L'activité physique module la prédisposition génétique à l'obésité de 50%

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

19 mars 2012

La génétique supplantée par l'hygiène de vie dans l'obésité

Dans l'obésité, la génétique n'a rien d'une fatalité. Son influence peut être modulée de moitié par le style de vie adopté, dans le sens d'une amélioration ou d'une aggravation.
19 mars 2011

San Diego, Etats-Unis - Dans l'obésité, la génétique ne fait pas tout. L'hygiène de vie compte aussi pour beaucoup. Ainsi, trop regarder la télévision pourrait influencer négativement la prédisposition génétique à l'obésité. Mais cette dernière pourrait, à l'inverse, être contrée par une heure de marche rapide par jour. Telles sont les données rapportées par une équipe de chercheurs lors du Congrès d'épidémiologie, prévention/nutrition, activité physique et métabolisme de l'American Heart Association[1].

Alors que la plupart des études se sont intéressées jusqu'à présent à l'influence de l'activité physique sur la prédisposition génétique à l'obésité, cette étude est la première à avoir recherché l'effet direct d'un comportement sédentaire, comme regarder la télévision, sur l'index de masse corporel (IMC) d'individus présentant une prédisposition génétique à l'obésité, selon le chercheur et premier auteur, Qibin Qi (département de Nutrition, Ecole de santé publique d'Harvard, Boston).

Un score fondé sur 32 variants génétiques et rapporté à l'IMC

L'étude a inclus 7 740 femmes et 4 564 hommes de la Nurses'Health Study et de la Health Professionnals Follow-up Study.

Les chercheurs ont établi un score fondé sur 32 variants génétiques de prédisposition connus. Le score de prédisposition génétique a été calculé pour chaque individu en conjuguant l'indice de masse corporelle (IMC) aux gènes de prédisposition.

Chaque gène de prédisposition accroissant l'IMC était associé à 0,13 kg/m2 d'IMC, avec un effet moindre chez les personnes les plus actives (0,08 kg/m2) par rapport aux plus sédentaires (0,15 kg/m2). Et l'effet génétique global sur l'IMC était plus important sur les personnes regardant la télévision près de 40 heures par semaine par rapport à celles qui n'en étaient pas adeptes (0,34 versus 0,08 kg/m2).

A l'inverse, l'équivalent d'une heure de marche rapide par jour s'est traduit par une réduction de 0,06 kg/m2 du score mesurant l'influence génétique sur l'IMC. Et chaque 2 heures supplémentaires passées quotidiennement devant la télévision étaient associées à une augmentation de 0,03 kg/m2 d'effet génétique sur l'IMC.

« Comme les tests génétiques de prédisposition ne sont pas encore disponibles pour le grand public, mieux vaut interroger les patients sur leur histoire familiale concernant l'obésité », conseille Qi aux médecins, sachant qu'un américain regarde la télévision en moyenne 6 heures par jour.

Le chercheur précise aussi que la fonction des variants génétiques - identifiés au cours des 5 dernières années - et la façon dont ils affectent l'IMC ne sont pas connus. Des études supplémentaires sont donc nécessaires pour mettre à jour ces mécanismes.

L'étude a été financée par le National Institutes of Health. Les auteurs ont rapporté de pas avoir de liens d'intérêt.

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