Plus de cholestérol pendant l'hiver

Stéphanie Lavaud

14 mars 2013

San Fransisco, Etats-Unis - Le cholestérol occupe le devant de la scène ces derniers temps. Alors que les seuils de LDL pourraient être remis en cause et que la nécessité de traiter une hypercholestérolémie fait débat, une étude brésilienne présentée au congrès de l'American College of Cardiology 2013 (mais non encore publiée) vient encore compliquer la donne [1]]. Elle confirme, en la précisant, une notion déjà connue : les taux de cholestérol sanguin varient selon les saisons avec un pic pendant les mois d'hiver [2]. Difficile cependant d'envisager de faire fluctuer le traitement selon la période de l'année...C'est néanmoins une notion à avoir à l'esprit au moment de calculer le risque cardiovasculaire du patient.

On sait que le nombre de décès cardiovasculaire est plus important en hiver - même si une étude récente laissait entendre que ce pic n'était pas lié au climat -, c'est pourquoi une équipe brésilienne s'est intéressée aux variations des taux plasmatiques de cholestérol, en détaillant LDL et HDL.

 
Il faut savoir que ces variations existent quand il s'agit d'estimer le risque cardiovasculaire d'une personne donnée, a fortiori si les valeurs sont proches du seuil maximal. Dans ce cas, une sur-estimation du risque cardiovasculaire est possible - Dr Filipe Moura (Université de Campinas, Brésil)
 

« Il faut savoir que ces variations existent quand il s'agit d'estimer le risque cardiovasculaire d'une personne donnée, a fortiori si les valeurs sont proches du seuil maximal, explique en substance, le Dr Filipe Moura (Université de Campinas, Brésil) qui a mené l'étude. Dans ce cas, une sur-estimation du risque cardiovasculaire est possible. Cela ne veut pas dire qu'il faut tester les patients tout au long de l'année, mais c'est une notion à avoir à l'esprit. »

Des profils lipidiques différents qui tiennent compte aussi des changements d'habitudes

Les chercheurs ont évalué de façon prospective les profils lipidiques de 227 359 individus lors de bilans de santé réalisés par des médecins généralistes dans la ville de Campinas (Brésil) entre 2008 et 2010. Leur analyse a révélé que le LDL cholestérol augmente de 7mg/dL en moyenne (P=0,047), soit une élévation de 8%, pendant l'hiver par rapport à la saison chaude. Les variations entre les mesures maximales et minimales ont été de 7+2 mg/dL pour le LDL-C, 3.4+0.3 mg/dL pour le HDL (P=0,005) et de 12+9 mg/dL pour les triglycérides (P=0,058).

En été, les taux de cholestérol présentent un tout autre profil, avec des taux plus élevés de HDL et de triglycérides, de 9% et 5% respectivement. Des résultats, semble-t-il, en contradiction avec des précédentes données issues de cohortes plus petites, précise le Dr Moura. Une explication possible est que l'étude est la première à se tenir en climat tropical. Mais pour le chercheur, ces fluctuations pourraient être plus prononcées aux Etats-Unis, en Europe ou dans les régions où le climat est plus accentué en été comme en hiver.

Bien sûr, ces résultats s'expliquent probablement en partie par les changements d'habitudes qui accompagnent les saisons, que ce soit en termes d'activités physiques ou d'alimentation -généralement plus grasse et plus calorique en hiver. Sans oublier que la durée réduite du jour pendant les mois les plus froids s'accompagne d'une moindre synthèse de vitamine D que l'on sait être liée à une augmentation du rapport LDL/HDL-C.

« Ces changements de climat et de comportement en fonction des saisons sont susceptibles d'avoir un effet sur le métabolisme des lipides mais aussi la santé cardiaque. D'autres études sont, bien sûr, nécessaires. »

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