Infection à coronavirus MERS-CoV : rare mais sévère

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

13 juin 2013

Coronavirus MERS-CoV : infection rare mais sévère

Pas de nouveau cas de coronavirus en France, mais 55 comptabilisés dans le monde entier dont 31 décès. La vigilance est toujours de rigueur, selon l'OMS.
13 juin 2013

Riad, Genève, Tours, Arabie-Saoudite, Suisse, France - Contrairement aux rumeurs, aucune trace de coronavirus n'a été détectée dans les analyses effectuées auprès du patient hospitalisé à Tours, a indiqué mercredi à l'AFP le ministère de la Santé. Néanmoins, selon le dernier bilan vendredi de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 31 personnes sont mortes de l'infection du nouveau coronavirus [1].

Pas de coronavirus à Tours


Mardi 11 juin, des sources médicales avaient fait état de l'hospitalisation de deux personnes à Tours, suspectées d'être atteintes par le coronavirus. Les deux patients avaient, selon France Bleu Touraine, séjourné en Arabie Saoudite et présentaient des symptômes pouvant faire penser au coronavirus. Au final, les analyses indiquent aucune trace de coronavirus chez le (ou les) patient(s).

Rappelons qu'à ce jour, deux patients français ont été infectés par le nouveau coronavirus, dont l'un est décédé au CHRU de Lille le 28 mai dernier. Le second malade, qui avait été contaminé par le premier à la fin avril, alors qu'il partageait sa chambre à l'hôpital de Valenciennes, est pour sa part toujours dans un « état stationnaire » au CHRU de Lille. Et jusqu'à présent, tous les autres cas investigués se sont avérés négatifs.

Un coronavirus officiellement nommé MERS-CoV

Depuis la découverte du virus, la littérature scientifique, les bases de données et les médias ont utilisé divers noms pour le qualifier. Par souci d'uniformité et pour faciliter toute communication sur la maladie, le Groupe d'étude sur les coronavirus du Comité international de taxonomie des virus a décidé d'appeler le nouveau virus « coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient » (MERS-CoV) [2].



55 cas confirmés dont 31 décédés

En date du 10 juin, OMS comptabilisait 55 cas confirmés en laboratoire, dont 40 étaient survenus en Arabie- Saoudite, les autres ayant été rapportés au Moyen-Orient (Qatar et Emirats-Arabes Unis), en Tunisie, en France, Allemagne, Italie, au Royaume-Uni et en Irlande du Nord [1]. Bien que peu fréquente, l'infection n'en est pas moins sévère, puisqu'elle a causé le décès de 60% des personnes touchées.

Trois schémas épidémiologiques sont retrouvés :

  • Des cas sporadiques apparaissent dans des communautés, sans que l'on sache jusqu'à présent pourquoi et comment ces personnes sont infectées ;

  • Des infections groupées se produisent au sein de familles. Ces cas groupés donnent l'impression d'une transmission de personne à personne mais il semble que cette contamination soit limitée aux personnes en contact proche ;

  • Le troisième schéma de transmission concerne des cas groupés d'infection au sein de services de santé, comme cela a été décrit en France, en Jordanie et en Arabie Saoudite. Dans ce cas, une personne admise à l'hôpital en contamine d'autres dans les mêmes services de soin.


Y penser devant un cas de pneumonie idiopathique


Pour l'OMS, deux éléments importants doivent être pointés [1] :

  • Aucune preuve de transmission inter-humaine du virus MERS-CoV. A chaque fois qu'une transmission de personne à personne a été suspectée, il s'est avéré que celles-ci avaient été en contact très proche.

  • A l'inverse de ce qui s'est passé avec le SRAS, très peu de professionnels de santé ont été infectés par le MERS-CoV. On peut donc penser que les deux virus sont différents et/ou les mesures de prévention prises après l'épisode SRAS, efficaces.

A l'heure actuelle, le diagnostic est fondé sur la combinaison de symptômes cliniques et la mise en évidence du MERS-CoV par PCR. Le traitement est uniquement symptomatique, aucune preuve de l'efficacité d'un antiviral, comme la rivabirine ou l'interféron, n'a été établie. Quant à l'utilisation de stéroïdes à hautes doses, mieux vaut l'éviter, indique l'OMS.

Bien que les cas d'infection soit tous pour l'instant originaires des pays du Moyen-Orient, il va sans dire que le virus ne s'arrête pas aux frontières, et tous professionnels de santé doivent avoir connaissance de ce virus et y penser devant un cas de pneumonie idiopathique.

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