Recommandations aux voyageurs 2013 : voyageurs « particuliers »

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

30 juillet 2013

Recommandations aux voyageurs 2013 : voyageurs «particuliers »

Les recommandations aux voyageurs 2013 accordent une place particulière aux voyageurs à risque comme les séniors, les pèlerins ou les sujets immunodéprimés.
30 juillet 2013

Paris, France — Les Recommandations aux voyageurs*, édition 2013, publiées dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (4 juin 2013), accordent une place importante aux voyageurs « particuliers » : malades chroniques, sujets immunodéprimés, enfants, femmes enceintes, séniors et pèlerins. [1]

« La part consacrée aux voyageurs « particuliers » est croissante, tant le terrain ou le but du voyage modifient les risques et donc les indications des différentes prophylaxies », indique Eric Caumes, Président du Comité des maladies liées aux voyages et des maladies d'importation (CMVI) du Haut Conseil de Santé Publique (HSCP), dans un éditorial accompagnant les recommandations.

Focus sur les voyageurs immunodéprimés, notamment ceux infectés par le VIH


Alors que les recommandations concernant les femmes enceintes ou les bébés, notamment, restent inchangées par rapport à l'édition 2012, la plupart des modifications du cru 2013 concernent le voyageur immunodéprimé.

« Ces malades vivent de mieux en mieux et voyagent de plus en plus. Et le spectre de l'immunodépression est de plus en plus large, du transplanté d'organes à l'infection par le VIH, en passant par les biothérapies et la corticothérapie », ajoute l'éditorialiste.

Dans ses recommandations, le CMVI s'appuie en grande partie sur la mise à jour des nouvelles recommandations du Comité technique des vaccinations (CTV).

Il indique que tout état d'immunodépression contre-indique l'administration de vaccins vivants, tels que le vaccin contre la fièvre jaune. Ce vaccin est toutefois autorisé si le nombre de CD4 est supérieur à 200 par mm3, alors que le BCG reste contre-indiqué quel que soit le taux de CD4. Pour les autres vaccins, les recommandations sont les mêmes que pour tous les voyageurs.

En parallèle, une vigilance accrue doit être exercée sur les interactions médicamenteuses entre le traitement de fond et les médicaments prescrits pour le voyage et notamment la prescription des antipaludiques.

Ainsi chez le patient VIH sous traitement, il est important de tenir compte de :

  1. la diminution de la concentration plasmatique de l'indinavir par l'atovaquone ;

  2. la diminution des concentrations plasmatiques d'atovaquone et de proguanil par l'efavirenz et avec les associations lopinavir/ritonavir et atazanavir/ritonavir : il existe donc un risque d'échec des prophylaxies antipaludiques correspondantes dans ces situations.

Par ailleurs, chez les personnes infectées par le VIH, le paludisme augmente la charge virale ce qui risque par conséquent d'activer la progression de la maladie.

Enfin, il existe un risque de photosensibilisation provoqué par les sulfamides souvent utilisés par les personnes infectées par le VIH.

Une protection solaire (vêtements et crèmes écran) est fortement recommandée.

Une visite médicale pour les séniors


Chez les séniors, au-delà de 65 ans, bien qu'un âge avancé ne constitue pas en soi une contre-indication au voyage, il est recommandé, comme pour les personnes atteintes de maladies chroniques, de passer une visite médicale.

Une vigilance accrue doit être exercée sur :

  1. l'existence de pathologies chroniques plus fréquentes;

  2. la diminution des capacités d'adaptation physiologique;

  3. la sensibilité à une déshydratation ;

  4. lors de voyages exposant à de fortes chaleurs;

  5. lors de voyages exposant à des grands froids.

Personnes se rendant à des grands rassemblements


Concernant, les règles de prévention qui s'appliquent aux personnes se rendant en pèlerinage à La Mecque, elles sont étendues à tous les grands rassemblements en France ou à l'étranger (pèlerinages, Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), Kumbhamellas…). Le vaccin contre la rougeole s'ajoute à la liste des vaccins dont la mise à jour est recommandée, conformément au calendrier vaccinal.

Au sujet du risque de contracter le nouveau coronavirus MERS-CoV lors du pèlerinage à la Mecque, en date du 17 juillet, le Comité d'urgence du RSI (Règlement sanitaire international) sur le Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) a décidé à l'unanimité qu'au regard des informations désormais disponibles et en appliquant une méthode fondée sur l'évaluation du risque, « les conditions d'une urgence de santé publique de portée internationale ne sont pas réunies pour l'instant. »

Pour le moment, aucune restriction de voyage n'a été demandée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui recommande aux autorités sanitaires de suivre avec la plus grande attention tout cas de personne souffrant de troubles respiratoires, un des symptômes de ce virus.

En revanche, la Direction Générale de la Santé (DGS) a annoncé dernièrement que les personnes âgées, les femmes enceintes, les enfants et les personnes souffrant de maladies chroniques (cardiaques, diabétiques...) n'auront pas de visa pour se rendre en pèlerinage à La Mecque cette année en raison de l'épidémie de coronavirus.

Hospitalisation dans un pays émergent : un risque élevé d'infection nosocomiale


Les risques liés aux hospitalisations dans les pays en développement sont mis en exergue. Les infections nosocomiales sont particulièrement fréquentes dans les pays en développement et les bactéries en causes souvent multirésistantes. Pour cette raison, en cas d'hospitalisation dans un pays étranger dans l'année précédente, tout patient hospitalisé en France doit subir un écouvillonnage rectal à la recherche d'un portage de germe résistant.

En 2010, le Haut Conseil de Santé Publique a émis des recommandations de dépistage du portage digestif des bactéries commensales multirésistantes aux antibiotiques importées en France à l'occasion du rapatriement de patients en provenance de l'étranger. Le texte a également pour objectif de contribuer à maîtriser de leur diffusion.

Autre risque infectieux : le risque de transmission de mycobactéries environnementales qui s'ajoute aux risques connus liés aux pratiques de tatouages et piercings (hépatite B et C, VIH) qui restent « déconseillées ».

Eviter les porte-bébés par temps froid

Pour le HCSP, les porte-bébés sont « à proscrire par temps froid car d'une part, l'enfant immobile se refroidit très vite et risque une hypothermie et, d'autre part, les compressions artérielles prolongées peuvent avoir des conséquences gravissimes (gelures des membres inférieurs pouvant aller jusqu'à l'amputation). »



*Elaborées par le Comité des maladies liées aux voyages et des maladies d'importation (CMVI) et approuvées par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP).

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....