L'erreur humaine explique 25% des cancers du sein « loupés » à l'imagerie

Martha Kerr

Auteurs et déclarations

29 novembre 2011

Erreur d'interprétation de la mammographie, faux-positifs, cancer du sein

Selon un travail rétrospectif de relecture des imageries réalisées un an plus tôt, un quart des cancers du sein non détectés à la mammographie résultent d'une erreur d'interprétation du radiologue.
29 novembre 2011

Chicago, Illinois - Plus d'un quart des cancers « loupés » à la mammographie résultent d'une erreur d'interprétation, tout comme plus d'un cinquième des cancers non détectés à l'échographie. Le dépistage automatisé, la détection assistée par ordinateur et l'aide au diagnostic peuvent permettre d'augmenter les taux de détection. Ces résultats viennent d'être présentés au 97ième Congrès annuel de la Société radiologique d'Amérique du Nord[1].

Faiblesse des modalités d'imagerie ou erreurs humaines ?

L'étude ACRIN 6666 de l'American College of Radiology Imaging Network a été conçue initialement pour définir le rationnel du dépistage du cancer du sein par échographie. Le travail présenté au congrès américain de radiologie s'est intéressé à l'origine des faux-négatifs obtenus par mammographie, échographie et imagerie par résonnance magnétique (IRM). Le principal investigateur, Dr Wendie A. Berg de l'Université de Pittsburgh (Pennsylvannie) et ses collègues issus des 21 sites de l'étude ont voulu savoir si la raison première était la faiblesse des modalités d'imagerie ou le résultat d'erreurs humaines.

Trois radiologues expérimentés dans le domaine de l'imagerie sénologique ont revu de façon indépendante des images réalisées, d'une part, l'année du diagnostic de cancer du sein pour chacune des 130 lésions malignes retrouvées chez 110 femmes, et, d'autre part, les images réalisées l'année qui a précédé le diagnostic. Parmi ces lésions, 100 étaient invasives, avec une taille médiane de 10,0 mm à l'échographie.

Le facteurs influençant la détection des lésions ont été répertoriés et les problèmes techniques identifiés y compris les lésions en dehors du champ de vision, le manque de contraste des tissus mous, le manque de contraste entre lésions et bruit de fond, les lésions visibles sur un seul cliché, les localisations difficiles et les mouvements. Les interprétations prises en compte concernaient les lésions d'apparence bénigne, les résultats identiques retrouvés à plusieurs reprises, les lésions dans des sites cicatriciels et des modifications subtiles d'apparence à l'échographie. Les résultats ont été comparés avec les interprétations initiales.

52% des malignités « ratées » à la mammographie

Au total, 67 (52%) des 130 lésions malignes ont été « ratées » à la mammographie. Parmi elles, 16 étaient évidentes sur la relecture (5 masses, 7 calcifications, 2 masses calcifiées, 1 nodule suspect, 1 lésion asymétrique), 3 n'ont été vues que rétrospectivement (1 calcification et 2 asymétries), et 48 n'ont pas été détectées du tout sur les mammographies. Cinq des 19 lésions étaient visibles sur la mammographie réalisées l'année précédente.

L'équipe du Dr Berg rapporte que 7 des erreurs d'interprétation caractérisées étaient d'ordre technique, 13 étaient des erreurs de détection et 7 des erreurs d'interprétation de la mammographie.

Au total 71 (55%) des 130 malignités ont été « ratées » sur l'échographie initiale, 14 étaient évidentes prospectivement, seule 1 était évidente rétrospectivement, et 56 n'étaient pas visibles du tout. Deux des 15 lésions malignes étaient présentes sur l'échographie l'année précédente. Une échographie ciblée a mis en évidence 10 des 71 (14%) lésions malignes. Deux n'étaient pas dans le champ de vision initial.

Sur les 19 cancers mis en évidence à l'IRM, 5 (26%) n'ont pas été détectés lors de l'interprétation initiale. Sur ces 5 cancers, 1 (20%) a été vu de façon prospective et aucun n'a été détecté de façon rétrospective. Quatre n'étaient pas visibles sur l'IRM.

En conclusion, les investigateurs du protocole ACRIN 6666 ont trouvé que les erreurs d'interprétation étaient responsables de 28% (19 sur 67) des cancers « ratés » à la mammographie, 21 % des cancers « loupés » à l'échographie et de 20% (1 sur 5) non détectés à l'IRM.

L'échographie ciblée a permis de détecter 14% (10 sur 71) de cancers additionnels. Les investigateurs de l'étude en ont donc conclu que des aides informatisées au dépistage et à la détection peuvent avoir leur utilité.

Cet article a été originalement publié sur Medscape.com le 27 novembre 2011; adapté par Stéphanie Lavaud.

L'étude a été financée par la Fondation Avon et par des bourses du National Cancer Institute.

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