Cancer du sein : confirmation du bénéfice du paclitaxel hebdomadaire

Nick Mulcahy, Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

14 juin 2013

Cancer du sein: confirmation du bénéfice du paclitaxel hebdomadaire

Un essai de phase III confirme que l'administration hebdomadaire de paclitaxel en adjuvant dans le cancer du sein est aussi efficace et moins toxique que la double dose toutes les 2 semaines.
14 juin 2013

Chicago, Etats-Unis - Des résultats de l'étude SWOG S0221 (Southwest Oncology Group), présentés au congrès de l'American Society of Clinical Oncology 2013 (ASCO), confirment que l'administration hebdomadaire de paclitaxel en adjuvant dans le cancer du sein, réduit les effets secondaires et en particulier les neuropathies, par rapport à des doses doubles, administrées toutes les deux semaines [1]. Ceci sans perdre en efficacité.

Cette amélioration de l'index thérapeutique par une administration hebdomadaire confirme un certain nombre de données pharmacologiques, précliniques et cliniques, accumulées depuis le début des années 2000.

L'essai, une phase III, a été mené entre 2003 et 2010 chez 2716 patientes, atteintes d'un cancer du sein de stade I à III, considéré comme à haut risque du fait d'un envahissement ganglionnaire, de la taille de la tumeur, ou encore, d'un score de récurrence élevé. On note que les patientes HER+ ont été incluses, du trastuzumab pouvant être administré avec le paclitaxel.

Dans un premier temps, l'étude SWOG S0221 prévoyait la comparaison de trois protocoles à base de doxorubicine et cyclophosphamide. La première randomisation a été levée, après que les différences aient été jugées « futiles », et les patientes ont été randomisées une seconde fois, entre un traitement par 80 mg/m2 de paclitaxel par semaine, et une dose de 175 mg/m2 administrée toutes les deux semaines. Dans les deux groupes, le traitement adjuvant a été prolongé durant 12 semaines.

Après un suivi moyen de 4,4 ans, les taux de survie sans progression associés aux deux schémas thérapeutiques sont équivalents (81 et 82% respectivement).

Moins d'effets toxiques du schéma hebdomadaire


S'agissant des effets secondaires, en revanche, l'avantage va à l'administration hebdomadaire. Parmi les patientes traitées de manière hebdomadaire ou toutes les deux semaines, l'incidence des neuropathies était de 10 et 17% respectivement (p<0,001). L'incidence des douleurs musculo-squelettiques était de 3% versus 11% (p<0,001). Enfin, on compte 0,6% de réactions allergiques dans le groupe hebdomadaire, contre 1,4% dans l'autre groupe (p=0,035).

Seul effet secondaire plus fréquent parmi les patientes recevant un traitement hebdomadaire : la leucopénie. Mais aucune n'avait reçue de G-CSF, alors que toutes les patientes traitées à forte dose toutes les deux semaines avaient reçu le facteur hématopoïétique à titre prophylactique. Par ailleurs, des leucopénies plus fréquentes dans le groupe hebdomadaire peuvent s'expliquer par des mesures elles aussi hebdomadaires des cellules sanguines.

Comme le soulignent les auteurs, le seul inconvénient du traitement hebdomadaire est d'obliger les patientes à revenir chaque semaine à l'hôpital. L'inconvénient peut être réel. Il s'agit de bien le peser, face au risque de neurotoxicité notamment.

Les auteurs concluent donc que « les deux schémas d'administrations sont acceptables ».

L'étude a été financée par les National Cancer Institute américain, et Amgen.
Tous les auteurs rapportent des relations avec Amgen.

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