Incrétine dans la vraie vie: l'exénatide retard maintient son efficacité à 3 ans

Dr Catherine Desmoulins

Auteurs et déclarations

25 juin 2013

Les résultats de DURATION-3, incrétine versus insuline, montrent le maintien de l'efficacité de l'exénatide en injection hebdomadaire chez le diabétique 2 sur l'HbA1c et la perte de poids. 25 juin 2013

Chicago, Illinois - Les agonistes des récepteurs GLP-1 ont le vent en poupe, une session entière d'essais cliniques leur était consacré au congrès de l'American Diabetes Association 2013. Parmi ceux-ci, les résultats de l'essai randomisé ouvert DURATION-3 à 3 ans apportent pour la première fois la preuve du maintien de l'efficacité et de la sécurité de l'exénatide retard en injection hebdomadaire [1].

« A trois ans, on voit que le traitement par une injection hebdomadaire d'exénatide permet un meilleur contrôle glycémique qu'un traitement par insuline glargine titrée. Et la différence de poids entre les deux groupes est de 4,5 kg. Ces résultats se superposent aux données à 26 et 84 semaines » a annoncé le Pr Michael Trautmann (Hambourg, Allemagne) qui présentait l'étude.

Rappel de l'essai

DURATION-3 est un essai multicentrique international ouvert ayant inclus des diabétiques de type 2 non contrôlés par un traitement par metformine (70%) ou metformine plus sulfamide (30%) aux doses optimales. Ces patients avaient à l'entrée une HbA1-c à 8,3%, un poids de 90 kg. Ils ont été randomisés entre un groupe sous insuline glargine titrée et un groupe sous injection hebdomadaire d'exénatide à longue durée d'action (2 mg). Le critère de jugement de l'étude porte sur la baisse de l'hémoglobine glyquée (HbA1c). A 26 et 84 mois, l'essai a conclu à la supériorité du traitement par GLP-1 sur l'insuline.


Sur les 467 participants de l'étude initiale, environ les deux tiers ont accepté de participer à l'extension mais seulement 140 du groupe exénatide et 147 du groupe insuline ont complété les 3 ans de suivi.

« Dans les deux groupes, la principale cause de sortie d'étude relevait de la décision du patient ou d'une violation du protocole » a précisé le Pr Trautmann.

A trois ans, on voit que la baisse rapide de l'HbA1c obtenue avec les deux traitements en quelques mois (suivie d'une légère remontée), se maintient, l'effet de l'injection hebdomadaire d'exénatide étant significativement supérieur à celui de l'insuline (7,3 % vs 7,5% en ITT et 7,1% vs 7,4% en PP). Le Pr Trautmann a fait remarquer que les patients n'ayant pas complété l'étude n'ont pas influencé les résultats finaux.

La proportion de patients atteignant une HbA1c < 6 ,5 est significativement supérieure sous exénatide et le GLP-1 fait également plus baisser la glycémie à jeun.

Enfin, comme avec tous les agonistes GLP-1, on note une perte de poids de 2,5 kg sous exénatide alors que les patients sous glargine ont pris 2 kg en moyenne, soit une différence de 4,5 kg entre les deux groupes.

Des effets indésirables digestifs


En matière de sécurité, les hypoglycémies sous exénatide sont réduites des deux tiers comparativement au groupe sous insuline (0,3 vs 0,9 événement/patient/année).

Sans surprise, comme avec tous les GLP-1, des effets indésirables digestifs sont survenus chez les patients sous exénatide : nausées 16% vs 2%, vomissement 6% vs 3% et diarrhée 14% vs 7%. « Ces effets ont tendance à s'amender après la 26ème semaine de traitement » a souligné l'investigateur. Le taux d'événements indésirables graves est de 15 % dans les deux groupes.

Concernant la question des anticorps, le suivi au long cours constate une baisse du nombre de patients porteurs d'anticorps anti-exénatide de 56% à 19%, entre la 26ème semaine et 3 ans.

Enfin, les investigateurs ne rapportent aucun signal en rapport avec une majoration des pancréatites et des cancers du pancréas.

Le comparateur était-il optimal?

A l'issue de l'essai, la dose moyenne d'insuline glargine était de 40 U (l'insuline étant débutée à 10 U).

Une dose non optimale, de l'avis du président de séance, Pr Julio Rosenstock, qui pourrait avoir influencé la supériorité de l'exénatide. Mais qui, de l'avis de l'investigateur, reflète les pratiques dans la vraie vie, la titration optimale de l'insuline n'est pas toujours aisée à obtenir.


Supériorité ou pas, ces résultats sont les premiers à démontrer le maintien de l'efficacité à 3 ans d'un GLP-1 à longue durée d'action avec un comparateur actif dans un essai contrôlé.

L'étude a été sponsorisée par Amylin Pharmaceuticals et Eli Lilly. Le Pr Trautmann a déclaré des activités de consultant/orateur/investigateur pour : Merck, Amylin, Bristol-Myers Squibb et posséder des actions chez Eli Lilly.

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