Diabète 2 : la metformine pourrait diminuer le risque de démence

Aude Lecrubier, Megan Brooks

Auteurs et déclarations

14 août 2013

Diabète 2 : la metformine pourrait diminuer le risque de démence

Après diverses études sur l'effet anticancéreux de la metformine, une étude observationnelle lui attribue, cette fois, un effet protecteur contre la démence chez les diabétiques.
14 août 2013

Boston, Etats-Unis -. Alors que les travaux qui attribuent un effet anti-cancéreux à la metformine se multiplient, une étude observationnelle lui alloue désormais une nouvelle vertu : celle de diminuer le risque de démence chez les diabétiques.

Un résultat d'autant plus important que, d'après les données de la littérature, le diabète de type 2 est associé à un doublement du risque de démence.

En revanche, d'après la même étude, d'autres antidiabétiques, et notamment l'insuline auraient l'effet inverse.

« Ces résultats donnent des arguments pour penser que les molécules qui augmentent la sensibilité à l'insuline ne sont pas seulement bénéfiques sur le contrôle glycémique mais aussi sur la santé neurocognitive», a indiqué le Pr Rachel Whitmer (Département de recherche Kaiser Permanente Northern California, Oakland, Etats-Unis) lors de la présentation des résultats de l'étude à l' Alzheimer's Association International Conference (AAIC) 2013 [1].

Ces résultats vont dans le sens des données déjà obtenues sur des modèles animaux et à partir de cultures cellulaires qui ont montré que la metformine aurait un effet neuroprotecteur : l'antidiabétique stimulerait la neurogénèse et améliorerait l'insulinorésistance neuronale.

20% de démences en moins


Les chercheurs ont étudié une cohorte de 14 891 patients diabétiques de type 2 âgés d'au moins 55 ans et qui ont débuté un diabète entre octobre 1999 et novembre 2001. Parmi ces nouveaux utilisateurs, seuls les patients qui recevaient une monothérapie (metformine, sulfamides, glitazones, ou insuline) ont été inclus.

Au cours des 5 ans de suivi, une démence a été diagnostiquée chez 1487 patients, soit 9,9% de l'effectif.

Comparés aux patients qui recevaient des sulfamides, ceux qui débutaient un traitement par metformine avaient un risque de démence abaissé de près de 20% (RR=0,79, IC 95% : 0,65 à 0,95).

Et, par rapport aux patients qui recevaient des glitazones, ceux qui étaient sous metformine au départ voyaient leur risque de démence réduit de 23 % au cours du suivi (RR=0,77 ; IC 95% : 0,66 à 0,90).

En revanche, ceux qui débutaient par des sulfamides avaient un sur-risque de démence de 24% comparés à ceux recevant de la metformine (RR=1,24 ; IC 95% : 1,1 à 1,4). Ce sur-risque était de 18% avec les glitazones (RR=1,18 ; IC 95% : 1,1 à 1,4) et de 28% avec l'insuline (RR=1,28 ; IC 95% : 1,1 à 1,6 ).

Des résultats similaires étaient obtenus après ajustement pour la durée du diabète, l'âge, le contrôle de la glycémie et en fonction des sous-types de démence.

« Ces résultats suggèrent que la metformine pourrait préserver la santé cérébrale », conclut le Dr Whitmer.

Ce sujet a fait l'objet d'une publication dans Medscape.com

L'étude a été financée par Kaiser Community Benefits et le National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases. Les auteurs n'ont pas déclaré de liens d'intérêts en rapport avec le sujet.

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