Les médecines complémentaires utiles aux MICI ?

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

24 janvier 2012

Les médecines non conventionnelles sont très utilisées dans les MICI. Dr S. Nahon.

Les résultats préliminaires d'une l'enquête en ligne montrent que 48% des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin utilisent des médecines complémentaires.
24 janvier 2012

Paris, France - Lors d'une séance « questions/réponses » des 5èmes Assises Nationales des MICI (maladies inflammatoires chroniques de l'intestin), le Dr Stéphane Nahon, gastroentérologue et hépatologue au CHI Le Raincy (Montfermeil), a révélé les résultats préliminaires de l'enquête SUMMAC (Sur l'Utilisation dans les MICI des Médecines dites Associées ou Complémentaires) [1].

S'il en ressort que les médecines non conventionnelles ne semblent présenter que peu d'intérêt pour améliorer les MICI et la qualité de vie des patients, l'orateur a engagé les médecins à promouvoir le dialogue avec leurs patients car l'enquête révèle près de la moitié d'entre eux utilisent ce type de médecines.

« Devant la jungle des médecines complémentaires, le but de cette enquête était d'avoir une photographie de ces médecines au cours des maladies inflammatoires de l'intestin et d'apprécier l'impact sur la qualité de vie des patients », a expliqué Stéphane Nahon.

Au 9 janvier, 511 questionnaires ont été analysés. Une majorité de femmes y ont répondu (78,7%), l'âge moyen était de 37 ans, 60% des patients étaient atteints d'une maladie de Crohn et 40% d'une rectocolite hémorragique, un tiers avaient subi une chirurgie, 24 % avaient des lésions abdomino-périnéales, 27% ont déclaré une poussée. Par ailleurs, 20% fumaient et 56,5% étaient membres de l'Association François Aupetit (AFA).

Au total, 48 % des patients ont déclaré être utilisateurs de médecines complémentaires au moment où ils remplissaient le questionnaire. « Ce chiffre est important et il est possible qu'il y ait un biais de recrutement mais toutes les études qui ont porté sur le sujet ont utilisé le même mode de recrutement », a précisé l'intervenant.

Concernant le type de médecine non conventionnelle utilisée, 24% ont déclaré prendre des vitamines, 45% un traitement homéopathique, 45% des herbes (sous toutes leurs formes), 17% des suppléments diététiques, 30% un traitement par acupuncture, et 80% ont opté pour des massages, la chiropraxie, ou la réflexologie. Enfin, 37% ont consommé au moins une fois des probiotiques.

Concernant les régimes spécifiques, 17% suivaient un régime sans gluten, 25% un régime sans lactose, 10% consommaient des huiles de poisson et 6 % des eaux minérales.

« Les résultats bruts pour chaque type de médecines complémentaires sur l'amélioration de la MICI et de la qualité de vie ont monté que l'approche spirituelle n'améliorait pas la MICI et la qualité de vie, et que les résultats de la naturopathie étaient très moyens. En revanche, on a noté que la thérapie physique et les médecines traditionnelles amélioraient particulièrement la qualité de vie. Pour ce qui est des médecines diététiques, elles auraient tendance à améliorer légèrement les MICI », a résumé le Dr Nahon.

Résultats de l'utilisation de médecines complémentaires sur l'amélioration de la MICI et de la qualité de vie (QdV)


m=moyenne ; M=médiane
Amélioration MICI
Amélioration QdV
Naturopathie
m=47 ; M=50
m=52,6; M=60
Thérapie physique ou relaxation
m=49; M=59
m=60; M=70
Médecines traditionnelles/homéopathies
m=49; M=60
m=52,7; M=65
Diététique
m=53; M=62
m=55; M=63
Approche spirituelle
m=38; M=30
m=43; M=43

L'impact de l'usage des médecines complémentaires sur le suivi du traitement a montré que plus de 25% ont diminué ou arrêté leur traitement depuis qu'ils prenaient la médecine complémentaire. Par ailleurs, seuls 39% déclaraient avoir informé leur gastroentérologue de l'usage de ces médecines complémentaires.

« En conclusion, les médecines complémentaires sont fréquemment recherchées par les patients atteints de MICI et je pense que notre rôle est de les orienter vers celles qui sembleraient améliorer leur qualité de vie et peut être la MICI. Le médecin doit se situer comme conseiller plutôt que de rejeter d'emblée ces médecines complémentaires. Il parait intéressant d'en parler avec les patients », a indiqué le gastro-entérologue.

Stéphane Nahon invite les médecins à proposer à leurs patients de répondre au questionnaire sur le site de l'AFA, l'objectif étant d'atteindre les 1000 questionnaires.

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