Tahor en tête du top 10 des médicaments les plus remboursés

Jacques Cofard

Auteurs et déclarations

19 décembre 2012

Tahor en tête du top 10 des médicaments les plus remboursés en 2011

L'Assurance maladie constate pour la première fois depuis 10 ans une quasi-stagnation de la croissance des remboursements de médicaments. Le Tahor® arrive en tête.
19 décembre 2012

Paris, France - Après les Entreprises du médicament (Leem) [1] et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) [2], c'est au tour de l'Assurance maladie [3] de constater une baisse de la consommation des médicaments, et une quasi-stagnation de l'augmentation de ce poste de dépenses. Mais, alors que le Leem s'en désole, l'Assurance maladie s'en enorgueillit. « Les médicaments ont enregistré pour la première fois en 2011 une stabilité des dépenses avec un taux de croissance limité à 0,2% », annonce la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAM-TS). Les montants remboursés en 2011 atteignent 22,84 milliards d'euros pour 2,64 milliards de boites. Selon l'assurance maladie, les économies réalisés en 2011 sur le poste de dépenses « Médicaments » représentent 1 milliard d'euros…

Les dix médicaments les plus remboursés



Rang
Produit
Classe
Montant remboursé 2011
Taux évolution 2011/2010
1
TAHOR
hypolipémiant
469,3 M €
-2,4 %
2
CRESTOR
hypolipémiant
309,7 M €
9,7 %
3
LUCENTIS
traitement de la DMLA
307,1 M €
29 %
4
SERETIDE
anti-asthmatique
303,3 M €
-0,2%
5
HUMIRA
anti-rhumatismal
289,3 M €
9 %
6
ENBREL
anti-rhumatismal
253,6 M €
-1,9 %
7
DOLIPRANE
antalgique
231,6 M €
12.8 %
8
INEXIUM
anti-acide et anti-ulcéreux
211,7 M €
-35,2 %
9
PLAVIX
anti-agrégant
195,3 M€
-3 %
10
LANTUS
anti-diabétique
194,1 M€
6,5 %

Comme les deux années précédentes, Tahor® reste le médicament le plus prescrit en montant, avec 469 millions d'euros remboursés. Malgré une diminution de 2,4% des dépenses, et une générication en 2012. Sur la deuxième place du podium des médicaments les plus remboursés vient le Crestor®, un autre médicament anti-cholestérol, qui totalise 310 millions d'euros de dépenses. Sa croissance reste forte, et s'élève à 10% en 2011. Le Lucentis®, en 3e position, enregistre la plus forte hausse, à +29%, soit 69 millions d'euros. Le montant remboursé pour ce médicament est de 307 millions d'euros. Doliprane®, 7e médicament le plus remboursé avec 231,6 millions d'euros, a connu une forte hausse de ses dépenses en 2011, avec +12,8%, due en partie au retrait du Di-Antalvic®. Les dépenses de l'Inexium®, en 8e position, décroissent de 35,2% pour s'établir à 211,7 millions d'euros.

Forte hausse des nouveaux anti-diabétiques


Huit classes thérapeutiques se distinguent, avec des remboursements par classe supérieurs à 1 milliard d'euros.

Les anti-hypertenseurs sont les plus remboursés, avec 2,5 milliards d'euros, « suivis des traitements du cancer (1,6 md €) qui passent en 2011 devant les hypolipémiants (1,4 md €) ». L'ANSM faisait une analyse similaire. En termes de croissance des dépenses, ce sont les médicaments anti-diabétiques qui se distinguent, en hausse de 6,8%, soit +78 millions d'euros. « en 2011, Victoza® et Janumet® figurent parmi les 5 produits progressant le plus : respectivement + 54 M€ et +27 M€ », relève la CNAMTS. « Depuis 2008, de nouveaux traitements anti-diabétiques (analogues du GLP1 : Byetta®, Victoza® et inhibiteurs du DPP-IV : Januvia®, Xelevia®, Janumet®...) sont prescrits en association avec d'autres molécules plus anciennes (metformine, sulfamides...). La Haute Autorité de Santé a estimé que ces nouveaux médicaments apportaient peu de bénéfices par rapport aux traitements de référence (ASMR IV ou V) ».

Arrivée des génériques des sartans et d'Inexium®


L'arrivée sur le marché de médicaments génériques des sartans a provoqué une forte baisse des remboursements de la classe des anti-hypertenseurs, en recul 6,2 % soit -144 millions d'euros. La générication d'Inexium® a provoqué, elle aussi, une baisse des dépenses liée à la classe des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) à -6,2%, soit 55 millions d'euros.

Due à une alerte diffusée par l'ANSM, les dépenses des hormones de croissance sont en recul de -18,1%.

Des causes multifactorielles


La stagnation de la hausse générale des dépenses de médicaments est multifactoriel : « Les efforts conjugués des autorités sanitaires et la combinaison des actions engagées dans ce domaine expliquent cette maîtrise progressive des dépenses de médicaments : baisses de prix, promotion des génériques et du bon usage des médicaments, maîtrise médicalisée, mise en place du CAPI (contrat d'amélioration des pratiques individuelles) et de la rémunération sur objectifs de santé publique. »

Mais, parmi cette multitude de facteurs, la baisse des volumes de 0,8 points s'explique, outre une baisse tendancielle constatée depuis de nombreuses années, par les actions mises en oeuvre par les pouvoirs publics. La baisse des tarifs est un autre facteur qui a permis d'économiser 479 millions d'euros, rapporte la CNAMTS. Aussi, les économies liées aux médicaments génériques s'élèvent à 1,4 milliard d'euros.

Hausse des dépenses de médicaments de spécialité


En revanche, les dépenses liées aux médicaments de spécialité continuent leur hausse, à +249 millions d'euros. Autre poste de dépenses en hausse : les prescriptions hospitalières. « Les prescriptions hospitalières délivrées en pharmacies de ville ont progressé de 217 M€, celles des médicaments rétrocédés de 79 M€ et les prescriptions initiales hospitalières de 31 M€, soit + 327 M€ au total. »

La CNAMTS rappelle qu'elle a mis en œuvre des actions ciblées pour contenir les dépenses de médicaments à l'hôpital : la contractualisation avec les établissements les plus prescripteurs, et l'accompagnement de l'ensemble des établissements de santé. Depuis 2010, les ARS font signer des contrats d'amélioration de la qualité et de l'organisation des soins (CAQOS). 42 établissements de santé en ont signé en 2011. Par ailleurs, l'assurance maladie a multiplié les visites, dont leur nombre atteint 9500 au 31 octobre 2012. Enfin, la loi de financement de la sécurité sociale 2013 pérennise les visites collectives à l'hôpital, et baisse le prix des médicaments inscrits sur la liste en sus.

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