Qui sont les femmes hypertendues en France ?

Dr Brigitte Blond

Auteurs et déclarations

8 décembre 2011

Résultats enquête FLAHS sur les femmes hypertendues et traitées en France

Les résultats de l'enquête FLAHS du CFLHTA montrent qu'au-delà du surpoids, les facteurs favorisant une HTA sont nombreux chez la femme.
8 décembre 2011

Paris, France — En prélude à la Journée Nationale de lutte contre l'Hypertension Artérielle du 13 décembre, les hypertensiologues du Comité français de lutte contre l'HTA (CFLHTA) ont présenté en conférence de presse une nouvelle étude dédiée aux femmes. [1]

« Si la mortalité cardiovasculaire a globalement diminué en France, ce progrès a profité aux hommes surtout et les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité chez les femmes », regrette le Pr Jean-Jacques Mourad (hôpital Avicenne, Bobigny), président du CFLHTA. Or quand elles sont dépistées et traitées, celles-ci tirent le plein bénéfice de la prise en charge : un hypertendu traité sur deux est contrôlé, 58 % des femmes contre 41 % des hommes. Sans doute parce qu'elles sont plus observantes, ou que la posologie est plus adaptée à leur morphologie.

Des femmes de plus en plus jeunes et en surpoids

À la fois les enquêtes épidémiologiques et l'étude FLAHS (French League Against Hypertension Survey) 2011, conduite par Kantar Health France, mettent en évidence les modifications du profil des femmes, en matière d'IMC notamment : si celui des hommes a augmenté mais peu, y compris chez les hypertendus, celui des femmes s'est élevé notablement, et surtout chez les hypertendues.

Ainsi 28 % des femmes obèses sont hypertendues d'après FLAHS. On enregistre également une forte progression des jeunes femmes hypertendues qui accumulent parfois les facteurs de risque, surpoids bien sûr, contraception avec un estrogène de synthèse, tabagisme, stress, sédentarité, etc.

Selon FLAHS, 85 % des femmes de 18 à 60 ans ne prennent aucun médicament à visée cardiovasculaire (HTA, cholestérol et/ou diabète), 12 % contre l'HTA. Après 60 ans, 40 % seulement sont indemnes de ces trois maladies. Une sur deux est traitée pour une HTA, 38 % pour un cholestérol élevé, 10 % pour un diabète.

7 % des femmes signalent avoir eu de l'HTA lors de la prise de pilule et 7 % à l'occasion d'une grossesse. Enfin, chez les femmes actuellement traitées pour une HTA, 13 % présentaient une HTA pendant leur grossesse.

Des moments clés pour le dépistage d'une HTA

Au-delà de la prévalence croissante liée à l'âge et aux facteurs de risque individuels, l'HTA féminine peut survenir à l'occasion d'une prescription de pilule, la composante estrogénique surtout pouvant induire des élévations de pression. Celles-ci sont le plus souvent réversibles au changement de contraceptif oral, pour des microprogestatives préférentiellement.

Grossesse — L'HTA est par ailleurs la maladie la plus fréquente de la femme enceinte (qui débute une grossesse) ; exceptionnelle autrefois, elle touche aujourd'hui 10 % de ces femmes, grossesses tardives et surpoids des jeunes adultes aidant, ce qui impose des précautions en amont et en aval de la grossesse. « Ainsi, le traitement antihypertenseur doit être repensé avant la grossesse pour qu'il soit compatible avec un développement harmonieux de l'enfant à naître, les médicaments les plus modernes étant nocifs pour le bébé », signale le Pr Mourad. Pendant la grossesse, il est conseillé de ne pas prendre trop de poids, un surpoids rendant l'équilibre tensionnel plus aléatoire.

On sait encore qu'une HTA gravidique augmente la probabilité de développer à terme une HTA essentielle. Cette HTA de la grossesse concerne 5 à 10 % des grossesses, plus volontiers après le 4è mois de grossesse, à l'origine d'une pré-éclampsie éventuellement d'une éclampsie dont le pronostic peut être redoutable pour la mère et l'enfant.

Ménopause - Après la ménopause, l'effet protecteur des estrogènes naturels s'estompe et le vieillissement artériel favorise la survenue d'une HTA qu'il convient de traiter, et ce, même au-delà de 70 ou 80 ans, tous les essais l'attestent : la qualité de vie sans handicap en dépend, avec une protection vis-à-vis de l'infarctus du myocarde, de l'insuffisance cardiaque ou de la démence vasculaire, et notamment une réduction de 40 % du risque de faire un AVC, si l'HTA est contrôlée.

Livret patient téléchargeable

À l'occasion de la Journée nationale de lutte contre l'HTA, le 13 décembre, un nouveau livret édité par le Comité de lutte contre l'HTA, téléchargeable à partir du 13 sur www.comitehta.org


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