Le dosage du PSA associé à une meilleure survie après prostatectomie

Becky McCall

Auteurs et déclarations

13 mars 2012

Meilleure survie après prostatectomie pour les cancers détectés par dosage PSA

Le dosage du PSA, en permettant une détection précoce du cancer de la prostate, optimise les résultats de la prostatectomie, selon une sous-étude de l'essai ERSPC.
13 mars 2012

Paris, France - Les hommes dont le cancer de la prostate est détecté suite à un dosage sanguin du Prostate Specific Antigen (PSA) ont une survie sans progression et une survie sans métastase après prostatectomie meilleures que les hommes diagnostiqués par un examen clinique, selon les résultats d'une sous-étude de l'essai European Randomized Study for Screening for Prostate (ERSPC), présentés lors de 27ème édition du congrès de l'European Association of Urology (EAU)[1]

« Les patients ont de meilleurs résultats s'ils sont diagnostiqués par le dosage. Cela signifie que la détection précoce permet au traitement d'être plus efficace », a indiqué l'auteur principal de l'étude, le Dr Stacy Loeb (New York University, Etats-Unis). Elle a précisé, par ailleurs, que plus le volume de la tumeur était petit, plus les résultats de la prostatectomie étaient bons.

Alors que la controverse sur le bien-fondé d'un dosage du PSA de routine est toujours d'actualité, les résultats de cette sous-étude vont dans le sens des premiers résultats de l'étude ERSPC qui ont montré que le dosage du PSA réduisait la mortalité de 20% et le risque de métastases de 41% à 9 ans.

Les arguments contre le dosage PSA, sont les risques de faux positifs, la crainte des effets secondaires des biopsies (infections) et celle du sur-traitement conduisant à des effets secondaires non négligeables (sachant qu'un tiers des cancers localisés sont indolents et n'auront aucune conséquence sur la mortalité).

Ces éléments impactent fortement le rapport bénéfice-risque du dosage du PSA pour chaque patient.

Selon le Dr Loeb, alors qu'aux Etats-Unis, la grande majorité des hommes reçoivent un traitement, en Europe, une plus forte proportion fait l'objet d'une surveillance active.

« Alors qu'auparavant, des études ont montré que la prostatectomie améliorait la survie chez les hommes diagnostiqués cliniquement [2], notre étude montre que la prostatectomie est très bénéfique lorsqu'un cancer est détecté par dosage du PSA », a expliqué le Dr Loeb à l'édition internationale de Medscape.

La détection précoce du cancer par dosage du PSA améliore la survie après chirurgie


L'équipe a inclus 42 376 hommes du bras Rotterdam de l'ERSPC entre 1993 et 1999. Les participants ont été randomisés pour recevoir ou non un dosage du PSA. Au total, 1151 cancers de la prostate ont été diagnostiqués dans le groupe « dosage » contre 210 dans le groupe contrôle. En outre, 420 prostatectomies radicales ont été pratiquées dans le groupe qui avait reçu le dosage contre 50 dans le groupe « contrôle ».

Pour Stacy Loeb, moins d'hommes ont subi une prostatectomie dans le groupe contrôle « probablement parce qu'ils étaient plus nombreux à avoir une maladie avancée en raison de l'absence de dosage du PSA et qu'au final, ils n'étaient plus candidats à la prostatectomie radicale. »

Après ajustement pour l'âge, le PSA, le stade clinique, et le score de Gleason, les hommes du groupe ayant eu un dosage du PSA avait un risque moindre de remontée du taux de PSA (RR=0,48, IC 95%, 0,25-0,91 ; p=0,024) et de métastase (RR=0,19 ; IC 95%, 0,06-0,6 ; p=0,005) que les autres.

« Cela signifie que les hommes dont le cancer était détecté par dosage du PSA avaient moins de risque de décéder de leur cancer de la prostate après chirurgie », a précisé l'oratrice.

Autre donnée importante : après ajustement pour le volume de la tumeur, le risque d'une nouvelle élévation du taux de PSA n'était plus significativement diminué dans le bras avec dosage du PSA. Ce résultat suggère que le volume de la tumeur explique la différence entre les hommes testés et non testés.

« Il semble que le dosage permette de diagnostiquer la maladie à un moment où le volume de la tumeur est significativement plus petit. Une maladie moins sévère au moment du diagnostic a permis aux hommes de bénéficier davantage de la chirurgie », a expliqué l'urologue.

L'étude a, toutefois, rappelé qu'il était important de sélectionner les candidats pour un dépistage à grande échelle : « Si nous ne sélectionnons pas les candidats précautionneusement, nous pourrions faire plus de mal que de bien. Les hommes jeunes, en bonne santé, devraient bénéficier davantage d'une détection précoce et d'un traitement efficace, ils devraient donc être la cible des efforts de dépistage. »

Selon le Dr Patrick Walsh (département d'urologie, Johns Hopkins School of Medicine, Baltimore, Etats-Unis), interrogé par l'édition internationale de Medscape : « Cette étude est très importante parce qu'elle fournit des preuves supplémentaires de l'intérêt du test du PSA. J'ai pratiqué avant l'ère du PSA et j'ai vu trop d'hommes manquer cette « fenêtre de guérison ». Cette étude montre qu'il n'est pas utile de retirer la prostate chez les hommes qui ne peuvent pas guérir et apporte de nouvelles preuves que le PSA sauve des vies. »

Cet article a été originalement publié sur Medscape.com le 2 mars 2012 ; adapté par Aude Lecrubier.

Les Drs Loeb et Walsh n'ont pas déclaré de liens d'intérêt en rapport avec le sujet.

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