21 % des hyper-uricémiques atteignent les objectifs thérapeutiques

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

4 janvier 2012

Enquête CACTUS sur la goutte en France : profil des patients et prise en charge

Seul un hyper-uricémique sur 5 est traité efficacement, selon l'étude française CACTUS sur près de 3 000 patients. Pas étonnant que l'incidence de la goutte augmente.
4 janvier 2012

Paris-France — L'étude observationnelle CACTUS, qui a été réalisée en 2010-2011 en France sur plus de 2 800 patients, donne un instantané sur l'épidémiologie et la prise en charge de la goutte dans notre pays. Les résultats de cette étude, qui ont été présentés à l'occasion du 24e Congrès Français de Rhumatologie, montrent que des efforts en termes d'information et de prise en charge des patients doivent encore être accomplis [1].

L'incidence et la prévalence de la goutte augmentent ces dernières années en France. Puisque les données épidémiologiques sur ce sujet étaient encore parcellaires, le Pr René Marc Flipo (Lille) a proposé de mettre en place une étude observationnelle nationale multicentrique et transversale sur ce sujet entre novembre 2010 et mai 2011.

Cette étude de grande ampleur a mobilisé 857 médecins généralistes et 92 rhumatologues qui ont inclus de façon consécutive 2 812 patients atteints de goutte. Il s'agissait majoritairement d'hommes (84 %), âgés en moyenne de 64 ans et qui présentaient pour 90 % d'entre eux une goutte primaire (non liée à une autre pathologie).

En moyenne, le diagnostic avait été fait 4 ans avant leur inclusion.

HTA, hyperlipidémie, obésité

Les investigateurs se sont particulièrement penchés sur les antécédents et les comorbidités de ces patients.

Ils étaient le plus souvent hypertendus et traités par diurétiques (respectivement 65 % et 56 %).

L'hyperlipidémie vient en deuxième place dans les facteurs de risque (57 %), suivie de l'obésité (47 %), des antécédents familiaux de goutte et du diabète de type 2.

Au moment du diagnostic, le taux d'uricémie moyen s'établissait entre 70 et 90 mg/L pour 63 % des patients et à plus de 90 mg/L pour 33 % d'entre eux.

Traitement de crise, traitement de fond

Cliniquement, à l'inclusion, un patient sur dix présentait des tophus, 7 % avait souffert de lithiase urinaire urique, et au cours des douze derniers mois, ils avaient présenté en moyenne deux crises douloureuses articulaires mises sur le compte de la goutte. Ces accès aigus avaient été traités par colchicine pour 92 % d'entre eux, par AINS pour 36 % et par corticoïdes pour 1 %.

La durée moyenne du traitement s'établissait à 15 jours.

Huit patients sur dix avaient été traités par hypo-uricémiants (allopurinol) antérieurement et la très grande majorité d'entre eux avait soit suspendu le traitement, soit changé de molécule. La plupart d'entre eux mettaient en avant l'inefficacité clinique ou biologique (33 et 45 % des cas) ; les suspensions en raison d'effets indésirables étaient rares.

Seulement un patient sur 5 traité efficacement

A leur inclusion dans l'étude, 86 % des patients étaient encore sous traitement hypo-uricémiant. Leur taux moyen d'acide urique sanguin était de moins de 60 mg/L pour 21 % d'entre eux, il était compris entre 60 et 70 mg/L pour 16 %, entre 70 et 90 mg/L pour 48 % et supérieur à 90 mg/L pour 14 %.

En se fondant sur les critères actuels d'objectifs thérapeutique en termes d'uricémie, seuls 21 % des patients atteignaient les valeurs considérées comme cible. L'étude CACTUS souligne les efforts en termes d'éducation et d'amélioration de la prise en charge qui doivent être mis en place à un échelon national autant vis à vis des généralistes que des rhumatologues.

Le Dr L Perrissin travaille pour les Laboratoires Menarini et l'étude CACTUS a été financé par les laboratoires Ménarini et Ipsen.

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