Le MG et les ados au colloque MG France

Dr Catherine Desmoulins

Auteurs et déclarations

4 décembre 2012

Les MG et les ados au colloque MG France

Tabac, contraception, troubles du sommeil, conduites à risque, alimentation...Pour les adolescents, la consultation du médecin traitant est le filet de sécurité qu'il reste à optimiser.
4 décembre 2012

Paris, France - Ni enfants, ni adultes, les adolescents constituent une population à part dont le suivi médical n'est pas optimal. A l'occasion d'un récent Colloque MG France -du nom d'un syndicat de médecins généralistes-, anglé sur la prise en charge de la santé des femmes par les médecins généralistes, une attention particulière a été porté à la santé des adolescentes[1]. En premier lieu à l'accès à la contraception : son absence conduit chaque année à pratiquer environ 30 000 IVG chez des moins de 20 ans. Dans 30% des cas, les jeunes filles ne savaient pas où aller faire une demande d'IVG, seulement 25% d'entre elles avaient été orientées par un professionnel de santé.

Pourquoi ? Pour le syndicat MG France, la prise en charge des adolescentes pourrait être améliorée, d'abord et avant tout si elles étaient mieux informées sur « l'utilisation » de leur médecin traitant. Faire savoir qu'une consultation en secteur 1 avec tiers payant dispense d'une avance de frais, que la pilule sera bientôt remboursée à 100% pour les 15-17ans et que le remboursement ne figurera pas sur l'avis de remboursement des parents. Rappelons qu'à partir de 16 ans, les adolescents peuvent avoir leur propre carte vitale et qu'ils doivent eux-mêmes choisir leur médecin [2].

« Les adolescents consultent en premier lieu leur généraliste, 85% d'entre eux ont vu leur médecin traitant dans l'année » a rappelé le Dr Laure Lefebvre, généraliste (val de Reuil). « La plupart vont bien mais entre 15 et 25 ans, 3 à 8% d'entre eux ont fait au moins une tentative de suicide et de 5 à 10% ont souffert d'un état dépressif. »

Facteurs de risque : l'âge de tous les dangers


Plus généralement, la consultation d'un adolescent pour un certificat d'aptitude au sport par exemple devrait être l'occasion d'aborder la question des facteurs de risque et de leur prévention.

« L'examen clinique est l'occasion d'aborder la transformation du corps, la sexualité, les addictions, les conduites à risque et de jeter un œil sur le carnet de santé » a conseillé le Dr Lefebvre qui propose de réaliser un test rapide de l'exploration du mal-être, tel que le TSTS-CAFARD, proposé par Philippe Binder et al. (Revue du Praticien, 2005) pour démasquer les idées suicidaires.

Test TSTS : traumatologie-sommeil-tabac-stress et CAFARD

T : as-tu déjà eu des blessures ou un accident (même anodin) cette année ?

S : as-tu des difficultés à t'endormir le soir ?

T : as-tu déjà fumé ?

S : es-tu stressé par le travail scolaire ou ta famille ou les 2 ?

A chaque question positive obtenue, il est proposé d'ajouter une question complémentaire (acronyme CAFARD) :

C : fais-tu des cauchemars ?

A : as-tu été victime d'une agression physique ?

F : fumes-tu tous les jours du tabac ?

A : es-tu souvent absent ou en retard à l'école ?

R D : as-tu un ressenti désagréable dans ta famille ?

La moitié des adolescents ayant fait une tentative de suicide mentionnaient 3 réponses positives au CAFARD.


La consommation de tabac est le premier facteur de risque chez les jeunes, on dénombre 40% de fumeurs réguliers chez les 16-25 ans, la France faisant figure de mauvais élève comparativement à d'autres pays européens selon une étude de l'OMS. Sujet d'inquiétude chez les cardiologues qui voit le nombre d'infarctus chez les femmes jeunes augmenter : le tabagisme chez les jeunes filles qui dépasse celui des garçons du même âge. Selon une enquête menée par la Fédération Française de Cardiologie au printemps dernier, 35% des filles de 10 à 15 ans ont déjà essayé la cigarette.

La consommation d'alcool, présente chez 16% des 16-25 ans en 2005 et les « binge drinking » ou « bitures express » sont un autre sujet à aborder en consultation, tout comme la qualité de l'alimentation, du sommeil.

Comment dialoguer avec un ado?


Autant d'évidences mais comment dialoguer avec un ado? Comment établir un lien de confiance  dans le temps imparti à la consultation ?

L'Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) dans un document réservé aux professionnels de santé donne une liste de conseils pour dialoguer avec un adolescent [3]. L'Institut recommande, entre autres, d'avoir anticipé cette consultation pour être capable de fournir des adresses et numéros de téléphone utiles (planning familial, gynécologue, psychiatre…). Reste ensuite à savoir comment se positionner vis-à-vis de l'adolescent pour faciliter le dialogue tout en gardant la distance d'une position de soignant. Cela passe parfois, aussi par une interrogation sincère sur sa propre façon de considérer l'adolescence.

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