Premier cas français confirmé de coronarivus nCoV, conduite à tenir

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

10 mai 2013

3 suspicions de contaminations et premier cas de coronavirus NCoV en France

ACTUALISE : 3 suspicions de contaminations et premier cas de coronavirus nCoV en France.
10 mai 2013

ACTUALISATION- Le 10 mai 2013, l'Agence régionale de santé (ARS) de Nord-Pas-de-Calais a annoncé que trois personnes qui avaient été en contact avec le cas index de nCoV français ont été placées à l'isolement et font l'objet d'analyses virologiques en raison de signes respiratoires compatibles avec une infection par ce même virus [7].
Il s'agit d'un voisin de chambre du premier patient qui pourrait avoir été contaminé au cours de l'hospitalisation initiale à Valenciennes (un homme d'une cinquantaine d'années), d'un médecin de 35 ans de ce même hôpital et d'une infirmière du service de réanimation de l'hôpital de Douai, dans lequel le cas index a ensuite été hospitalisé.
Segovia Kueny (directrice générale adjointe de l'ARS locale) a précisé que « des investigations sont en cours autour de ces trois cas, ce ne sont pas des cas avérés pour l'instant. Le personnel médical et les patients qui ont été au contact du premier patient ont été isolés pour une période de 10 jours correspondant au délai d'incubation du virus ».
Si les cas suspects sont confirmés, il s'agirait du 4eme cas de transmission interhumaine : 2 épisodes transmissions nosocomiales (Jordanie avril 2012, Arabie Saoudite avril et mai 2013) et un cluster familial (Grande Bretagne février 2013).

Lille, France —Un homme de 65 ans qui a séjourné à Dubaï du 9 au 17 avril 2013 a été hospitalisé à Valenciennes, puis à Douai et désormais à Lille en raison d'une infection par le nouveau coronavirus (nCoV) qui sévit actuellement dans les pays du Moyen Orient. « Il s'agit du premier et seul cas confirmé en France à ce jour», a indiqué Marisol Tourraine, Ministre de la Santé à l'occasion d'une conférence de presse qui s'est tenue le 8 mai à Paris [1]] [2].

Des signes digestifs au retour d'un séjour à Dubaï


A son retour d'un voyage d'agrément avec des proches aux Emirats, le patient s'est présenté le 22 avril aux urgences de Valenciennes en raison de troubles digestifs. Il a été hospitalisé immédiatement. «A ce moment-là, il ne présentait pas de problèmes respiratoires», a précisé Sandrine Segovia Kueny, directrice générale adjointe de l'Agence régionale de santé (ARS) qui a ajouté que le patient était habituellement suivi dans cet hôpital pour une pathologie chronique.

Six jours plus tard, il a été transféré à Douai en raison d'une défaillance respiratoire. Le diagnostic d'infection par le coronavirus nCoV a été confirmé le 7 mai.

C'est finalement au CHU de Lille qu'il a été hospitalisé le 8 mai en service de réanimation, comme l'a indiqué le Dr Patrick Goldstein, chef du service du Samu 59 lors d'une conférence de presse à l'Agence régionale de Santé (ARS) à Lille. Il a été mis sous assistance circulatoire périphérique en raison d'une détresse respiratoire.

Des formes sévères et d'autres moins graves


Le nouveau virus nCoV a été identifié en Arabie saoudite en septembre 2012, chez deux patients qui avaient présenté respectivement en juin et septembre 2012 une pneumopathie sévère.

L'infection à nCoV se manifeste par une fièvre et des signes respiratoires pouvant se compliquer par un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Cependant, un cas avec une forme bénigne de la maladie (syndrome pseudo-grippal) a été décrit en Angleterre. La période d'incubation est actuellement estimée à 10 jours.?

Par la suite, d'autres cas d'infection ont été détectés en Arabie saoudite, en Jordanie, au Royaume-Uni et en Allemagne (7 en Europe). La plupart des personnes atteintes «ont séjourné, avant la survenue de symptômes, dans un des pays de la péninsule arabique ou dans les pays limitrophes», zone «plus particulièrement confrontée à ce risque», souligne le ministère de la Santé.

Au total au 8 mai 2013, 31 cas confirmés dans le monde - dont le cas français - ont été notifiés à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis septembre 2012 et 18 personnes sont décédées après avoir contracté ce virus, dont 11 en Arabie saoudite.

Une surveillance internationale et nationale


Suite à cette découverte, une surveillance a été mise en place sous la coordination de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'European Centre for Disease prevention and Control (ECDC) afin de détecter d'autres cas éventuels. [5] [6]

En France, cette surveillance, mise en place par l'Institut de Veille Sanitaire, a permis d'identifier depuis le 1er octobre 2012, 9 patients répondant à la définition de cas, qui ont été testés négatifs pour le coronavirus [2].

Le Haut Conseil de la Santé Publique a émis le 19 mars 2013 un avis sur la prise en charge des patients suspects d'infection par le nCoV [3] [4].

Recherche des contacts


«Ce qui va se passer maintenant, c'est la recherche de cas contact dans son entourage et chez les soignants qui l'ont pris en charge », précise-t-on au Ministère de la Santé.

«Les données disponibles à ce jour indiquent une possible transmission interhumaine du virus», indique le Ministère sur son site internet. Deux cas, rapportés par les autorités sanitaires britanniques, n'avaient pas voyagé dans les pays à risque. Ils avaient été en contact avec un même cas confirmé, qui avait voyagé au Pakistan et en Arabie Saoudite.

«Cependant, plusieurs éléments plaident en faveur d'une contagiosité relativement faible de ce virus», ajoute le Ministère.

Conduite à tenir en pratique

Cas possible:

a) Toute personne ayant voyagé ou séjourné dans les pays listés ci-dessous, qui, au cours des 10 jours après son retour, a présenté:

  • des signes cliniques et/ou radiologiques de détresse respiratoire aiguë (SDRA) ou d'infection du parenchyme pulmonaire, incluant une fièvre =38°C et de la toux,

  • sans autre étiologie identifiée pouvant expliquer la pathologie.

b) Tout contact (ex. famille, soignants) d'un cas possible ou confirmé, ayant présenté une infection respiratoire aiguë quelle que soit sa gravité, dans les 10 jours suivant le dernier contact avec le cas possible/confirmé pendant que ce dernier était symptomatique.

Tout cas suspect doit être déclaré sans délai à :

  • l'ARS de la région où il a été identifié, via la plateforme régionale de recueil des signalements,

  • et l'InVS par courriel (alerte@invs.sante.fr) ou par téléphone (astreinte 24h/24) : 08 20 42 67 15. Le classement en cas possible sera alors fait par l'InVS en lien avec le clinicien déclarant.

L'ARS assure une transmission de l'information à la DGS au titre des évènements sanitaires inhabituels de nature particulière.

Le numéro vert d'information grand public 0 800 13 00 00 est joignable du lundi au samedi, de 9h à 19h.


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