Contraception définitive ambulatoire : 97 % de satisfaction à 1 an

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

12 octobre 2012

Contraception définitive ambulatoire : 97 % de satisfaction à 1 an

La contraception définitive reste marginale en France. Pourtant, l'étude SUCCES II montre un taux de satisfaction de 97% avec le « stenting » tubaire ambulatoire Essure®.
12 octobre 2011

Tarbes, France - Selon des résultats intermédiaires de l'étude observationnelle SUCCES II, 97% des 2 500 femmes françaises incluses ayant opté pour une contraception définitive par la méthode hystéroscopique Essure® se déclarent « très satisfaites » un an après la pose de l'implant, a indiqué le Dr Pierre Panel, chirurgien gynécologue au centre hospitalier de Versailles, lors des 26èmes Journées Infogyn[1], organisées à Tarbes la semaine dernière.

Seulement 1% des méthodes de contraception en France


La stérilisation reste marginale en Europe, comparativement à l'Amérique du Nord. Elle représente, en 2009, 3,1% des méthodes contraceptives utilisées par les femmes européennes en couple, âgées de 15 à 49 ans, selon des données des Nations Unies [2]. Les taux varient de 0% pour la Pologne à 8% pour le Royaume-Uni et près de 14% pour la Suisse. Des chiffres encore loin des 22% affichés par le Canada.

En France, selon une enquête TNS Sofres réalisée en 2008 pour l'équipe du Dr Panel auprès de 6.000 femmes, âgées de 15 à 45 ans, la stérilisation représente seulement 1% des méthodes de contraception choisies. La pilule oestro-progestative reste la méthode majoritaire, utilisées par 83% des 18/24 ans, une proportion qui se réduit avec l'âge, se maintenant tout de même à 42% chez les 40/45 ans. Pour cette tranche d'âge, la stérilisation et le stérilet représentent respectivement 3% et 35% des méthodes.

2 options pour la stérilisation définitive

La stérilisation tubaire s'effectue par voie coelioscopique (ligature des trompes) ou par voie hystéroscopique, avec la méthode Essure®. Cette méthode consiste à obturer les trompes en y insérant un cathéter. La réaction tissulaire provoquée par l'implant bouche ensuite les trompes en trois mois, ce qui nécessite l'utilisation pendant cette période d'une autre méthode contraceptive. La pose de l'implant a l'avantage d'être réalisée en ambulatoire et sans anesthésie.


97% des femmes très satisfaites à un an


L'étude SUCCESS II, qui a inclus 2 500 patientes en mai 2011, avait pour objectif de suivre pendant cinq ans les femmes ayant eu recours à la méthode Essure®. L'âge médian des patientes est de 41 ans.

« Près de 95% des stérilisations ont été réalisées entre 35 et 47 ans. Il s'agit de femmes ayant eu pour la plupart un à deux enfants, mais quelques-unes n'en avaient pas », précise le gynécologue.

« Ces femmes avaient des difficultés contraceptives, puisque 11% d'entre elles n'avaient aucune contraception et seulement 9% portaient un stérilet, alors que pour cette tranche d'âge, le stérilet représente en moyenne un tiers des méthodes employées », ajoute-t-il.

Selon les premiers résultats de l'étude, il est observé « un fort taux de satisfaction ». En fin de pose du dispositif, les deux tiers (66%) se sont montrées très satisfaites, 31% satisfaites et 3% peu satisfaites en raison d'un échec de pose. Lors de la révision à trois mois pour vérifier l'obturation de la trompe, 79% des patientes étaient très satisfaites et le taux passe à 97% à un an. « Une satisfaction inégalée par rapport aux autres méthodes de contraception », affirme le Dr Panel.

Quelques grossesses exceptionnelles dues à un non-respect de la procédure


Quelques grossesses ont pu été observées après contraception permanente, « mais elles restent exceptionnelles ». Aux Etats-Unis, une étude a rapporté 64 grossesses sur 50 000 procédures [3]], tandis qu'une autre, menée aux Pays-Bas, indique 10 grossesses sur 6 000 procédures [4], cite le Dr Panel. En France, sur plus de 33 000 procédures, 36 grossesses ont été rapportées, soit un taux de 1,07 grossesse sur 1 000 interventions, selon une enquête rétrospective réalisée en 2010, à l'initiative du chirurgien.

Les grossesses sont généralement dues à « un non-respect de la procédure ». Dans un tiers des cas, l'enquête a révélé que la patiente n'avait pas pris de contraception dans les trois mois qui suivent la pose de l'implant, période pendant laquelle l'ovule peut encore circuler à travers la trompe, ou ne s'était pas présentée au contrôle. Le non-respect du protocole par le chirurgien et l'erreur d'interprétation lors du contrôle sont responsables de la moitié des cas d'échec de la contraception.

Désir de grossesse marginal


Depuis la première opération en 1998, près de 100 000 stérilisations ont été réalisées en France. « A partir de 2007, le nombre de stérilisation a augmenté, avec une forte hausse des stérilisations hystéroscopiques, devenues majoritaires en 2009 », indique le Dr Panel. Une inversion probablement en lien avec les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) de 2007, qui précisent que « Essure ® peut être proposé en première intention comme technique de stérilisation définitive et irréversible » [5].

Pour évaluer le taux de regret des femmes ayant eu recours à la contraception définitive, l'équipe du Dr Panel s'est penchée sur les données du  Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) enregistrées entre 2006 et 2009. Au total, sur les quatre années, seul 0,1% des femmes ayant opté pour la méthode Essure® ont cherché à obtenir une grossesse, par assistance médicale à la procréation (AMP) ou re-perméabilisation des trompes. Pour la ligature tubaire, ce taux est inférieur à 0,5%.

Le taux de grossesse après re-perméabilisation était nul dans le cas d'Essure®, alors qu'il s'élève à 11,4% après ligature des trompes. L'AMP s'est, par contre, révélée plus efficace après la pose d'implant, puisqu'une grossesse était obtenue pour 12,5% des femmes, contre 5,3% après ligature.

« Il n'y a pas moins de grossesses après l'une ou l'autre méthode, mais, vu la difficulté à être à nouveau enceinte, il faut considérer ces deux méthodes comme irréversibles », souligne le Pr Panel.

Selon lui, il faut respecter le choix des femmes qui « savent ce qu'elles veulent lorsqu'elles ont pris cette décision ». Toutefois, « il est recommandé de n'envisager cette méthode chez les femmes jeunes ou nullipares qu'avec la plus grande réserve et la plus grande précaution », affirme-t-il, les moins de 30 ans étant les plus amenées à regretter. Dans 86% des cas, les regrets exprimés par les femmes stérilisées font suite à un changement marital.

Pour l'instant, remboursement à 100% pour les femmes > 40 ans


La méthode Essure® est prise en charge à 100% (implant et acte) par l'assurance maladie. Depuis octobre 2010, l'acte médical n'est plus remboursé pour les femmes de moins de 40 ans, sauf en cas de contre-indication majeure aux contraceptions hormonales ou aux dispositifs intra-utérins et en cas de pathologie contre-indiquant la grossesse.

Cette limite d'âge pourrait bientôt disparaitre puisque, dans un avis relatif à une extension de la prise en charge du dispositif médical Essure®, publié le 25 septembre dernier, l'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (Unocam) s'est dite favorable à la proposition de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) de « supprimer la condition d'âge minimum dans l'indication d'Essure® ».


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