Vaccin contre la rougeole : la France est dans le rouge

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

19 octobre 2011

Campagne Inpes pour inciter à vacciner les moins de 30 ans contre la rougeole

Pour lutter contre les vagues successives de rougeole et leurs conséquences sanitaires, l'Inpes veut promouvoir la vaccination ou le rappel vaccinal.
19 octobre 2011

Paris, France —L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) lance une campagne radio, presse et Internet auprès des parents de jeunes enfants et adolescents et auprès des adultes jeunes pour sensibiliser à l'intérêt de la vaccination contre la rougeole. Il faut bien dire que la situation de la France sur ce terrain n'est pas des plus favorables : elle dispute la place de plus mauvais élève en Europe avec la Roumanie.

Après trois vagues de rougeole en France, l'hiver 2011-2012 devrait annoncer une quatrième saison épidémique, encore plus importante. Et pourquoi ? Par insuffisance de mobilisation des médecins et des familles. Pourtant, tous les signaux sont en alerte : en 2011, plus de 16 500 cas ont été signalés à l'InVS, dont 14 600 sur les huit premiers mois de l'année (contre 40 en 2006 et 2007,1 700 en 2009 et 3 400 en 2010). Et tous les cas sont loin d'être notifiés par les médecins par lourdeur administrative ou simple méconnaissance !

Plus de 900 personnes ont été hospitalisées entre début 2008 et août 2011 pour les pneumopathies sévères dans les suites d'une rougeole et on a dénombré 26 cas d'encéphalites et 10 décès. Pour autant, les médecins français n'ont pas réagi : la France se situe au niveau de la Roumanie pour l'incidence de cette maladie avec plus de 5 cas/10 millions d'habitants et par jour. C'est le pays d'Europe de l'Ouest qui est, de loin, le plus mauvais élève en termes de protection des populations. Pour les pays voisins qui ont éradiqué cette maladie, la France devient un vrai danger. C'est en région parisienne, dans le sud et dans les départements des Alpes que le taux étaient le plus élevé ces derniers mois (ou bien les médecins étaient les plus disciplinés à rapporter les cas aux autorisé sanitaires).

L'analyse menée par l'InVS sur l'incidence par tranche d'âge montre que ce taux est bien sûr le plus élevé chez les moins de 1 an, mais il est au même niveau dans la tranche 1 à 5 ans que dans celles des 10-15 ans et des 15-20 ans. Il ne s'abaisse pas non plus franchement après et ne devient faible que chez les plus de 30 ans. L'incidence des complications était la plus élevée chez les adolescents et les jeunes adultes.

En 2010, 86 % des infections sont survenues chez des personnes non-vaccinées et 11 % chez celles qui n'avaient reçu qu'une dose de vaccin. Aujourd'hui encore, près de 10 % de la population de plus de 6 ans et de moins de 30 ans n'est pas séropositive pour le virus de la rougeole. Il faut dire que le rappel de vaccination a longtemps été facultatif dans le calendrier vaccinal.

Un travail mené en 2009 au sein de l'AP-HP montre que les soignants ne font pas vraiment mieux que la population générale en termes de vaccination : seuls 46 % des étudiants en médecine hospitaliers avaient reçu deux doses de vaccin, contre 55 % des infirmières et 66 % des sages-femmes. Globalement, pour les plus âgés déjà soignants, le taux de vaccination était faible : seuls 67 % des médecins, 42 % des infirmières et 55 % des aides-soignantes avaient reçu au moins, une dose de vaccin (contre 93 % des sages-femmes).

L'objectif de l'Inpes est donc de promouvoir la vaccination jusqu'à 31 ans dans le but d'obtenir une couverture vaccinale de 95 % qui protégerait les enfants de moins de 1 an, les femmes enceintes et les immunodéprimés. Les médecins de ville et les médecins et infirmières scolaires vont être sollicités comme relais de cette campagne d'informations par une incitation à une vérification systématique des carnets de santé.

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