Ménopause : consensus international sur l'hormonothérapie substitutive

Aude Lecrubier, Jennifer Garcia

Auteurs et déclarations

26 mars 2013

Ménopause: consensus international sur l'hormonothérapie substitutive

Sept sociétés savantes internationales font le point sur le traitement hormonal de la ménopause. Elles recommandent de le débuter avant 60 ans ou dans les 10 ans qui suivent la ménopause.
26 mars 2013

Cape Town, Afrique du Sud-Un nouveau consensus international d'experts sur le traitement hormonal de la ménopause (THM) confirme l'importance du « timing » précoce de la prescription [1].

La nouvelle feuille de route en onze points est publiée dans l'édition d'avril du journal Climateric et dans Maturitas.

Pour les 7 sociétés savantes internationales spécialistes de la ménopause et de la santé de la femme qui ont compilé l'état des connaissances sur le THM, le traitement hormonal est « le traitement le plus efficace des symptômes de la ménopause » et « son rapport bénéfice-risque est positif s'il est prescrit avant 60 ans ou pendant les 10 ans qui suivent la ménopause.»

Les auteurs, Tobie J. de Villiers (MediClinic Panorama, Stellenbosch University, Cape Town, Afrique du Sud) et coll. insistent également sur l'importance de l'individualisation du traitement concernant la dose et la durée. Ils rappellent, aussi, que les facteurs de risques comme « le risque thromboembolique veineux, d'AVC, de maladie cardiaque ischémique ou de cancer du sein » doivent guider la décision de traiter.

Les principales conclusions du consensus d'experts


Ce consensus international est le fruit d'un travail collaboratif des sociétés savantes suivantes :

  1. The American Society for Reproductive Medicine;

  2. The Asia Pacific Menopause Federation ;

  3. The Endocrine Society ;

  4. The European Menopause and Andropause Society ;

  5. The International Menopause Society ;

  6. The International Osteoporosis Foundation ;

  7. The North American Menopause Society.

Des recommandations en onze points :

  1. Les bénéfices du traitement hormonal substitutif dépassent les risques s'il est prescrit avant 60 ans ou pendant les dix ans qui suivent la ménopause.

  2. Le THM a montré un intérêt dans la prévention des fractures ostéoporotiques chez les femmes à risque avant l'âge de 60 ans ou pendant les dix ans qui suivent la ménopause.

  3. La revue de la littérature des essais cliniques randomisés et des études observationnelles montre qu'une monothérapie à base d'oestrogènes aux doses classiques peut abaisser le risque de maladie coronarienne et la mortalité toute cause chez les femmes de moins de 60 ans ou dans les 10 ans qui suivent la ménopause.

  4. Une oestrogénothérapie locale à faible dose est préférée chez les femmes dont les symptômes sont limités à une sécheresse vaginale ou à un inconfort pendant les rapports sexuels.

  5. Une bithérapie associant des œstrogènes et un progestatif est requise, mais en cas d'hystérectomie, une monothérapie à base d'oestrogènes suffit.

  6. La décision d'opter pour un THM est propre à chaque femme. Elle repose sur les priorités en termes de qualité de vie et de santé et sur les facteurs de risques personnels comme l'âge, le délai depuis la ménopause, les risques thromboemboliques veineux, d'AVC, de maladie cardiaque ischémique et de cancer du sein.

  7. Le THM oral augmente le risque thromboembolique veineux et le risque d'AVC ischémique mais il est rare chez les femmes de moins de 60 ans.

  8. L'utilisation de THM associant des œstrogènes et un progestatif a été associée à un sur-risque de cancer du sein. Le risque semble lié à la durée du traitement. Il est faible et diminue après l'arrêt du traitement.

  9. L'utilisation de l'hormonothérapie bio-identique issue de préparations magistrales personnalisées n'est pas recommandée.

  10. Chez les femmes qui souffrent d'une insuffisance ovarienne précoce, un THM par voie orale est recommandé au moins jusqu'à l'âge moyen de la ménopause naturelle (entre 50 et 52 ans).

  11. Le THM ne devrait pas être prescrit aux femmes qui ont un antécédent de cancer du sein.

Les auteurs ont indiqué que les recommandations seraient actualisées en fonction des résultats des études.

En France, l'actualisation 2008 des recommandations Anaes (HAS) / Afssaps de 2004[2], rejoint, dans les grandes lignes, les conclusions de ce consensus international : « le THM reste indiqué chez la femme ménopausée présentant des troubles fonctionnels liés à la ménopause et altérant sa qualité de vie. Il doit être prescrit à la dose minimale efficace, pour la durée la plus courte possible, dans le respect des précautions d'emploi et des contre-indications. » Dans tous les cas, l'agence française rappelle que toutes les femmes traitées par THM doivent bénéficier d'une ré-évaluation régulière de leur traitement, au moins une fois par an.

Ce sujet a fait l'objet d'une publication dans Medscape.com

Les auteurs n'ont pas rapporté de liens d'intérêts. Les frais associés à la réunion de consensus ont été pris en charge par les sociétés savantes participantes.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....