Recherche 500 000 internautes pour faire avancer la recherche en nutrition

Elodie Biet

Auteurs et déclarations

1er décembre 2011

Nutri-net, la recherche clinique en nutrition à grande échelle grâce au web

NutriNet-Santé, l'une des plus vastes études jamais conduite pour comprendre les liens entre alimentation et santé, cherche encore des volontaires.
1 décembre 2011

Paris, France - Etudier les comportements alimentaires de 500 000 personnes pour mieux comprendre les relations entre nutrition et santé, telle est l'ambition du programme de recherche NutriNet-Santé. Deux ans et demi après son lancement, 206 000 volontaires ont été recrutés. C'est bien mais c'est loin d'être suffisant. A l'occasion de la présentation de résultats préliminaires de l'étude, le Pr Serge Hercberg, directeur de l'unité de recherche en épidémiologie nutritionnelle (U557 Inserm/Inra/Cnam/Université Paris 13) et coordinateur du programme, a lancé un nouvel appel au volontariat.

NutriNet-Santé se situe dans la droite lignée des études SU.VI.MAX et SU.FO.OM3. Toutefois, cette nouvelle étude utilisant l'outil internet pour le recueil des données vise un nombre de participants bien plus importants: l'objectif est de recruter 500 000 volontaires et d'en suivre un maximum (au moins 300 000) pendant une durée de 5 ans. Baptisés "Nutrinautes", les volontaires acceptent de remplir chaque année un questionnaire relatif à leur alimentation (prises alimentaires sur 24 heures de trois journées différentes), leur activité physique, leur poids et taille, leur état de santé... Tous les mois, ils reçoivent en outre un courrier électronique les informant de l'avancement de l'étude et les invitant à remplir un questionnaire complémentaire (rapide à remplir, 20 minutes tout au plus) sur l'évolution de leur santé ou sur une thématique particulière telle que le recours aux compléments alimentaires, la consommation de produits bio, celle de tabac…

Etablir des liens entre l'alimentation et la survenue des maladies les plus courantes

La formidable base de données ainsi constituée permettra d'étudier l'influence des comportements alimentaires sur les maladies cardiovasculaires, les cancers, l'obésité, le diabète, l'hypertension… Elle pourrait également apporter un éclairage sur les liens entre la nutrition et d'autres pathologies telles que la polyarthrite rhumatoïde, la dépression, les pathologies digestives, l'ostéoporose, les pathologies thyroïdiennes, les migraines, l'asthme, le vieillissement…

A ce jour, plus de 200 000 personnes participent déjà à l'étude : 76 % sont des femmes, 49,2 % sont âgées de plus de 45 ans, 60 % ont un emploi, 15,3 % sont retraités, 9 % sont étudiants, 6,5 % sont chômeurs ou allocataires du RMI. Leur répartition régionale est très proche de celle de la population générale.

Valider le bénéfice des recommandations du PNNS

L'analyse des données disponibles a permis de mesurer le degré d'adéquation des comportements des participants aux recommandations du Plan National Nutrition Santé (au moins 5 fruits et légumes par jour, 3 produits laitiers, poissons 2 fois par semaine…). Sans grande surprise, une meilleure prise en compte des recommandations est observée chez les femmes, les cadres supérieurs, les habitants des régions du sud de la France et de la région parisienne. Sans surprise non plus, une bonne adéquation aux recommandations est associée à un meilleur équilibre nutritionnel, avec des apports plus faible en lipides, en glucides ajoutés et en sel, et plus fort en fibres en vitamines et en minéraux.

Ces comportements sont-ils favorables à la santé ? Permettent-ils de prévenir la survenue de maladies chroniques ou d'autres pathologies ? Pour répondre à ces questions, les chercheurs ont besoin de temps, mais aussi de nouveaux Nutrinautes : plus la cohorte sera importante et plus la puissance statistique de l'étude sera grande. C'est pourquoi les chercheurs lancent aujourd'hui un nouvel appel au volontariat.

Participer à cette étude, c'est évidemment aider à faire avancer la recherche. Mais c'est aussi une chance de faire évoluer son comportement en prenant conscience de son alimentation : 14 % des Nutrinautes considèrent avoir changé leurs habitudes alimentaires depuis qu'ils participent à l'étude.

Pour s'inscrire il suffit de se rendre sur le site www.etude-nutrinet-sante.fr

Nutrinet-Santé, c'est aussi une biobanque

Depuis février 2011, l'étude Nutrinet-Santé dispose d'un volet clinico-biologique : les participants qui le désirent sont en effet invités à se rendre dans l'un des 13 centres de prélèvement dédiés déjà ouverts pour y réaliser un bilan clinique et biologique. Cette consultation optionnelle permet de compléter les données recueillies par internet. Les échantillons biologiques (sang et urines) des volontaires seront conservés dans une biobanque. Ils représentent une ressource supplémentaire pour les chercheurs, qui pourraient faciliter la mise en évidence de mécanismes expliquant le rôle de facteurs nutritionnels dans la survenue de certaines pathologies.

A ce jour, plus de 5 000 Nutrinautes se sont rendus à l'une de ses consultations. Huit nouveaux centres de prélèvement NutriNet devraient ouvrir courant 2012.


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