L'EMEA réévalue l'association entre AINS et risque cardiovasculaire

Aude Lecrubier

25 octobre 2011

Bruxelles, Belgique— Dans un communiqué daté du 21 octobre, l'Agence Européenne des Médicaments (EMEA) annonce qu'elle entame un nouvel examen du risque cardiovasculaire associé aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dans le but d'actualiser ses recommandations [1].

Les AINS ont déjà fait l'objet de plusieurs réévaluations européennes concernant leur tolérance gastro-intestinale, et cardiovasculaire, ainsi que le risque de réactions cutanées sévères. La dernière évaluation du comité des médicaments à usage humain (CHMP) sur le risque cardiovasculaire des AINS date de 2006. La conclusion de cette évaluation indique que le rapport bénéfice-risque des AINS reste positif. Toutefois, la possibilité d'un léger sur-risque d'événement thrombotiques (IDM, AVC), est évoquée, en particulier pour les fortes doses et sur le long terme. Devant la nécessité de conduire de nouvelles études, l'EMEA a engagé la Commission Européenne à financer une étude épidémiologique indépendante sur les effets gastro-intestinaux et cardiovasculaires des AINS.

Cette étude a été menée au sein d'un projet de recherche indépendant  réalisé dans le cadre du 7ème Programme cadre de la Commission Européenne, baptisé Safety Of non-Steroidal anti-inflammatory drugs (SOS) [2]. Le projet SOS a également permis la réalisation d'une méta-analyse destinée à évaluer l'association entre AVC et AINS. Les résultats ont été publiés début octobre dans la revue Pharmacoepidemiology and Drug Safety[3].

Le CHMP a débuté l'analyse des données de cette méta-analyse avec celles d'autres études cliniques, épidémiologiques et post-marketing.

Depuis la crise des coxibs, les études sur AINS et risque cardiovasculaire se succèdent. En janvier dernier, encore, une méta-analyse parue dans le British Medical Journal fournissait une analyse de tous les essais randomisés contrôlés portant sur cette classe thérapeutique, et concluait que tous les AINS présentaient des risques cardiovasculaires [4].

Les données de la méta-analyse du SOS sur AINS et risque d'AVC indiquent que le risque relatif d'AVC est augmenté avec le rofécoxib (RR=1,64) et le diclofénac (RR=1,27). Les estimations colligées pour le naproxène, l'ibuprofène et le célécoxib sont proches de l'unité. Le risque d'AVC ischémiques est aussi accrus avec le rofécoxib et le diclofénac (RR=1,82 et 1,20, respectivement). Les données ne permettent pas d'estimer le risque relatif poolé associé à la dose, la durée de traitement, pour les autres AINS et pour les AVC non ischémiques.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....