SRAS : deux cas d'infections très graves par un nouveau coronavirus

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

26 septembre 2012

Un nouveau coronavirus responsable de deux cas de SRAS au Moyen-Orient

L'OMS alerte sur la survenue de 2 cas d'infections respiratoires de type SRAS par un nouveau coronavirus. Le virus contracté au Moyen-Orient a déjà fait un mort mais semble peu contagieux.
26 septembre 2012

Londres, Grande Bretagne—Deux cas d'infections par un nouveau coronavirus proche du virus responsable du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ont été rapportés entre juillet et septembre 2012. Le premier cas a été confirmé chez un patient saoudien qui est décédé depuis. Le second cas a été confirmé chez un patient qatari de 49 ans, auparavant en bonne santé, qui avait récemment voyagé en Arabie Saoudite. Il est actuellement hospitalisé en soins intensifs à Londres. Quelques autres cas suspects de maladies respiratoires graves ont été recensés au Moyen-Orient mais sans aucun lien avéré entre eux.

Les coronavirus, qui tiennent leur nom de leur couronne, ont été identifiés dans le milieu des années 1960. Ils sont assez fragiles, et à l'extérieur du corps, leur temps de survie n'est que d'environ 24 heures. Ils sont facilement détruits par les détergents et produits de désinfection classiques.

La Health Protection Agency (HPA) britannique et le groupe Global Alert and Response (GAR) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) font le point sur la situation dans deux communiqués publiés le 24 septembre [1,2]

Deux cas d'infections respiratoires graves dont une mortelle


Tout comme le SRAS, les deux cas d'infections par ce nouveau virus sont graves et ciblent principalement les poumons. Fièvre, toux, respiration courte et gêne respiratoire sont les principaux symptômes. « A ce stade, il n'est pas possible de savoir si ces deux cas isolés sont typiques ou si le virus pourrait être plus répandu, induire des maladies moins sévères et ne provoquer que rarement des infections graves. […] Il n'existe que peu d'informations sur l'impact clinique, la transmission et la sévérité associés à ce stade  », reconnait le communiqué de la HPA.

La virulence des coronarovirus est connue pour varier considérablement, certains coronavirus peuvent provoquer un simple rhume alors que d'autres sont mortels.

Entre 2002 et 2003, plus de 8000 cas de SRAS sont survenus principalement en Asie orientale et ont fait près de 800 morts. Ce taux de mortalité, proche de 10%, était exceptionnellement élevé.

Pas encore de recommandations pour un virus qui semble peu contagieux


A ce stade, l'HPA reconnait ne pas être en mesure de donner des recommandations de traitement spécifiques. Elle est néanmoins en cours d'élaboration d'une feuille de route, en liaison avec l'European Center for Disease Control (ECDC) pour les professionnels de santé et pour renforcer la surveillance.

Chez le patient londonien, le protocole standard de traitement des infections respiratoires graves est actuellement utilisé. Et, toutes les mesures d'isolement et d'hygiène ont été mise en œuvre même si le virus semble peu contagieux : « la transmission semble très limitée. S'il était très contagieux, nous nous serions attendus à voir plus de cas dans d'autres pays ou chez le personnel soignant qui a été en contact avec ces deux cas, sachant que le premier est survenu il y a plus de 3 mois ».

Seuls deux cas ont été confirmés à ce jour, l'OMS ne recommande donc pas de restreindre les déplacements au Moyen-Orient.

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