Les hémorragies cérébrales d'oedème d'altitude laissent des traces

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

17 décembre 2012

Après oedème cérébral d'altitude, les saignements cérébraux laissent des traces

Les alpinistes qui ont fait un œdème cérébral de haute altitude présentent des traces de microhémorragies cérébrales des années après, selon une petite étude.
17 décembre 2012

Goettingen, Allemagne—Des microhémorragies cérébrales sont encore visibles par IRM des années après un œdème cérébral de haute altitude (OCHA), selon une étude présentée au congrès de la Radiological Society of North America (RSNA) [1].

L'OCHA est une pathologie grave et souvent fatale qui peut affecter toute personne séjournant en haute montagne, généralement au-dessus de 2300 mètres.

Sur le plan physiopathologique, l'OCHA est caractérisé par des hémorragies cérébrales pétéchiales multiples et à un gonflement de la substance blanche. Les symptômes incluent les maux de tête, l'ataxie, les vertiges, les nausées et les vomissements, les troubles de la vue, le comportement inhabituel et les hallucinations.

Le Dr Michael Knauth et coll. (Service de neuroradiologie des CHU de Goettingen et d'Heidelberg, Allemagne) ont comparé les IRM cérébraux de quatre groupes de montagnards : des alpinistes avec des épisodes documentés d'OCHA, des alpinistes qui ont déjà souffert du mal des montagnes, des alpinistes qui ont souffert d'un mal aigu des montagnes sévère (MAM), et des alpinistes qui ont fait un oedème pulmonaire de haute altitude (OPHA) isolé.

Deux neuroradiologues ont évalué les données IRM en aveugle et ont donné un score en fonction du nombre et de la localisation des microhémorragies.

Les résultats des IRM révèlent que sur les 10 alpinistes avec antécédent d'OCHA, huit présentent des microhémorragies visibles sur IRM et les deux autres ont des résultats ambigus. Sur les 26 alpinistes restant, seuls deux ont des microhémorragies identifiables sur les clichés IRM.

Les saignements sont observés principalement dans le corps calleux et ont une distribution différente des autres maladies vasculaires (vascularites…).

« Jusqu'ici, nous ne pensions pas que les OCHA laissaient des traces dans le cerveau des survivants », précisent les auteurs. Toutefois, pour le Dr Knauth, les personnes qui ont fait un OCHA ne doivent pas forcément abandonner l'alpinisme. Il précise : « Nous ne pouvons pas donner une recommandation ferme. Cependant, les adeptes de la montagne qui ont déjà eu un OCHA devraient s'acclimater à l'altitude très doucement [par palier].»

Les auteurs n'ont pas déclaré de liens d'intérêt en rapport avec le sujet.

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