Premier essai de thérapie par antidépresseur et psychothérapie dans la dépression du post-partum

Jill Stein

Auteurs et déclarations

14 septembre 2011

ECNP, traitement de la dépression du post-partum, sertraline et psychothérapie

Une petite étude présentée au congrès 2011 de l'ECNP révèle l'absence de bénéfice de l'association sertraline et psychothérapie par rapport à la psychothérapie seule dans la dépression du post-partum modérée. 14 septembre 2011

Paris, France- L'association de l'antidépresseur sertraline à une psychothérapie n'apporte pas de bénéfice supplémentaire dans le traitement de la dépression du post-partum, selon une petite étude israélienne présentée au congrès de l'European College of Neuropsychopharmacology (ECNP) organisé à Paris début septembre [1].

La dépression du post-partum (DPP) est une forme de dépression majeure fréquente puisqu'elle touche 10 à 20% des jeunes mamans. En dehors de ses conséquences immédiates sur la mère, il a été montré qu'elle pouvait affecter le développement émotionnel et mental des enfants.

Alors que beaucoup de mères en dépression post-partum ne cherchent pas de traitement, une partie d'entre elles est traitée par psychothérapie uniquement par crainte notamment des effets indésirables des médicaments, tandis que d'autres ne prennent que des antidépresseurs, ont rappelé le Dr Miki Bloch et ses collègues du centre médical Sourasky à Tel Aviv dans leur résumé.

D'après l'équipe, les données concernant le traitement de la DPP, en général, et avec les antidépresseurs en particulier sont étonnamment rares. L'avantage que pourrait représenter un traitement associant antidépresseur et psychothérapie par rapport à l'un ou l'autre n'a jamais été évalué dans une étude contrôlée.

Dans ce contexte, les chercheurs ont mené une étude contrôlée réalisée en double aveugle pour évaluer l'intérêt de l'association de la psychothérapie dynamique et de la sertraline (inhibiteur de la recapture de la sérotonine) vs. la psychothérapie seule.

Les 42 participantes étaient âgées de 18 à 45 ans. Elles souffraient d'une dépression majeure de sévérité légère à modérée selon l'entretien SCID (Structured Clinical Interview for DSM-IV). Les femmes qui avaient des idées suicidaires, présentaient des résistances aux traitements ou qui avaient souffert de dépression pendant plus de 6 mois suite à leur accouchement étaient exclues de l'étude.

Les patientes ont suivi 12 séances consécutives de psychothérapie dynamique brève selon la méthode Malan. Elles ont reçu en parallèle pendant deux mois soit un placebo, soit de la sertraline à la dose initiale de 50 mg pendant un mois, puis de 50 ou 100 mg le mois d'après suivant le jugement du clinicien. Le traitement en aveugle a été poursuivi en ouvert pendant un mois.

Un mieux pour le groupe "sertraline", mais non statistiquement significatif

Sur les 40 femmes inclues dans l'analyse en intention de traiter, le taux de réponse au traitement était de 70% parmi les patientes ayant bénéficié de la psychothérapie et de la pharmacothérapie, contre 55% avec la psychothérapie seule mais la différence n'était pas statistiquement significative (Chi²=0,96, p=0,33).

Après deux mois de suivi, les taux de rémission étaient respectivement de 65% et 50% dans le groupe « sertraline » et dans le groupe placebo, sans différence significative (Chi²=0,92, p=0,34).

Les chercheurs ont rapporté que le traitement était généralement bien toléré en ajoutant que deux femmes ayant reçu la sertraline avaient développé des symptômes hypomaniaques.

Pour l'équipe israëlienne, l'ajout de sertraline à la psychothérapie dynamique brève ne confère donc aucun bénéfice dans le traitement de la dépression modérée du post-partum.

Elle reste néanmoins prudente et précise les limites de l'étude parmi lesquelles, la petite taille de l'échantillon, la durée de traitement courte, les doses d'antidépresseur relativement faibles et le fait que les femmes avec une dépression du postpartum sévère aient été exclues.

L'étude a été financée par la National Alliance for Research on National Alliance for Research on Schizophrenia and Depression (NARAD). Le Dr. Bloch n'a pas rapporté de lien d'intérêt en rapport avec ce travail.

Cet article a été originalement publié sur Medscape.com le 6 septembre 2011; adapté par Aude Lecrubier.

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