Consommation chronique : la marijuana pourrait provoquer un hypopituitarisme

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

10 mai 2013

Consommation chronique : la marijuana pourrait provoquer un hypopituitarisme

Les effets endocriniens potentiels de la consommation de marijuana au long cours demeurent mal connus. Un cas d'insuffisance hypophysaire chez un homme de 37 ans vient d'être rapporté.
10 mai 2013

Phoenix, Etats-Unis - Une donnée nouvelle sur les effets de la fumette chronique : la marijuana pourrait provoquer une insuffisance hypophysaire.

Chez l'homme, cette notion n'est pour le moment étayée que par un seul cas, présenté par les Drs Richard Pinsker et Hineshkumar Upadhyay (Jamaica Hospital Medical Center, New-York, Etats-Unis), lors du congrès annuel de l'American Association of Clinical Endocrinologist[1].

Il s'agit d'un homme de 37 ans, qui s'est présenté aux urgences avec une dyspnée, et qui a signalé une fatigue croissante et une perte de libido. A l'examen clinique, des râles basilaires ont été mis en évidence, ainsi qu'une gynécomastie et une atrophie testiculaire.

L'échocardiographie était normale. Des antécédents d'irradiation ou de traumatisme crânien, ainsi que l'hémochromatose ont été exclus. Mais les bilans hormonaux eux, ont montré toutes les anomalies d'un hypopituitarisme. L'IRM a par ailleurs exclu une masse anormale au niveau hypophysaire.

A l'interrogatoire, le patient a signalé une consommation quotidienne de marijuana depuis 15 ans.

Suppression de l'axe hypothalamo-hypophysaire


Dans leur présentation, les auteurs ont notamment rappelé que le tétrahydrocannabinol abaisse les taux de FSH et LH, et finalement, de testostérone, en altérant la libération de GnRH. Ils ont également souligné que des expériences animales suppriment les voies hypothalamo-hypophysaires.

« Compte-tenu de ces observations, nous postulons que la consommation chronique de cannabis, en modulant l'axe hypothalamo-hypophysaire, est un facteur potentiel d'hypopituitarisme », ont-ils conclu, en ajoutant que « dans le contexte d'une légalisation croissante du cannabis aux Etats-Unis, la relation entre utilisation chronique de marijuana et ses effets potentiels sur le système endocrinien, mérite des études supplémentaires ».

Selon eux, l'observation de cas d'insuffisance hypophysaire pourrait se multiplier.

Le patient, lui, a été mis sous cortisone et lévothyroxine, avec une amélioration de la fatigue et de l'œdème sous traitement.

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