Près d’un quart des adolescents américains pratiquerait le sexting

Aude Lecrubier, Fran Lowry

Auteurs et déclarations

16 juillet 2012

Le sexting est une pratique plus courante qu'on ne le pense chez les adolescents

Deux études américaines montrent que près d'un quart des adolescents ont déjà envoyé des textes ou des photographies à caractère sexuel via leur téléphone portable.
16 juillet 2012

Gavelston, Etats-Unis - Le « sexting » : envoi électronique de textes ou de photographies à caractère sexuel, principalement par le biais des téléphones portables, toucherait 20 à 25% des adolescents aux Etats-Unis, selon deux études publiées très récemment.

La première étude, menée par le Dr Donald Strassberg et coll. du département de psychologie de l'université de l'Utah (Etats-Unis) auprès de lycéens âgés de 15 à 17 ans a été publiée le 7 juin dans les Archives of sexual behavior[1]. Les questionnaires anonymes distribués aux 606 lycéens d'une école privée ont montré que près de 20 % des adolescents ont déjà pratiqué le sexting par téléphone portable. En moyenne, un tiers des filles et la moitié des garçons ont déjà reçu des sextos et 18% des garçons et 17% des filles en ont déjà envoyé.

L'autre étude, publiée dans les Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, le 2 juillet et menée par des chercheurs de l'université du Texas Medical Branch (Galveston, Etats-Unis) a porté sur 7 écoles secondaires du secteur public [2]. En tout, 948 lycéens de 14 à 19 ans dont 55,9% des filles ont fourni des informations sur leurs histoires amoureuses, leurs comportements sexuels et le sexting. L'échantillon comprenait 26,6% d'afro-américains, 30,3% de blancs, 31,7% d'hispaniques, 3,4% d'asiatiques et des adolescents d'autres ethnies (8%).

Les résultats de l'étude montrent que 28% des adolescents ont déjà envoyé une photo d'eux-mêmes dénudés par voie électronique. En outre, 21% des filles et 46% des garçons ont déjà demandé à un autre adolescent de leur envoyer une photo de lui, nu.

Enfin, 68% des filles et 42% des garçons ont rapporté qu'il leur avait été demandé d'envoyer une photo d'eux nus. Plus de la moitié des filles était « très agacée » par cette demande alors que les garçons l'étaient moins, plus de la moitié était, toutefois, au moins « un peu ennuyée ».

Dans ce dernier travail, les chercheurs ont démontré que l'envoi de sextos était plus fréquent chez les adolescents ayant une activité sexuelle (P<0.001).

« Le sexting est assez courant chez les adolescents et les adolescents qui s'adonnent au sexting ont plus souvent une activité sexuelle. En d'autres termes, le sexting est un indicateur relativement fiable de l'activité sexuelle, bien qu'il ne soit pas nécessairement une cause ou une conséquence, juste une association », a indiqué l'auteur de l'étude, le Dr Jeff R. Temple, principal de la deuxième étude, à l'édition internationale de Medscape.

En parler avec les adolescents


Le Dr Temple conseille aux médecins d'aborder le sujet avec leurs patients adolescents : « Après avoir reconnu que le sexting est assez courant chez les adolescents, je suggèrerais de parler avec le patient des conséquences légales et sociales du sexting et de leur demander leur retour sur cette question. »

Aux Etats-Unis, des personnes âgées de 16 ans et de 17 ans ont été arrêtées et accusées de possession de matériel pédo-pornographique en janvier 2009 suite à la diffusion de photographies de nus entre eux. Et cette pratique n'est pas plus autorisée chez les adolescents français (article du code pénal 227-23 et 227-24).

Autre conséquence tragique du sexting, aux Etats-Unis, une jeune femme de 18 ans, Jessica Logan, s'est suicidée en 2008 après que son petit ami ait diffusé dans son lycée des photos d'elle dénudée.

Le Dr temple espère « plus que tout, que la communication autour des résultats de cette étude encouragera aussi les parents à parler avec leurs enfants du sexting et des pratiques sexuelles qui ne sont pas à risque. »

Dans un éditorial accompagnant l'article, les Drs Megan A. Moreno (Université du Wisconsin-Madison) et Jennifer M. Whitehill (Université de Washington, Seattle) ajoutent que « les pédiatres ont de nouvelles opportunités d'interroger leurs patients sur les réseaux sociaux, et de poser, notamment, des questions sur le temps qu'ils passent dans cet environnement. « Discuter des réseaux sociaux avec les patients peut permettre d'identifier des conduites à risque pour la santé. 

Pour les adolescents qui ne paraissent pas vouloir renoncer au sexting: ne jamais associer son visage au reste du corps nu ou envoyer la photo par des applications de type fancysnap qui l'autodétruisent au bout de 3 à 15 secondes, sont quelques moyens de se protéger.

Cet article a été originalement publié sur Medscape.com le 3 juillet 2012; adapté et complété par Aude Lecrubier.

Les Dr Temple, Moreno et Whitehill n'ont pas déclaré de liens d'intérêt en rapport avec le sujet.

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