Safir 01 et Moscato, 2 études de l'IGR, valident le concept de diagnostic moléculaire

Alain Perez

Auteurs et déclarations

5 juin 2013

Safir 01 et Moscato, deux études de l'IGR, valident le concept de diagnostic moléculaire

Deux études démontrent que l'analyse des anomalies des génomes tumoraux peut être transférée en pratique clinique à large échelle et être utilisée pour la décision thérapeutique. 5 juin 2013

Chicago, Etat Unis « Cette étude porte sur plus de 400 patientes atteintes d'un cancer du sein métastasé. Elle montre que le diagnostic moléculaire n'est plus réservé à la recherche fondamentale mais peut être étendu à la pratique clinique quotidienne». Pour le Dr Fabrice André, oncologue et directeur de recherche Inserm à l'Institut Gustave Roussy (IGR), les résultats de l'étude Safir 01 qui viennent d'être présentés au congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) marquent une étape importante dans la généralisation du diagnostic moléculaire préalable au choix d'un traitement ciblé. «Les techniques de séquençage du génome entier à haut débit que nous avons utilisé nous permettent de déterminer un profil biologique des patientes et de les diriger vers les traitements agissant spécifiquement sur des cellules présentant des anomalies ».

Identité génomique de 423 cancers du sein dans Safir 01


L'étude Safir 01 a inclus 423 patientes atteintes du cancer du sein métastatique entre mai 2011 et août 2012. Sur les 404 patientes ayant eu une biopsie du tissu métastatique exploitable, une anomalie génétique a été détectée sur 287 d'entre elles (71%). Une anomalie génomique d'intérêt pour laquelle un médicament ciblé existe a été découverte sur 194 patientes (67%) et 48 d'entre elles ont reçu un traitement ciblant spécifiquement la mutation trouvée.

« L'analyse du génome entier nous permet de ne pas nous limiter aux quelques gènes d'intérêt les plus fréquents » précise Fabrice André. « Ces techniques nous permettent aussi de découvrir des mutations plus rares et de mieux comprendre le processus métastatique ».

Moscato valide le concept de « médecine de précision » dans le cancer du poumon


La seconde étude présentée par l'IGR baptisée Moscato est destinée à valider le concept de « médecine de précision » que les chercheurs préfèrent désormais au concept de « médecine personnalisée » jugé trop ambitieux.

«Il s'agit en fait de sélectionner les patients porteurs d'une anomalie moléculaire actionnable c'est-à- dire contre laquelle nous pouvons agir » explique le Pr Jean-Charles Soria, chef du service des innovations thérapeutiques précoces (Sitep) à l'IGR et investigateur principal de l'essai Moscato.

Cette étude préliminaire a porté sur 129 patients atteints d'un cancer du poumon dont 112 ont bénéficié d'un traitement. Une cible thérapeutique a été mise en évidence sur 53 patients (47%) parmi lesquels 33 ont reçu un traitement. « Près de 50% des patients ont accepté de subir une biopsie et 33% ont pu recevoir un traitement approprié avec un taux de réponse de 20 % très supérieur aux valeurs habituelles, ajoute Jean Charles Soria. Ces premiers résultats de l'étude Moscato (Molecular Screening for Cancer treatment optimisation) restent à confirmer.

L'objectif de recrutement total porte sur 900 patients et cette étude pourrait durer trois ans.

La FDA veut accélérer l'homologation des molécules innovantes


« Nous allons accélérer l'homologation des nouvelles thérapies, même si c'est parfois difficile de valider leur efficacité ». Pour Richard Pazdur, directeur de la division hématologie et oncologie (OHOP) de la Food and Drug Administration (FDA), l'innovation en cancérologie se porte bien. « Avant il n'y avait rien pour soigner le mélanome et aujourd'hui nous disposons de quatre traitements spécifiques ». Au cours des trois dernières années, la FDA a homologué 29 nouveaux anticancéreux de nouvelle génération (NME pour New Molecular Entities) dont cinq contre le cancer de la prostate, quatre contre le sein et quatre contre des cancers rares. « Quinze de ce NME, c'est-à-dire près de la moitié sont associés à un diagnostic compagnon (test détectant une anomalie génétique spécifique pouvant être associée à un traitement). Cette tendance qui se poursuit depuis plusieurs années confirme la poussée de la médecine personnalisée » précise Richard Pazdur. Afin d'accélérer l'accès des patients aux nouvelles thérapies, la FDA a l'intention d'accorder plus facilement le statut dérogatoire de thérapies innovantes (breakthrought therapies) marquant une rupture réelle par rapport aux traitements existants. Dans le domaine de l'oncologie/hématologie, la FDA a reçu depuis le début de l'année un total de 26 demandes revendiquant le statut de « breakthrought therapy ». A ce jour, huit demandes ont été acceptées par la FDA.


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