Chez l'ado, la fréquence de consommation d'alcool serait un bon marqueur du risque d'addiction

Ricki Lewis

Auteurs et déclarations

6 janvier 2012

Evaluation d'un test de dépistage du risque de consommation excessive d'alcool chez l'adolescent

Sur les 3 questions du test de dépendance à l'alcool de l'adulte portant sur la fréquence, la quantité et les excès, la fréquence serait le meilleur marqueur du risque chez l'adolescent.
6 janvier 2012

Pittsburgh, Etats-Unis.-Une étude publiée dans Pediatrics montre que, comme chez l'adulte, poser 3 questions ayant trait à la consommation d'alcool permet d'identifier les jeunes présentant des problèmes liés à l'alcool [1].

Aux Etats-Unis, l'American Academy of Pediatrics recommande le dépistage en routine de l'abus d'alcool et des problèmes qui en découlent chez les adolescents. Tommy Chung, PhD, de l'Université du Centre Médical de Pittsburgh et ses collègues ont donc cherché à adapter aux jeunes et spécifiquement à l'abus d'alcool des outils préexistants destinés à déceler les abus pour n'importe quelle substance dans une population adulte.

Le test AUDIT

L'un de ces tests de dépistage, le test d'identification des troubles liés à l'abus d'alcool (Alcohol Use Disorder Identification Test ou AUDIT) qui cible les adultes, peut aussi identifier les adolescents présentant des troubles liés à la consommation d'alcool. Cela est dû en grande partie à la présence d'une question sur la consommation d'alcool. Les chercheurs ont donc appliqué cet outil comprenant 3 questions pour rechercher la différence de consommation d'alcool en fonction de l'âge et du genre et pour identifier le risque d'alcoolisme avant même que les premiers troubles n'apparaissent.

Les données analysées reposent sur les réponses aux 3 questions posées via l'ordinateur lors de la National Survey on Drug Use and Health, à 166 165 individus âgés de 12 à 18 ans sur la période allant de 2000 à 2007. Les questions portaient sur la fréquence de consommation au cours de l'année passée (nombre de jours), sur la quantité d'alcool consommée à chaque occasion, et sur les épisodes de forte consommation lors du dernier mois. Les deux critères de l'étude étaient « symptômes liés à la consommation d'alcool» et « dépendance à l'alcool », tel que définis par le DSM IV.

3 questions : fréquence, quantité et consommation excessive

Au final, les chercheurs indiquent que la question portant sur la fréquence de consommation est plus prédictive de troubles liés à la consommation d'alcool que celles sur la quantité consommée ou sur les épisodes de forte consommation. IIs ont aussi défini des seuils au-dessus desquels le risque de développer ou d'avoir déjà développé des troubles liés à l'alcool augmente et ils ont analysé les résultats en fonction de l'âge et du genre.

En ce qui concerne le questionnaire, les termes utilisés, les détails demandés et le mode de questionnement informatisé ont permis de minimiser la subjectivité des réponses. La question sur la fréquence était ainsi rédigée de la sorte : « Réfléchissez aux 12 derniers mois. Nous souhaiterions savoir à combien vous estimez le nombre de jours où vous avez consommé une boisson alcoolisée au cours des 12 derniers mois. » La question sur la quantité portait sur le type de boissons (bière, vin, champagne ou vin cuit, digestif, cocktail). Le troisième item définissait un épisode de consommation forte s'il comprenait 5 boissons ou plus.

Des seuils de risque fonction de l'âge

Les résultats montrent que la prévalence d'un symptôme lié à l'alcool ou d'une dépendance augmente avec l'âge, de 1,4 à 29,2 % quel que soit le symptôme et de 0,2 à 5,3 % pour la dépendance à l'alcool. « Pour l'un et l'autre de ces critères, c'est encore la fréquence de consommation qui présente la meilleure sensibilité et spécificité par rapport aux deux autres items » concluent les auteurs.

Même si, pour chaque âge, les seuils-limite étaient identiques chez les hommes et les femmes, tenir compte de l'âge augmente, néanmoins, la performance du dépistage. Par exemple, le nombre de jours de consommation d'alcool (fréquence) au cours de l'année passée constitue un seuil d'alerte « facile à retenir ». Il est, selon les résultats de l'étude, d'au moins 1 jour pour la tranche d'âge 12-15 ans, d'au moins 6 jours pour la tranche 16-17 ans, et d'au moins 12 jours par année à 18 ans. Les valeurs sont plus élevées pour le critère « dépendance à l'alcool ».

Une des limites de l'étude, écrivent les chercheurs, est liée à l'auto-évaluation sans contrôle biochimique. Ils concluent néanmoins que le dépistage, et en particulier la question sur la fréquence de consommation, « procure un outil de dépistage efficace, validé empiriquement pour identifier au premier abord les adolescents souffrant de problèmes liés à l'alcool.

Les chercheurs ont déclaré ne pas avoir de conflit d'intérêt.

Cet article a été originalement publié sur Medscape.com, le 4 janvier 2012 ; auteur Ricki Lewis. Adapté par Stéphanie Lavaud.

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