Les oméga-3 sans effet en prévention secondaire des maladies CV

Dr Brigitte Blond

Auteurs et déclarations

20 janvier 2012

La supplémentation en oméga-3 inefficace en prévention secondaire CV

L'essai français SUFOLOM3 ne retrouve pas de bénéfice cardiovasculaire d'une supplémentation en oméga3. 20 janvier 2012

 

Paris, France - L'intérêt des folates ou des oméga-3 vient d'être mesuré par une étude française, SUFOLOM3, de grande ampleur, qui a mobilisé cardiologues et généralistes autour de près de 2000 hommes et environ 500 femmes pendant une durée moyenne de suivi de 4,7 ans au décours d'un infarctus (IDM), d'un syndrome coronarien aigu sans nécrose ou d'un AVC. Leur compliance à la supplémentation ne faisait aucun doute, les données biologiques l'attestant.

« Sur le critère principal de jugement, composite (IDM, accident ischémique et mortalité CV), les oméga-3 s'avèrent inefficaces », a observé le Dr Pilar Galan (INRA, auteur principal de l'étude) durant une session organisée conjointement par la Société Française de Nutrition et la Société Française de Cardiologie, lors des XXIIèmes Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie [1].

« SUFOLOM3 est un pavé dans la mare des compléments nutritionnels », a estimé le Dr Jean-Michel Lecerf (service de nutrition de l'Institut Pasteur de Lille).

Retour à l'aliment source

On peut s'étonner de ces résultats discordants par rapport aux travaux antérieurs comme GISSI, mené en ouvert certes, mais conduit dans les règles de l'art, et qui concluait à l'efficacité de ces compléments alimentaires, avec une diminution du risque CV de 15 %. « Peut-être parce que les patients inclus étaient supplémentés dès l'hospitalisation et que cette population était davantage à risque que les sujets suivis dans SUFOLOM3 », suggère le Dr Galan.

Une autre explication pourrait être que les traitements cardiologiques (avec l'introduction systématique des bêta-bloquants notamment) ont beaucoup évolué dans l'intervalle… Les effets d'une supplémentation deviendraient alors imperceptibles dans un contexte où les patients sont de mieux en mieux traités.

Une certitude, la consommation de fruits, légumes et poissons est toujours associée à une réduction du risque d'événements cardiovasculaires et, faute d'identification des nutriments spécifiques expliquant leurs effets bénéfiques, mieux vaut conseiller les aliments "sources" plutôt que des suppléments. « Le poisson gras par exemple contient des oméga3 et à l'évidence d'autres éléments qui, conjugués, en font sa richesse », conclut le Dr Lecerf.

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