Cancer du sein : réduction de 13% des décès après irradiation élargie

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

22 octobre 2013

Amsterdam, Pays-Bas — L'irradiation combinée de la chaine mammaire interne et des ganglions sus-claviculaires permet une réduction de 13 % des décès chez des femmes atteintes de cancers du sein à un stade précoce, selon les résultats d'une étude coordonnée par une équipe néerlandaise et dont les résultats ont été présentés par le Dr Philipp Poortmans (Tilburg, Pays-Bas) à l'occasion du Congrès européen de cancérologie (ECC 2013) [1].

« La question de la technique optimale d'irradiation ganglionnaire des femmes atteintes de cancers du sein reste très controversée depuis plus de 30 ans, puisque l'impact d'une majoration des doses sur la survie à long terme n'a jamais pu être écarté de façon définitive par les études cliniques menées jusqu'à présent », a expliqué le Dr Poortmans. L'étude présentée au cours de l'ECC2013 tend à prouver que l'irradiation mammaire et sus-claviculaire pourrait contribuer à éliminer les cellules tumorales chez les femmes atteintes de micro-métastases ganglionnaires. »

Chez les femmes atteintes de cancer du sein en stade précoce, les études anatomopathologiques ont retrouvé des micro-métastases des chaines ganglionnaires mammaires et sus-claviculaires chez 3 à 9 % des femmes dont les ganglions axillaires ne sont pas atteints et chez 16 à 65 % des patients en cas d'atteinte ganglionnaire axillaire.

Une irradiation « préventive »


L'étude de phase III EORTS 22922/10925 a inclus 4 004 patientes (59% ménopausées), avec un cancer stade I à III entre juillet 1996 et janvier 2004. Elles ont été traitées par mastectomie ou chirurgie conservatrice (74 %) associée à un traitement adjuvant si nécessaire (chimiothérapie, hormonothérapie ou traitement ciblé).

Une atteinte du ganglion sentinelle axillaire avait été détectée pour 55,6 % d'entre elles et, dans ce cas, elles ont été, en très grande majorité, traitées par chimiothérapie adjuvante (99,1 %). Une irradiation axillaire a été pratiquée chez 6,8 % des femmes du groupe traitement actif contre 7,8 % des témoins.

Par tirage au sort, elles ont été assignées à l'un des deux groupes de traitement : témoin ou irradiation mammaire interne et sus-claviculaire (50 Gy). Ces femmes ont ensuite été suivies pendant 10,9 ans en moyenne, et jusqu'à 15,9 ans pour certaines d'entre elles.

La survie globale à 10 ans après ajustement s'est établie à 82,3 % dans le groupe irradiation contre 80,7 % dans le groupe témoin, correspondant à une réduction de 13 % des décès (429 contre 382 décès).

La plupart des décès rapportés étaient liés à la maladie du sein (310 et 259), venaient ensuite les autres cancers (39 et 30), les maladies cardio-vasculaires (20 et 22), les infections (4 et 8), les autres causes (23 et 25) et les décès d'origine inconnue (27 et 34).

Seul un décès dans chaque groupe a été associé à la toxicité des traitements oncologiques utilisés.

Quel que soit le nombre de ganglions atteints et quel que soit le stade


La survie sans progression de la maladie à 10 ans s'est établie à 72,1 % dans le groupe irradiation contre 69,1 % dans le groupe témoin (HR 0,89 ; p=0,044) et la survie sans métastase pour sa part était de 78 contre 75 % (HR 0,86 ; p=0,02).

Le taux de récurrence lymphatique régionale était moindre en cas de traitement par radiothérapie : 2,7 contre 4,2 %, celui des métastases à distance suivait une dynamique similaire (15,9 contre 19,6 %). En revanche, l'incidence des récurrences locales et des seconds cancers du sein était similaire dans les deux bras.

Le bénéfice du traitement par irradiation était indépendant du nombre des ganglions atteints et du stade tumoral (I à III).

Les auteurs ne déclarent pas de conflits d'intérêt.

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