Le fructose, un sucre aux effets métaboliques particuliers

Dr Brigitte Blond

Auteurs et déclarations

12 avril 2012

Le fructose, un sucre aux effets métaboliques particuliers

Le fructose, qui a inondé le marché des boissons sucrées, majore-t-il le risque cardiovasculaire? Le Dr Salwa Rizkalla, nutritionniste, explique ce qu'il faut savoir sur les effets dose de ce sucre.
12 avril 2012

Paris, France - Le fructose a littéralement inondé le marché des boissons sucrées ces dernières années. Une présence accrue qui va de pair avec l'épidémie d'obésité et de diabète dans le monde. "Certains voient dans ce parallélisme épidémiologique une corrélation qu'il convient à l'évidence de réévaluer" a estimé le Dr Salwa Rizkalla, nutritionniste, Inserm U872, Hôpital Pitié-Salpêtrière (Paris), à l'occasion des Journées de Nutrition Pratique 2012. [1]

Un effet sur les triglycérides et la lipogenèse

Le fructose est, pour un tiers des glucides totaux aux Etats-Unis, apporté par les boissons sucrées. En Europe, il l'est spécifiquement par le sucre, c'est-à-dire le saccharose (glucose +fructose).

Une forte dose de fructose (25 % des glucides totaux) sur une période prolongée, de 10 semaines, favorise effectivement la production de triglycérides hépatiques et la lipogenèse de novo (ce qui n'est pas le cas du glucose). L'augmentation conséquente du taux de VLDL est à l'origine d'une hypertriglycéridémie, toujours en cas d'ingestion chronique, de fortes doses de fructose.

Par ailleurs, l'infusion aiguë de fructose entraîne une résistance hépatique et extra-hépatique à l'insuline chez des sujets sains.

Des vertus à petites doses

Son pouvoir sucrant est supérieur de 60 % à celui du saccharose, ce qui permet d'en utiliser moins pour une saveur sucrée identique et d'absorber moins de calories.

Parce que les premières étapes de son métabolisme ne requièrent pas d'insuline et qu'il élève peu la glycémie, le fructose est particulièrement précieux pour les diabétiques. Avantage au fructose là encore, sa consommation, par les fruits essentiellement en Europe, est synonyme d'apports d'antioxydants, réputés améliorer le statut cardiovasculaire.

On a ainsi démontré que chez les enfants diabétiques de type 1, un apport de 30 g de fructose par jour (en remplacement du sucre) réduisait la glycosurie et l'hémoglobine glyquée. Chez les diabétiques de type 2, il améliore la sensibilité à l'insuline et la tolérance au glucose.

"L'absorption de fructose seul, ou associé au glucose, rapporte le Dr Rizkalla, facilite l'oxydation du glucose, et le muscle est alors régulièrement perfusé en carburant à l'effort, Le fructose est par conséquent conseillé aux sportifs". Son index glycémique intermédiaire, entre celui de l'amidon et du glucose, le recommande aux diabétiques comme aux personnes soucieuses de contrôler leur glycémie, à doses modérées toujours. Pris avant le repas, il diminue l'appétit. Avec de l'alcool, il en réduit le taux dans le sang.

Des effets dose dépendants

- Pour des doses journalières < 100 g, la consommation de fructose (en substitution du sucre) ne peut être mise en relation avec une prise de poids.

- Quand la consommation est > 100 g/j, le fructose (comme les autres sucres) peut augmenter la résistance à l'insuline.

< 50 g/j, le fructose ne peut pas être corrélé à une élévation des triglycérides ou une résistance à l'insuline;

< 30g/j, le fructose ne peut pas être corrélé à une élévation de la glycémie.


Reste à savoir quelle quantité de fructose est présente dans les boissons sucrées et si le consommateur de boissons sucrées, y compris en Europe ou en France, reste en dessous de la dose de 100 mg/j…

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