffisant chez les diabétiques de type 1 comme chez les type 2, avec seulement 50% des diabétiques type 2 ayant une HBA1c inférieure à 7% et 37% des diabétiques de type 1 ayant une HBA1c inférieure à 7,5%. Les complications sont toujours aussi fréquentes ».

Quoi qu'il en soit, pour le diabétologue, le système ALD, même imparfait, a permis d'enregistrer de grands progrès : « l'essentiel du traitement du diabète repose sur la prévention. La prise en charge en ALD est significativement corrélée à un meilleur suivi et à de meilleurs résultats même si, comme chacun sait, corrélation ne vaut pas causalité. Cependant, plusieurs études ont montré qu'en matière de maladies chroniques, la gratuité des soins améliore l'observance ».

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....