Coronavirus MERS-CoV: le dromadaire pourrait être l'hôte intermédiaire

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

12 août 2013

Coronavirus MERS-CoV : le dromadaire pourrait être l'hôte intermédiaire

En l'absence de traitement contre le coronavirus du Moyen-Orient MERS-CoV, trouver son hôte intermédiaire pour bloquer la transmission est essentiel. Le dromadaire pourrait jouer ce rôle.
12 août 2013

Bilthoven, Pays-Bas-Toujours à la recherche de l'origine du nouveau coronavirus MERS-CoV qui a déjà infecté 94 personnes dont 46 sont décédées en un peu plus d'un an - des virologues néerlandais ont effectué des prélèvements sérologiques systématiques sur du bétail, des chèvres et des dromadaires au Moyen-Orient. Ce travail qui montre que le dromadaire pourrait représenter l'un des hôtes intermédiaires du virus -comme en son temps le furet pour le SRAS-CoV- est publié dans le Lancet Infectious Diseases [1].

La piste des chauves-souris au point mort


Dès les premiers cas de MERS-CoV, des prélèvements viraux ont été effectués sur les chauves-souris de la région. Ces animaux sont en effet des porteurs sains des virus de cette famille.

D'autant que des séquences virales assez proches ont été trouvées dans certaines espèces telles que Pipistrellus ssp en Europe et en Asie.

Mais au Moyen-Orient, nulle trace de MERS-CoV ou d'un virus apparenté chez ces animaux. En outre, aucune des victimes infectées dans ces pays ne déclarait avoir eu de contact avec cet animal.

Les autres animaux du Moyen-Orient ?


Et comme le cas index est survenu à distance des pays hébergeant ce type de chauves-souris, l'équipe du Dr Chantal Reusken (Bilthoven, Pays-Bas) a eu l'idée de rechercher un hôte intermédiaire dans les espèces animales présentes plus spécifiquement au Moyen-Orient.

Une recherche sérologique a été effectuée sur 349 animaux élevés principalement à Oman et présents dans d'autres régions du globe : dromadaires (Oman, Canaries), vaches, chèvres et moutons (Pays-Bas, Espagne, Chili).

Des IgG dirigés contre la protéine S1 du MERS ont été détectés chez 100 % des dromadaires d'Oman et 15 % de ceux vivant aux Canaries. Et les taux d'anticorps étaient bien plus élevés à Oman, dans un pays où, pour l'instant, aucun cas d'infection humaine par MERS n'a encore été signalé. En revanche, tous les autres animaux testés étaient indemnes de traces d'infection virale.

Bloquer la transmission zoonotique


Le Dr Reusken va, dans les prochaines semaines, comparer le virus des dromadaires et le virus MERS-CoV humain. Son équipe va aussi s'attacher à déterminer le type de contact potentiellement infectant entre le dromadaire et l'homme : contact avec des selles, la salive, le lait…

Dans un éditorial accompagnant la publication [2], le Dr Vincent Munster (Hamilton, Etats-Unis), précise qu'en l'absence de traitement curatif ou prophylactique du virus, bloquer la transmission zoonotique et d'homme à homme reste la seule option possible ». [2]

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