IC aiguë : le serelaxin efficace dans la décompensation à FEVG préservée

Vincent Bargoin

29 mai 2013

Lisbonne, Portugal - Le serelaxin (Novartis), analogue recombinant de la relaxine secrétée par les femmes durant la gestation, semble avoir la même efficacité dans l'insuffisance cardiaque aiguë à fraction d'éjection préservée, ou non préservée. C'est ce qu'indique une analyse complémentaire de l'étude RELAX-AHF (Relaxin for the Treatment of Acute Heart Failure) présentée par le Dr Gerasimos Filippatos (Université d'Athènes, Grèce) lors du congrès Euro Heart Failure 2013 [1].

« RELAX-AHF est le premier essai à donner des résultats positifs chez les patients en insuffisance cardiaque aiguë avec fraction d'éjection préservé », a souligné le Pr Filippatos. « Le serelaxin est au moins aussi efficace chez les patients avec FEVG préservée pour atténuer la dyspnée durant les premières 24 heures, et a des effets similaires sur les réhospitalisations et la survie chez les patients à fraction d'éjection préservée ou non préservée ».

Rappel des résultats de RELAX présentés à l'ACC

Présentée une première fois l'an dernier, lors du congrès de l'American Heart Association 2012, l'étude RELAX-AHF, avait abouti à des résultats encourageants mais un peu ambigus à l'égard de l'impact sur la mortalité.

En substance, dans l'insuffisance cardiaque aiguë, la perfusion de serelaxin durant 48 h après admission pour décompensation aiguë, était associée à une réduction de la dyspnée à 24 heures et à cinq jours par rapport au placebo, ainsi qu'à une baisse de la mortalité à 6 mois. Paradoxalement, le traitement semblait sans effet sur les décès cardiovasculaires ou les réhospitalisations pour insuffisance cardiaque/insuffisance rénale jusqu'à 60 jours, ainsi que sur la survie jusqu'à 60 jours.

Résultats au moins équivalents en cas de FEVG préservée

La nouvelle analyse présentée à Euro Heart Failure compare l'effet du traitement dans les décompensations d'insuffisances cardiaques à fraction d'éjection préservée et non préservée, et montre que les résultats par rapport au placebo sont essentiellement analogues dans les deux groupes.

Parmi les 1161 patients de RELAX-AHF (71 ans, PAS > 125 mm Hg), plus du quart (26%) présentaient une fraction d'éjection ventriculaire gauche (FEVG) de plus de 50%.

A 6 mois, la réduction de 37% de la mortalité rapportée dans l'étude globale, est retrouvée indépendamment de la FEVG.

A 60 jours, même équivalence des résultats, en l'occurrence négatifs : la fréquence des décès cardiovasculaires, des hospitalisations pour insuffisance cardiaque ou rénale, est indépendante de la FEVG.

Enfin, s'agissant de la dyspnée, on retrouve toujours et encore les mêmes résultats, avec même un avantage aux patients à FEVG préservée. A 5 jours, l'évaluation par une échelle analogique (EVA) et le calcul de l'aire sous la courbe, abouti à la même réduction de la dyspnée, de 19,7% par rapport au placebo chez les patients à fraction d'éjection préservée ou non. A 24 heures, en revanche, l'évaluation sur l'échelle de Likert est en faveur des premiers.

Si l'on ajoute que les marqueurs biologiques (NT-proBNP, créatinine, troponine T, ALT) ont évolué favorablement, et, là encore, de manière équivalente dans les deux groupes, il est possible que l'on tienne, avec le serelaxin, un traitement efficace dans l'insuffisance cardiaque aiguë, quelle que soit la FEVG.

Lors de la présentation des résultats princeps, à l'automne dernier, le Dr John McMurray (Glasgow, Ecosse) avait souligné que l'on « aimerait bien voir ces résultats répliqués ». En ce cas, avait-il ajouté, « ils représenteront une avancée majeure pour l'insuffisance cardiaque aiguë. Enfin quelque chose qui marche après tant d'échecs ». C'est bien sûr d'autant plus vrai dans l'IC à FEVG préservée.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....