Roche arrête le développement du dalcetrapib, inhibiteur du CETP

Dr Catherine Desmoulins

7 mai 2012

Bâle, Suisse - Les laboratoires Roche ont annoncé aujourd'hui qu'ils arrêtaient le développement du dalcetrapib, inhibiteur du CETP. Cette décision fait suite à l'interruption, pour cause d'absence de résultats significatifs, de l'essai de phase III dal-OUTCOMES. Le comité de sécurité et de pilotage indépendant de l'essai (DSMB) qui a conseillé d'arrêter l'étude, précise que « la décision n'est pas due à des questions de sécurité, aucun signal de sécurité n'étant apparu ».

Dal-OUTCOMES évaluait l'efficacité et la sécurité du dalcetrapid en complément d'un traitement de prévention secondaire optimal après un syndrome coronaire aigu (SCA). Il devait randomiser environ 16 500 patients entre 600 mg/j de dalcetrapid versus placebo, en débutant 4 à 12 semaines après un SCA index.

L'essai faisait partie du programme de développement du produit qui comprenait les études dal-PLAQUE (terminé), dal VESSEL (terminé), dal-ACUTE, dal-PLAQUE2 et dal-OUTCOME2.

« Vouloir réduire le risque résiduel au-delà du bénéfice apporté par les statines est un objectif ambitieux, nous en étions conscients dès le départ avec le dalcetrapid » a expliqué le Dr Hal Barron, responsable global du développement. « Nous avons été déçu de constater que le produit n'apportait pas de bénéfice supplémentaire aux patients dans l'étude ». Le Dr Barron précise que la recherche de produits innovants en cardiovasculaire des laboratoires Roche ne s'arrête pas pour autant.

La voie du CETP et du HDL

Après avoir validé la question de la sécurité dans l'essai dal-VESSEL, c'est donc par manque d'efficacité que le dalcetrapid pêche.

Rappelons que le premier représentant de la classe des inhibiteurs du CETP, le torcetrapib (laboratoire Pfizer) combiné à une statine (atorvastatine) dans ILLUMNATE chez des patients à risque vasculaire modéré, avait, non pas réduit, mais majoré les événements vasculaire et la mortalité. L'origine de cet effet toxique du torcetrapib n'était pas liée à la production d'un HDL de mauvaise qualité (l'une des hypothèses) mais à des effets non ciblés du médicament résultants de l'augmentation de la sécrétion d'aldostérone.

Deuxième échec, donc, pour cette classe thérapeutique mais deux inhibiteurs du CETP restent encore en développement : l'anacetrapib (Merck) et l'evacetrapib (Lilly).

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....