Santé cardiovasculaire : l'excès de sel sur la sel…lette

Dr Brigitte Blond

Auteurs et déclarations

19 janvier 2012

Sel et risque cardiovasculaire

Un nombre impressionnant d'études maintenant plaident en faveur de la réduction de la consommation de sel. Mise au point commune des cardiologues et des nutritionnistes.
16 janvier 2012

Paris, France - « Augmentation de la pression artérielle, des maladies cardiovasculaires et rénales, AVC, HVG, obésité, cancer de l'estomac, autant de maladies dont on a la preuve aujourd'hui qu'elles sont directement ou indirectement provoquées par l'excès de sel », indique le Pr François Delahaye (Hôpital cardiologique Louis Pradel de Lyon-Bron). Il intervenait lors d'une session conjointe avec la Société Française de Nutrition, "Alimentation, suppléments alimentaires et prévention cardiovasculaire", aux XXIIè Journées européennes de la Société Française de Cardiologie. Le sel étant le chlorure de sodium, 1 g de sel équivalant à 400 mg de sodium.

Sel et pression artérielle

« Nous disposons aujourd'hui d'un faisceau de preuves qui étayent la relation entre surconsommation de sel et élévation de la pression artérielle, 6 g de sel par jour pendant 30 ans produisant une augmentation supplémentaire (en plus des effets de l'âge) de 9 mm Hg sur la systolique », observe-t-il.

À cela s'ajoutent des études dites "migratoires" de personnes déplacées vers des pays développés et qui en adoptant les habitudes alimentaires du pays d'accueil en ont les effets secondaires, sur la pression artérielle aussi… et des essais randomisés de limitation de la consommation de sel où l'on constate une diminution des pressions systoliques et diastoliques. Les méta-analyses mettant en évidence une nette diminution de la pression artérielle chez les hypertendus et même les normotendus.

Et cet effet est additif, complémentaire d'autres interventions sur la pression artérielle.

Sel et risque cardiovasculaire

« Les conséquences, délétères en cas d'excès, ou à l'inverse bénéfiques, d'une consommation modérée en sel, vont au-delà des effets sur la pression artérielle, sur la masse ventriculaire gauche et les AVC », note-t-il. Ainsi, une réduction de la consommation de sel à 6 g/j permettrait une diminution de 24 % des AVC, de 18 % des accidents coronariens, préviendrait 35 000 décès par an en France.

Études d'observation et essais d'intervention confirment que consommer moins de sel permet d'éviter 25 % des évènements cardiovasculaires à 10-15 ans. La relation réduction de sel/réduction du nombre des AVC est plus forte que la simple relation sel/pression artérielle, l'excès de sel entraînant également une rétention d'eau.

Sel et santé

Il existe également une relation entre la consommation de sel et la masse ventriculaire gauche, et plus inattendu, entre le sel et la fréquence des cancers de l'estomac (le sel facilitant les infections à Helicobacter pylori). L'excès de sel est responsable de davantage de protéinurie, favorise l'ostéoporose et accroît la sévérité de l'asthme.

« Du point de vue de la santé publique, signale encore le Pr Delahaye, une réduction de 15 % de la consommation de sel est une opération peu coûteuse et très rentable qui empêcherait 8,5 millions de décès cardiovasculaires, versus 3 seulement pour l'abstinence tabagique ».

L'OMS conseille de limiter à 5 g/j la consommation de sel. Elle est en fait de 8,5 g en moyenne en France (10 g pour les hommes, dont un tiers seulement est à l'objectif !), 80 % de ces apports dans les pays développés provenant de l'industrie alimentaire…

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