Un mauvais sommeil réparateur augmente le risque d'hypertension

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

8 septembre 2011

Le manque de sommeil lent profond augmente le risque d' HTA, étude MrOS

Une étude Nord-Américaine montre que les hommes âgés au sommeil "moins réparateur" sont à risque élevé de développer une hypertension, apportant ainsi une nouvelle preuve de l'association entre troubles du sommeil et cardiopathies.
8 septembre 2011

Dallas, Etats-Unis-Une sous-étude de la MrOS study (Outcomes of Sleep Disorders in Older Men Study), publiée dans l'édition du 29 août d'Hypertension, montre qu'un sommeil lent profond trop court augmenterait le risque d'hypertension artérielle chez les hommes âgés et ce, indépendamment de la longueur totale du sommeil et des autres troubles du sommeil [1].

« Notre étude montre pour la première fois que la mauvaise qualité du sommeil, définie par un temps réduit de sommeil profond (ondes lentes), augmente significativement le risque de développer une hypertension artérielle, sans que cet effet ne soit dépendant de l'influence des apnées du sommeil », a commenté le Dr Susan Redline, coauteur de l'étude (Brigham and Women's Hospital et Beth Israel Deaconess Medical School, Boston, Etats-Unis) dans un communiqué de presse de l'American Heart Association[2].

Une étude importante d'après le Dr Florence de Roquefeuil, cardiologue libéral et hospitalier (hôpital Ambroise Paré, Boulogne-Billancourt). « Il est très intéressant que dans un journal d'hypertension on commence à se pencher sur le rôle du sommeil et sur ce qui entraîne l'apparition de l'hypertension dans le sommeil. Des études ont montré que le syndrome d'apnées du sommeil était un facteur favorisant de l'hypertension. Il ressort aujourd'hui de cette étude que  la mauvaise qualité du sommeil pourrait tout simplement être impliquée. C'est passionnant », commente la cardiologue spécialiste du sommeil.

Le lien entre les troubles du sommeil et l'hypertension se confirme

Les chercheurs ont rappelé que d'autres travaux avaient révélé que les troubles du sommeil et les troubles respiratoires du sommeil pouvaient affecter le métabolisme, le système hormonal et le système nerveux, et ainsi contribuer à développer l'hypertension artérielle.

Cette étude de cohorte, a été menée par des chercheurs de l'Université de Californie, de San Diego et de la Harvard Medical School, chez 784 hommes d'au moins 65 ans (âge moyen =75 ans) sans HTA inclus dans la MrOS study (Outcomes of Sleep Disorders in Older Men Study), une étude menée sur 5994 hommes âgés de plus de 65 ans entre 2003 et 2005. Dans cette analyse, les chercheurs ont évalué le sommeil des participants entre 2003 et 2005 puis le risque d'hypertension artérielle entre 2007 et 2009.

Après 3,4 ans de suivi, 243 hommes ont développé une HTA et 70% prenaient un traitement médicamenteux contre l'hypertension.

La réalisation de polysomnographies en ambulatoire a permis de mesurer l'activité ondulatoire cérébrale et de distinguer les mouvements oculaires rapides (sommeil paradoxal) des mouvements oculaires lents (sommeil profond). L'examen a aussi mesuré les troubles respiratoires et l'oxygénation du sang pendant le sommeil permettant ainsi de renseigner les chercheurs sur les apnées du sommeil.

Les chercheurs ont analysé un grand nombre de mesures des troubles du sommeil, comme la fréquence des troubles respiratoires, la durée entre chaque étape du sommeil, le nombre de réveils nocturnes et la durée du sommeil.

Il en ressort qu'après ajustement pour l'âge, l'origine ethnique, le lieu de l'étude, l'indice de masse corporel, et les autres composantes du sommeil, le seul paramètre du sommeil qui reste associé à l'hypertension est la durée du sommeil lent profond. Les hommes qui avaient les phases de sommeil lent profond les plus courtes avaient un sur-risque de 80% de développer une hypertension.

Les mesures de perturbations respiratoires, le niveau d'hypoxémie et la durée du sommeil ne sont pas associés à un risque accru d'hypertension artérielle.

HTA: le sommeil aussi important que l'alimentation et l'exercice

D'après les auteurs, une bonne qualité de sommeil, notamment chez les gens âgés, est indispensable pour rester en bonne santé.

« Les gens âgés ont plus de risque d'être hypertendus que les jeunes et ceux qui n'ont pas un bon sommeil peut être encore plus que les autres », souligne Florence de Roquefeuil.

« Les gens devraient savoir que le sommeil, l'alimentation et l'activité physique sont essentiels pour conserver une bonne santé, notamment sur le plan cardiaque et de la pression artérielle. Bien que les personnes âgées aient souvent un sommeil de mauvaise qualité, notre étude montre que ce paramètre n'est pas bénin. Un sommeil de mauvaise qualité peut être un facteur prédictif puissant de problèmes de santé. Des initiatives pour améliorer la qualité du sommeil pourraient fournir de nouvelles pistes pour réduire le fardeau de l'hypertension», indique Susan Redline.

Maple Fung a déclaré avoir reçu des financements des laboratoires Forest. Il détient des actions d'Amgen et est actuellement engagé par la compagnie. Le co-auteur Sonia Anconi-Israel est consultante chez Ferring Pharmaceuticals, GlaxoSmithKline, Johnson&Johnson, Merck, NeuroVigil, Pfizer, Philips, Purdue Pharma LP, Sanofi-Aventis, et Somaxon Pharmaceuticals.

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